Parution, aux éditions du CNRS, d'un volume de sociologie de la traduction (et objet de l'émission "La Suite dans les idées", France Culture, 2 septembre 2008) : Translatio. Le marché de la traduction en France à l'heure de la mondialisation, sous la direction de Gisèle Sapiro.
Je copie la présentation des éditeurs :
Concentration croissante de l’édition, montée en puissance des agents littéraires, emprise des contraintes commerciales sur la circulation des livres, domination de l’anglais d’un côté, diversification des langues traduites de l’autre… Les flux de traductions favorisent-ils le dialogue entre communautés nationales ?
Sont-ils au contraire l’expression d’un impérialisme économique qui s’accompagne d’une hégémonie culturelle ? Première analyse sociologique du marché mondial de la traduction, l’enquête menée par Gisèle Sapiro et son équipe offre une radiographie passionnante de notre paysage éditorial : circulation des œuvres d’un pays à l’autre, logiques du marché, spécificités de la réception, stratégies d’universalisation. Ou comment, contre la « marchandisation » du livre, une autre mondialisation éditoriale se fait jour, qui passe par des réseaux intellectuels, des alliances entre petits éditeurs indépendants et défenseurs de la diversité culturelle.
Une contribution majeure pour comprendre la place de la France sur le marché du livre à l’heure de la globalisation.
Gisèle Sapiro est directrice de recherche au CNRS et enseigne à l’EHESS. Spécialiste de sociologie de la littérature, de la culture et des intellectuels, elle a notamment publié La Guerre des écrivains, 1940-1953 (Fayard, 1999).
04 septembre 2008
Parution : Translatio. Le marché de la traduction
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30 juin 2008
Evénéments internationaux / langues et cultures - présidence française de l'UE
Au moins deux parmi les manifestations prévues en liaison avec la présidence française de l'Union européenne entamée à la date du 1er juillet :
1. la tenue d'Etats généraux du multilinguisme, à dimension européenne, qui aura lieu à la Sorbonne le 26 septembre 2008 (date qui correspond aussi avec la "Journée européenne des langues"), organisée à la fois par les ministères de la Culture et de la communication, des Affaires étrangères, et de l'Education nationale. Le Commissaire européen chargé du multilinguisme, Léonard Orban, y présentera son plan d'action pour la période 2008-2010.
2. par ailleurs, se tiendra à partir de la même date le 21ème "European Meeting of Cultural Journals", dont je vous transmets la présentation :
As previously announced, the 21st European Meeting of Cultural Journals will take place in Paris, 26–29 September.
This year's meeting is organized by the European network of cultural journals, Eurozine, and its French partners Sens Public, Multitudes and Esprit, in cooperation with Ent'revues. The conference is part of the "Saison culturelle" of the French EU presidency 2008 and will take
place in the Cité nationale de l'histoire de l'immigration.
More than 100 editors and intellectuals from Europe's leading cultural journals will participate
in this event, and the programme includes seminars and debates as well as an exhibition displaying journals from more than 30 countries.
Under the heading crosswords X mots croisés, the conference will explore multilingualism in Europe and its relation to critical publishing against the backdrop of media transformation and the consolidation of network structures. Confirmed keynote speakers and panellists include Jorge Semprún, Eduard Glissant, Geert Lovink, Abram de Swaan, Ruth Wodak, Clarisse
Herrenschmidt, and Barbara Cassin.
Carl Henrik Fredriksson
Editor in Chief, Eurozine--
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18 mai 2008
La traduction arabe du coup de dés
A réécouter sur le site de France Culture, l'émission Culture d'Islam d'aujourd'hui concernant la traduction en arabe du Coup de dés aux éditions Ypsilon http://www.ypsilonediteur.com/.
Isabella Checcaglini. Paris VIII
Mohammed Bennis. poète
Bernard Noël. poète
"La traduction arabe du Coup de dés…
C’est un événement poétique majeur que la traduction en arabe de l’immense poème de Mallarmé. Elle est parue l’automne dernier dans un coffret contenant quatre volumes, le premier publie le texte tel que l’a souhaité Mallarmé au vu des épreuves corrigées de sa main ; le texte étant doublé par les lithographies qu’Odilon Redon avait composées pour un tel dessein selon le vœu de l’éditeur, M. Vollard, corroboré par le poète. L’ensemble s’est fait sous le contrôle de la doctorante italienne Isabella Checcaglini qui travaille à partir des manuscrits du poète. Le deuxième volume de taille identique déploie le texte traduit selon la même typographie et surtout la même mesure pour les blancs et les multiples corps des lettres réparties entre diverses tailles jouant sur le variable de l’italique et du romain. Ainsi la physique de la musique qui se dégage du texte (analysée par Bernard Noël) appartient-elle au programme de la traduction/ transcription, véritables aventure et gageure qui lèvent un défi (et quel défi !) dont les avatars nous sont rapportés par le traducteur, le poète marocain Mohammed Bennis, le long des deux autres volumes, l’un en arabe, l’autre en français, logeant dans le même coffret. Le texte s’incarne ainsi, le même et différent (comme pour toute traduction), dans la langue arabe, celle-là même qui hante le titre original construit à partir de l’étymologie arabe du mot hasard, venant de az-zahr, cette fleur qui désigne par métonymie le dé dans l’usage andalou-maghrébin.
Bibliographie
Poème, Un coup de Dés jamais n’abolira le hasard par Stéphane Mallarmé. Trois compositions d’Odilon Redon. Tome 1 texte français ; tome 2 traduction arabe parMohammed Bennis ; tome 3 Relativement au poème : Mohammed Bennis Journal d’une traduction, Isabella Checcaglini, Brève histoire de l’édition Vollard du Dé, Bernard Noël, Divagation ; le tome 4 reprend en arabe les textes du tome 3. Ypsilon Editeur, 2007"
Quand Mallarmé est mort, cela fera bientôt cent dix ans, il travaillait depuis des mois à l’édition définitive de Un coup de Dés chez Ambroise Vollard. Bien loin d’être un projet, cette édition était très avancée ce que prouve le nombre de jeux d’épreuves. Mallarmé, chacun le sait, était infiniment pointilleux. Quantité de corrections en témoignent, ainsi que, clairement affirmés, le choix du format et la volonté que, accompagné de lithographies de son ami Odilon Redon, le texte soit composé en Didot. Cette édition n’a jamais paru bien que prête pour l’impression. On en mesure le manque dès que l’on prend conscience du fait que le sens du texte est étroitement lié à sa mise en scène. La nécessité de cette relation est devenue pour nous une évidence décisive quand il a fallu confronter le texte original à sa traduction dans une langue dont frappe d’abord l’apparence graphique. Ainsi, Mohammed Bennis ayant entrepris la première traduction arabe de Un coup de Dés, le problème s’est rapidement posé des caractères, de leurs divers corps, de leur emplacement afin d’être fidèle autant que possible à l’original.Mais quel est l’original ? Hélas pas l’édition dite originale de 1914 parue chez Gallimard, qui ne respecte pas le format et qui est composée en Elzévirs, famille de caractères que détestait Mallarmé. Hélas, aucune des éditions successives dont les formats ignorent l’importance de la mise en scène de ce poème. Une seule édition respecte la volonté de Mallarmé et en explicite les raisons, celle réalisée par Mitsou Ronat et Tibor Papp à l’enseigne de Change, en 1980. La forme adoptée : un cahier sous jaquette ne donne malheureusement pas le Livre que souhaitait Mallarmé. Plus récemment, les Éditions Ptyx ont publié une édition correcte mais confidentielle. Et ces deux éditions ont oublié Redon.Pourquoi cet oubli ? Sans doute parce que cet oubli va dans le sens de l’abstraction liée à la figure de Mallarmé. On lui refuse l’image comme on lui refuse l’espace parce que ces deux éléments exigent du corps là même où l’on veut que l’esprit règne sans partage.Nous avons tenté d’aller ici à contre-courant de ce cliché qui a fini par faire autorité en publiant pour la première fois Un coup de Dés avec les trois compositions de Redon. Il n’était pas question de faire des faux en recourant à une copie lithographique, c’est pourquoi ces Redon sont publiés sous la forme de reproductions. Leur placement est problématique, mais il y avait le modèle des couvertures de Vollard et nous savons que les autres compositions ne devaient pas être in-texte.
Ce livre, Un coup de Dés, illustré donc par Redon, constitue un volume à côté duquel la traduction de Mohammed Bennis en constitue un second, qui est aussi l’hommage du poète arabe au poète français. À côté, et sous le titre Relativement au poème, un autre volume rassemble le « Journal d’une traduction » de Mohammed Bennis, « Une brève histoire de l’édition Vollard du Dé » d’Isabella Checcaglini et « Divagation » de Bernard Noël. Les mêmes textes forment un quatrième volume dans leur traduction arabe. Ces quatre petits volumes de grand format (28x38cm) sont réunis dans un coffret : ils ont été tirés, chacun, à 99 exemplaires et leur ensemble ne sera pas réimprimé.
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Chloé Laplantine
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