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05 octobre 2010

Séminaire Diversité des langues : programme 2010-2011

Séminaire Diversité des langues et poétique de l'histoire
Le Texte étranger (de l'EA 1569, Université Paris 8 - resp. C. Joubert)
UMI Transitions (CNRS/NYU - resp. E. Baneth-Nouailhetas)
et Polart - poétique et politique de l'art

Programme 2009-2011 : "Le 'postcolonial' comparé : anglophonie, francophonie"

- vendredi 22 octobre 2010, 9h30-12h30 - Université Paris 8, salle D 301.
9h30 - table ronde "Etat des travaux" au seuil de la deuxième année du programme : avec Yves Abrioux, Jaine Chemmachery, Dominique Combe (sous réserve), Alice Goheneix, Sarah Heft (sous réserve), Christine Lorre (sous réserve), Natalia Palamarchuk ; puis discussion générale.
11h15 - Emilienne Baneth-Nouailhetas : "Décentrer l'anglophone".
11h45 - Claire Joubert : "Modèle Inde, modèle Caraïbes".

- samedi 30 avril 2011, 10h-18h - Université Paris 8, salle D 143.
Journée d'étude "Les Caraïbes : lieu critique du 'postcolonial'".
Comparaison des héritages coloniaux anglophone, francophone, hispanophone, néeerlandophone. Programme précisé ultérieurement.

- septembre/octobre 2011 - Université Paris 8.
Journée d'étude "Perspectives transnationales : les empires et les
disciplines, suite".
Elargissement de la comparaison à d'autres systèmes coloniaux/impériaux, et à d'autres systèmes universitaires nationaux. Programme précisé ultérieurement.

L'ensemble des séances est ouvert à tous chercheurs et étudiants.
Contact : Claire Joubert.

Emilienne BANETH-NOUAILHETAS
Professor, English Literature
Senior Researcher, CNRS, France
Director, UMI 3199, CNRS-New York University
(Center for International Research in the Humanities and Social sciences)

Claire Joubert
Professeur de Littérature anglaise
Département d'Etudes Littéraires Anglaises
Université Paris 8
http://www.univ-paris8.fr/dela/

16 mai 2010

Le "postcolonial" comparé : 2ème journée d'étude

Le vendredi 11 juin 2010
Université Paris 8, (métro ligne 13, Saint-Denis Université)
Bâtiment D (plan du campus : http://www.univ-paris8.fr/article.php3?id_article=227)
salle 143
9h45-17h30

Le « postcolonial » comparé : anglophonie, francophonie (2) :
Journée d'étude du séminaire « Diversité des langues et poétique de l'histoire »

organisée par « Le Texte étranger » (composante de l'EA 1569, Université Paris 8, resp. Claire Joubert) et l'UMI Transitions (CNRS/NYU, resp. E. Baneth-Nouailhetas).
Présentation complète du séminaire consultable sur le site de la Recherche : http://recherche.univ-paris8.fr/


9h45. Introduction
10h. Robert Young : « English Literature or Literature in English? »
11h. Dominique Combe : « Langue(s) et nation(s) à l’heure de la ‘littérature-monde’ »

12h30 : déjeuner

14h. Jean-Marc Moura : « Critique francophone du postcolonial et critique postcoloniale de la francophonie »
15h. Martin Mégevand : « Terreur et mémoire »
16h. Table ronde « Le ‘postcolonial’ comparé : entre disciplines et ‘-phonies’ » (E. Baneth, D. Combe, M. Mégevand, J.-M. Moura, R. Young)

Cette journée fait suite à la rencontre de février 2010, consacrée aux disciplines non littéraires qui ont commencé à engager le dialogue avec les postcolonial studies en France dans les dernières années (histoire, sciences politiques, indianistes). La rencontre sera cette fois centrée sur leur mise en débat dans les différentes situations des disciplines littéraires (English, Commonwealth Literature, littérature comparée, littérature française et littératures francophones, littérature anglaise et littératures anglophones en France...).

Le séminaire « Diversité des langues et poétique de l'histoire » :
Le Texte étranger, groupe de recherche en littérature anglaise (composante de l'E.A. 1569 - Transferts critiques et dynamique des savoirs, domaine anglophone, Université Paris 8), et Transitions, centre de recherche international en sciences humaines (UMI 3199, CNRS/NYU), s'associent dans ce séminaire commun pour explorer les points névralgiques à l'intersection de
leurs démarches : émergences de l'étranger dans le texte anglophone ; effets de multilinguisme et feuilletage de l'histoire coloniale et postcoloniale ; le littéraire comme travail historique de l'altérité dans les langues ; poétique et politique de la culture ; politique des sciences de la culture en contexte de postcolonialité et de mondialisation.

28 janvier 2010

Journée d'étude : Le "postcolonial" comparé (19 fév. 2010)

Journée d’étude du séminaire « Diversité des langues et poétique de l’histoire », le vendredi 19 février 2010, Université Paris 8, Bâtiment D, salle 301, 10h-17h.

Organisée par « Le Texte étranger » (composante de l’EA 1569, Université Paris 8, resp. Claire Joubert) et l’UMI Transitions (CNRS/NYU, resp. E. Baneth-Nouailhetas), en collaboration avec Polart.
(Présentation complète du séminaire)

Matinée : 10h-13h30
• Introduction : E. Baneth-Nouailhetas, C. Joubert
• Emmanuelle Sibeud (Histoire coloniale, Paris 8) : Post-colonial et postcolonial en France : fausses évidences et vraies questions
• Jim Cohen (Sciences politiques, Paris 8) : Enjeux politiques de la pensée postcoloniale en France, Grande-Bretagne et dans les Amériques
• Pierre Singaravelou (Histoire des mondes modernes, Paris 1) : sous réserve. Titre à confirmer.

Après-midi : 14h30-17h
• Jean-François Klein (Histoire d’Asie du Sud-Est, INALCO) : Vingt ans de recherches et d’enseignement sur l’Indochine en France. La sur- représentation coloniale ?
• Anne Castaing (Etudes indiennes, INALCO) : « Can the vernacular speak ? » : enjeux et historicité de la littérature indienne de langue vernaculaire
• Emilienne Baneth-Nouailhetas (CNRS/NYU) : Actualité des travaux croisés anglophones/francophones sur les colonialismes britanniques/français.

Une seconde journée d’étude sera organisée le vendredi 11 juin 2010. Détail du programme à préciser.

08 janvier 2010

Séminaire Diversité des langues - 19 février 2010

Le séminaire Diversité des langues (Texte étranger, P8 / CNRS-NYU, UMI Transitions / Polart) tiendra sa 1ère journée d'étude du programme 2009-2011 - "Le 'postcolonial' comparé : anglophonie, francophonie" - le vendredi 19 février (Université Paris 8, salle D301, 10h-18h).

Les travaux de cette journée seront orientés sur la question des disciplines (histoire, sciences politiques, études indianistes, au-delà des disciplines "autochtones" au séminaire, littératures et comparatisme littéraire).
Programme détaillé annoncé prochainement.

02 décembre 2009

Appel de l'Association des professeurs d'histoire et géographie

Appel pour le maintien d'un enseignement obligatoire d'Histoire et de Géographie en Terminale scientifique

L'Assemblée Générale de l'Association des Professeurs d'Histoire et de Géographie (APHG), réunie le dimanche 29 novembre 2009 au Lycée Saint Louis à Paris.

· Condamne et rejette tout projet de réforme des Lycées aboutissant à la disparition de l'Histoire et de la Géographie dans les classes de Terminale scientifique

· Exige le maintien d'un enseignement obligatoire en Terminale scientifique (TS) débouchant sur une épreuve au Baccalauréat

. Souligne combien l'Histoire et la Géographie éclairent fondamentalement les débats contemporains sur les identités, les cultures, les territoires et la mondialisation.

L'APHG invite toutes celles et tous ceux qui approuvent cet appel à le signer et à le faire signer.
L'adresse pour s'y rendre est : http://spreadsheets.google.com/viewform?formkey=dEpuSnVqaTQzSFJYZllWYmxlZ25KRGc6MA
Quand vous recevez confirmation que vous êtes bien enregistré la
formule "ma feuille de calcul" s'adresse à moi, c'est à partir d'elle
que nous publierons sur le site national la liste des signataires.

Soyez nombreux à signer et faites signer.

-
Jacques SAPIR
Directeur d'Études (économie) à l'EHESS / Professor (economics) at
EHESS-Paris
Directeur du CEMI-EHESS / Director CEMI-EHESS

18 septembre 2009

Journée d'étude : Quelle Europe de la connaissance?

Le jeudi 15 octobre 2009
Université Paris 8, Bâtiment D, salle 143

Quelle Europe de la connaissance ?

Journée d'étude du séminaire "Diversité des langues et poétique de l'histoire"
organisée par Le Texte étranger (Université Paris 8 - resp. Claire Joubert) et TRANSITIONS (CRNS/NYU - resp. Emilienne Baneth-Nouailhetas), en collaboration avec Polart - poétique et politique de l'art

Programme :
10h. Présentation
10h.30. Yves Abrioux (Université Paris 8) - Adam Smith : la littérature et la démocratie d'opinion
11h.30. Jürgen Trabant (Freie Universität, Berlin) - « Rester toujours dans la recherche » : Humboldt, université, langage
12h.30. Gérard Dessons (Université Paris 8) - Qu'est-ce qu'un vocabulaire ?
pause déjeuner
15h. Barbara Cassin (CNRS) - Pluralité et relativisme : quelques remarques pour une Europe à partir de Hannah Arendt
16h-18h. Table ronde, présentée par Emilienne Baneth-Nouailhetas et Claire Joubert : Quelle Europe de la connaissance ?

Le séminaire Diversité des langues et poétique de l'histoire associe Le Texte étranger, groupe de la recherche en littérature anglaise (composante de l'UPRES/EA 1569 - Transferts critiques et dynamique des savoirs, domaine anglophone, Université Paris 8) et TRANSITIONS, Centre de recherche international en sciences humaines (UMI 3199, CNRS/NYU). Ce séminaire commun
cherche à explorer les points névralgiques à l'intersection de leurs démarches respectives : émergences de l'étranger dans le texte anglophone ; effets de multilinguisme et feuilletage de l'histoire coloniale et postcoloniale ; le littéraire comme travail historique de l'altérité dans
les langues ; poétique et politique de la culture ; politique des sciences de la culture en contexte de postcolonialité et de mondialisation.

Cette journée d'étude conclut le programme 2007-2009 du séminaire : « Quelle 'société de la connaissance' ? Vocabulaire et institution/s », dont l'argumentaire développé est en ligne :
http://polartnet.free.fr/textes/chantiers_polart/Seminaire_Diversite_des_langues_2007.pdf
Il s'agissait retourner le cadre proposé par la politique européenne dans le contexte de compétition mondiale du capitalisme cognitif (concentrée dans la « stratégie de Lisbonne » de l'Union Européenne) sur son envers : à la perspective d'une « société »/économie de « la connaissance », renvoyer la question des savoirs sur la société. Tenter de rouvrir, et de maintenir ouverte, la question de savoir quelle société est produite par quelle connaissance : quelle démocratie, quels internationalismes, par quelles pratiques et quelles institutions disciplinaires, intellectuelles, culturelles.
Les nouvelles mobilisations universitaires de l'année 2009-2010 ont donné à ces travaux une pertinence très particulière, et ont construit un contexte de réflexion dont va pouvoir bénéficier cette journée de conclusion : contexte qui s'est effectivement largement ouvert, au cours des débats sur les réformes de l'université, sur la nature de la jointure entre épistémologique et institutionnel ; savoir et pouvoir.
Ce sont ces enjeux de politique des savoirs contemporains sur les cultures que nous voulons approfondir ici dans l'épaisseur historique de certaines de leurs lignes généalogiques : les figures de Adam Smith, Wilhelm von Humboldt, Hannah Arendt (et Google) et Emile Benveniste, mises au programme de la journée d'étude, permettent de réfléchir aux rapports entre savoirs du
langage et de la culture (rhétorique, philologie, linguistique), démocratie libérale et néolibéralisme, et constitution culturelle historique de l'Europe.

En ce sens, la journée inaugure aussi le programme 2009-2011 du séminaire : « Le 'postcolonial' comparé : anglophonie, francophonie » - où il s'agira de construire un comparatisme qui permette de mettre en relief les tensions et les enjeux des pensées contemporaines du rapport international en contexte de mondialisation. La visée sera de tenir bien visible ce champ de
question - question du rapport entre culture et (géo)politique ; savoir et pouvoir - comme champ de luttes et d'histoire.
Pour articuler les deux programmes, nous avons prévu la prémière séance du séminaire 2009-2011 le lendemain de la journée d'étude : vendredi 16 octobre, 10h-13h, Université Paris 8, Bâtiment D, salle D301.
Les précisions du programme seront annoncées en ligne ultérieurement.
(Pour tout renseignement complémentaire : claire.joubert@univ-paris8.fr)

19 juillet 2009

Colloque "Traduire : le tournant épistémologique"

APPEL A COMMUNICATIONS

TRADUIRE : LE TOURNANT EPISTEMOLOGIQUE

Colloque international
Université Paris Ouest-Nanterre-La Défense
3-4 décembre 2010

Dans le cadre de ses activités scientifiques et culturelles, SEPTET (Société d'Etudes des Pratiques et Théories en Traduction) organise, avec le soutien du CERT (Centre d?Etudes et de Recherches en Traduction) de l'Université de Paris Ouest-Nanterre-La Défense, un colloque international qui se tiendra les 3 et 4 décembre 2010 et dont le thème retenu est le suivant :

Traduire : le tournant épistémologique

Présentation:
Depuis les années soixante-dix, nous assistons à une véritable éclosion des études sur la traduction. Au changement paradigmatique introduit par les Descriptive Translation Studies viendra s?ajouter la théorie du polysystème de l?Ecole de Tel Aviv, grâce aux études de Itamar Even-Zohar et Gideon Toury. La traductologie philosophique de Jean-René Ladmiral, la poétique du traduire d?Henri Meschonnic et la critique des traductions d?Antoine Berman s'imposeront sur une toute une nouvelle génération de chercheurs, en France comme au-delà des limites de l?Hexagone. Et il faudrait encore citer les travaux d?Emilio Mattioli en Italie, de Theo Hermans au Royaume-Uni et de Friedmar Apel en Allemagne, sans compter les différents chantiers actifs au Canada et aux Etats-Unis. Il est évident que, depuis au moins une quarantaine d?années, une panoplie de nouveaux discours sur la traduction s?est formée, annonçant plusieurs transformations épistémologiques dans la manière de réfléchir sur les théories et les pratiques du traduire. Il en résulte que les études sur la traduction se caractérisent aujourd?hui par une telle diversité d?approches qu?elles ne semblent plus se référer à un seul horizon méthodologique et interprétatif : qu?il s?agisse de « Traductologie », de « Translation Studies » ou de « Übersetzungswissenchaft » ces discours de savoir se prêtent à une variété de développements herméneutiques incluant des visions du monde qui se
heurtent, finissant par prendre souvent la forme d?idéologies plus ou moins rigides. Dans son acception la plus large, la traductologie ? réflexion sur la nature, les conditions et les modalités du processus de traduction ? est une discipline bien plus contemporaine que l?activité à laquelle elle renvoie.
Plus encore que les autres sciences, la traductologie n?est pas séparable non plus du contexte historique et géographique où elle se déploie.

Ce cadre général sert à formuler quelques questions d?ordre méthodologique :
- Le savoir traductologique tel qu?il s?est développé depuis une quarantaine d?années, peut-il éclairer les modalités de construction des objets théoriques en lettres et sciences humaines et sociales ?
- Comment peut-il fournir un espace de réflexion commun à des disciplines connexes (anthropologie, histoire culturelle et intellectuelle, sciences du langage, esthétique et théorie littéraire) ?
- Comment peut-il contribuer à la réflexion sur le mode de circulation des connaissances, des biens scientifiques, culturels et symboliques ?
- Quelles leçons peut-on tirer du fait que le savoir traductologique a de façon persistante construit ses outils, ses méthodes, ses métalangages dans le cadre des langues, des cultures, des philosophies, des traditions universitaires occidentales ?

Axes de travail:
- L?organisation du champ des recherches traductologiques dans différents pays et/ou aires culturelles dans la seconde moitié du XXe siècle ;
- L?histoire réflexive de la traductologie, telle que les linguistes, les traductologues, les philosophes, les anthropologues et les comparatistes ont pu l?élaborer à l?époque contemporaine ;
- Une réflexion d?ordre linguistique, historique, épistémologique et anthropologique sur la notion même de traduction ;
- Les enjeux sociaux et symboliques du métalangage traductologique et la valeur heuristique des concepts utilisés en théorie de la traduction.

Le comité scientifique souhaite privilégier les approches comparatives et interdisciplinaires, en synchronie et en diachronie.
Langues du colloque : français, anglais
Informations pratiques :
Ce colloque, transversal et interdisciplinaire, est ouvert à des spécialistes de disciplines aussi diverses que les sciences du langage, la philosophie, l?esthétique, l?anthropologie, la sociologie, l?histoire des idées et la littérature comparée. Les propositions de communication (un titre et un
résumé de 300 mots accompagnés d?une brève biobibliographie, en français ou en anglais, sur fichier Word), seront adressées conjointement à Mme Florence Lautel-Ribstein (florence.lautel@univ-artois.fr), à M. Antonio Lavieri (a.lavieri@usa.net) et à M. Giuseppe Gargiulo (gargiulo@u-paris10.fr) avant le 1er février 2010. L?acceptation des communications sera notifiée avant le 15 mars 2010. Durée des communications : 25 minutes. Une sélection
des interventions sera publiée.

Comité organisateur : Didier Bottineau (Université Paris Ouest-Nanterre/CNRS),
Giuseppe Gargiulo (Université Paris Ouest-Nanterre, directeur du CERT),
Florence Lautel-Ribstein (Université d?Artois, présidente de SEPTET),
Antonio Lavieri (ISTI, Paris et Université de Palerme)

Comité scientifique : Didier Bottineau (Université Paris Ouest-Nanterre/CNRS),
Giuseppe Gargiulo (Université Paris Ouest-Nanterre), Maria Teresa Giaveri
(Université de Turin), Jean-René Ladmiral (ISIT, Paris), Florence
Lautel-Ribstein (Université d?Artois, présidente de SEPTET), Antonio
Lavieri (ISIT, Paris et Université de Palerme)

18 février 2007

Sur le rapport de l'IG concernant les études littéraires et la pétition de Maulpoix

Le 15 janvier 2007, je reçois comme beaucoup le message suivant signé Jean-Michel Maulpoix :
"Vous pouvez également contribuer à le faire connaître en le relayant auprès de vos connaissances. Puisque nous sommes en période électorale, nous voudrions que des engagements soient pris en faveur des études littéraires. Bien à vous, JMM
Etudes littéraires : une mort annoncée ?
Dans un contexte alarmant pour la littérature, de crise de la librairie indépendante, de l’édition de création, à un moment où les oeuvres d’exigence peinent à trouver leurs lecteurs, un rapport de l’Inspection Générale constate que la filière Littéraire de l’enseignement secondaire est en voie d’extinction. Même si, de manière dominante, la Littérature y a été instrumentalisée pour privilégier l’enseignement du discours, c¹est néanmoins la seule filière de notre système scolaire où se transmet encore une culture littéraire ; où la philosophie est vraiment présente ; où sont dispensés les seuls enseignements spécifiques d’art : musique, arts plastiques, cinéma, théâtre, danse et histoire des arts. Aucun ministre de l’Education nationale ne s’est jusqu’ici avisé de requalifier cette filière. Fatalité, ou volonté délibérée de la laisser disparaître ? Dans l’état présent : quasi plus de littérature et civilisation en langues étrangères. Pas de traduction, réputée impure, ou alors en échantillon, en un temps où l’on se réclame de l’Europe à tous coins de rues ! Comment affronter le renouvellement générationnel et les exigences de l’intégration, initier aux circulations métissées du monde en restant étanche aux oeuvres de l’imagination et des idées venues d’ailleurs. En fossilisant programmes et pédagogie de la littérature face aux mutations des outils modernes. En laissant se dévaluer une formation intellectuelle et artistique, indispensable dans tous les champs de l’activité sociale. Est-il encore temps de crier au scandale devant l’impéritie ? D’affirmer que l’enfant, héritier légitime du patrimoine artistique et acteur vivant de sa propre culture se nourrit autant aux œuvres de l’art et de l’esprit qu¹aux sciences réputées exactes et aux savoir-faire techniques. Que la Littérature n¹est pas une « discipline » parmi d’autres. L’art littéraire est irréductible aux autres. Il est par essence l’espace critique où la langue travaille, en pensée et en imaginaire, où fermentent les réalités et les utopies, sans lesquelles aucune société n¹est viable. Face aux fanatismes, croyances irrationnelles et dérives idéologiques qui feront le lit des horreurs de demain, la transmission du capital intellectuel et artistique de la littérature est une affaire de vie ou de mort. La Maison des Ecrivains appelle la communauté des écrivains, les critiques littéraires, avec eux tout ce que notre société compte d’artistes, d’intellectuels, d’éducateurs et d’agents de la culture, de professionnels du Livre, éditeurs, libraires et bibliothécaires, et les responsables politiques à dénoncer le danger majeur de voir disparaître la littérature de notre enseignement. Si vous êtes sensible aux termes de cet appel, vous pouvez le signer en envoyant un mail à l'adresse suivante : COURRIER@MAISON-DES-ECRIVAINS.ASSO.fr "
À certains amis qui m’ont transmis l’appel, j’ai répondu en m’amusant un peu comme ceci :
"Je ne signerai pas cet appel que je reçois pour la dixième fois... car: Que fait "l'enfant" (sic) en terminale littéraire? A qui appartient la "Littérature" (resic)? Quel rapport entre le "renouvellement générationnel" et "l'intégration"? Qu'est-ce qu'une "société viable" (reresic)? Qu'est-ce que la "communauté des écrivains" (sic ad nauseam)? etc. Passons et ne diffusons pas ces cris d'orfraies des défenseurs de "la langue" qui "travaille"... et eux que font-ils? Ils adorent la "Littérature" et son "capital": ils en vivent! Les autres?... ne s'en laissent pas compter et vont chanter ou bien danser maintenant. Serge"
Et je découvre mais cela demandait seulement de lire que ce texte vient d’une réduction de celui d’Anne-Marie Garat (écrivain, vice-présidente de la Maison des écrivains) et alors on en décrypte un peu plus les tenants en ayant lu également le rapport de l’Inspection Générale (http://media.education.gouv.fr/file/63/8/3638.pdf). Ce texte pétitionnaire est maintenant signé par bon nombre d’écrivains, d’universitaires et d’enseignants. On voudrait d’abord dissocier, comme on dit, le fond de la forme, l’analyse et les propositions sérieuses concernant l’enseignement de la littérature dans nos institutions d’enseignement et le maintien/la suppression de la filière L dans le secondaire. Mais ce serait ne pas comprendre de quoi il s’agit… c’est ce que certains amis demandent : signe la pétition même si tu n’es pas d’accord avec tel ou tel argument… Bref, rejoins ta corporation (écrivain, enseignant…) et ne réfléchis pas ! Non, le fond et la forme participent ici d’un même problème : endémique dans nos institutions d’enseignement, dans nos politiques culturelles, dans nos habitudes corporatistes, dans notre « république des Lettres »… Le problème de la coupure du langage (dit parfois ordinaire) et de la littérature, du savant et du populaire, du pédagogique et du didactique (en entendant par là la dichotomie du comment et du quoi enseigner), de la production et de la réception, de la création et de l’animation, de l’artistique et du culturel… bref, autant de dichotomies toujours reproduites et savamment reconduites pour couvrir des positions, des pouvoirs et des prébendes qui se disputent pouvoirs et prébendes mais jamais contestent la schizophrénie qui règne pour le plus grand bénéfice des tenants du signe. Ainsi soit-il, parce que les uns comme les autres commencent par jurer leurs grands dieux : « la langue », « la littérature », « la culture », « la civilisation », « la tradition », etc. avec majuscules et autres essences d’un réalisme langagier qui ne cesse de détruire au cœur tout effort de tenir à hauteur d’historicité forte l’humanisme.
Car voilà, les uns comme les autres, se renvoient la balle pour mieux botter en touche et ignorer le poème, c’est-à-dire tout ce qui vient casser leur bel édifice côté cour ou côté jardin, briser le théologico-politique de leur politique du langage. A savoir l’ignorance absolue qu’ils veulent maintenir du nécessaire travail d’historicité des lectures quand ils proposent les uns, d’« enseigner le discours » (registres et genres), de « maîtriser la langue » (grammaire et vocabulaire, orthographe et conjugaison ou « étudier la langue outil »), pour les autres, de ne plus congédier « l’histoire littéraire, et avec elle l’esthétique, et l’histoire des idées » – je cite A.-M. Garat. Mais rhétorique et esthétique dans leurs versions forcément adaptées à l’époque, aux jeux du culturel et des pouvoirs, dans les postures traditionnelles ou modernes qui font les deux faces de la médaille signiste, s’accordent pour rendre sourds, empêcher les lectures et la lecture – la pluralité d’une part et, d’autre part, le fait que l’activité se connaisse comme telle – autrement que sous le sceau d’une herméneutique qui arrête les œuvres et les lectures au sens qu’il soit « commun » ou « savant », mis au régime du plaisir ou du travail. Garat reproduit d’ailleurs cette dernière dichotomie en demandant de (re)sanctuariser « la Littérature » comme on l’a demandé pour l’école – retirant du même coup paradoxalement tout enjeu démocratique à ces « concepts » :
"C’est que la Littérature ne rapporte pas, elle n’est pas « visible » ; elle n’est pas rentable. Pas rentable non plus à l’école utilitariste, qui signe sa désaffection, quand elle devrait être le premier sanctuaire de la valeur. Un lieu consacré, n’ayons pas peur des gros mots : un lieu où ce qu’il y a de sacré dans les valeurs de la civilisation s’engendre et se partage."
Cet extrait montre l'emprise du sentimentalisme (plus bas, le « couplet du pauvre », comme disait Baudelaire, est donné comme dans les discours ministériels avec l’invocation des « plus démunis ») qui s’accorde avec le signisme dans sa pire version théologico-politique : le sanctuaire des Belles-Lettres serait le lieu de « l’élaboration de la pensée critique » alors même qu’il est le moyen depuis longtemps de sa perversion, de sa destruction même (voyez l'itinéraire du Professeur au Collège de France chargé de la théorie littéraire, Antoine Compagnon pour ne pas le nommer) puisqu’il est le lieu par excellence des académismes, des instrumentalismes de tous poils et en premier lieu de celui qui ne cesse de rappeler le super-sujet de l’impossibilité de toute pensée critique : « la langue » qui « travaille » dans cet « espace critique » que serait « l’art littéraire, irréductible aux autres »… Mais il n’y a pas de « sanctuaire » de la critique pas plus que d’art irréductible ; il y a seulement ce que font les œuvres quand il y a lecture/écriture, quand il y a un dire qui dépasse un dit, un faire qui emporte un « bien fait » voire un « mal fait » ou un « fait » tout court même littéraire, c’est-à-dire une activité qui répond d’une activité, une lecture d’une œuvre, une relation beaucoup plus qu’une transmission. Il y a à relire « la relation critique » de Starobinski qui engageait toute lecture dans une historicisation, dans un parcours même si la réécriture de ce dernier en a fait dorénavant une transmission noyée dans l’historicisme - je renvoie à "L'Amour en fragments, Poétique de la relation critique". Aussi faut-il adjoindre à cette relation critique qui engage aussi bien une pédagogie qu’un corpus, une extension de l’activité du lire qu’une extension du corpus… faut-il adjoindre à cette relation critique dans une interaction forte une pensée du langage ou, pour reprendre les termes d’Henri Meschonnic, une théorie du langage au principe d’une historicisation des humanités, des textes littéraires, de leurs lectures…
"Que faire ? Déjà au moins transformer l’enseignement des humanités pour travailler à transformer l’humanité. C’est-à-dire enseigner la théorie du langage avec ses effets sur l’éthique, sur le politique, sur la politique. Vaste programme, sans illusions. Mais c’est comme le monde : il n’y en a pas d’autre."
C’est la clausule d’une conférence prononcée par Henri Meschonnic à Toulouse le 8 mars 2004 (disponible auprès de la médiathèque de la même ville). Je la reprends à mon compte et renvoie au travail qui apparaît un peu dans la revue "Le Français aujoud'hui" (voir par exemple les numéros sur "l'attention au texte" et sur "la voix: oralité de l'écriture", dans un prochain numéro à paraître en début 2008 sur la critique)... et ailleurs.

PS: je sais que ces réflexions sont totalement insuffisantes (mon analyse du rapport de l'IG est en l'état de notes qui montrent qu'au fond pétitionnaires et IG sont sur les mêmes conceptions fondamentales même si l'IG est de gauche au sein d'un ministère de droite quand les autres souvent de gauche sont franchement conservateurs de droite). Donc insuffisant mais... je préfère cela à un message anonyme (voir le commentaire qui m'est adressé après la pétition et ma rapide prise de position dans ce blog) et j'espère que la discussion est ouverte.

11 février 2007

Enquête sur les universitaires : suite à l'Est

J'ai reçu il y a quelques jours une proposition de KK, qui me propose de poursuivre l'enquête sur la situation de l'université et des universitaires (voir message posté le 3 février dernier) dans son université, Szeged en Hongrie (département de Français, et équipe de recherche sur le XVIIIème). Il me semble que ce serait passionnant.

J'ai par ailleurs bien noté le commentaire de PMI sur la question du recrutement - merci de ton regard.

03 février 2007

Enquête sur l'université et les universitaires

Depuis mon lieu d'exercice et d'observation au "English Department" de Brooklyn College (City University of New York) cette année, j'ai proposé à un groupe de collègues de participer à une enquête sur la situation du travail universitaire. Le point de vue est d'abord celui de leur université et de leur discipline. Il ne se dissocie naturellement pas d'un contexte plus large, mais vient au contraire pointer certaines de ses dynamiques majeures : l'état des sciences humaines et de la disciplinarité universitaire même, l'état de l'enseignement supérieur américain dans sa grande diversité, et, singulièrement, un état présent des domaines du savoir dans le monde mondialisant ; dans le monde tel qu'il est déterminé par l'expansion actuelle d'un marché mondialisé des connaissances.
Ces deux points de vue m'intéressent en particulier : la coexistence conflictuelle, dans mon champ problématique en tout cas, du comparatisme (que je comprends comme le modèle d'une internationale critique du travail intellectuel), et de la mondialisation (avec marchandisation donc : réification, décriticisation, dépolitisation). Leur lutte politique, où les universitaires ont des vies critiques à vivre.

Cette enquête a donné lieu à un séminaire, tenu le 25 janvier 2007, à partir d'un questionnaire dont on peut lire le détail sur le blog Letter from America.

J'aimerais en faire connaître les résultats au-delà du groupe de travail où elle a commencé, et en proposer la publication sur le site de Polart. Je soumets cette proposition au Comité scientifique de Polart dans les jours qui viennent.
Je prévois également d'autres prolongements possibles : enquête au sein d'un groupe de travail d'universitaires anglicistes à Paris, qui a déjà exprimé son intérêt pour l'idée, puis éventuellement enquête lancée auprès du réseau Polart, avec discussion en séminaire.