Arnaud nous signale la parution du livre de Serge Audier, mdc en philo poltique à Paris 4 : La pensée anti-68 : essai sur les origines d'une restauration intellectuelle, La Découverte, 2008, 379 p.
Extrait de la quatrième :
"La haine de Mai 68 est devenue un thème à la mode. Le slogan de la droite, lors de la présidentielle de 2007, sur l'indispensable liquidation de 68, ne doit donc pas être réduit à un propos de campagne : il résulte d'un travail idéologique qui a commencé dès les lendemains des événements et qui s'est poursuivi, de commémoration en commémoration. Faut-il voir, dans cette fièvre anti-68, une simple 'rhétorique réactionnaire' ? Quelles en sont les origines ? 68 méritait-il un déchaînement de critiques, souvent injustes et infondées ?"
29 août 2008
La Pensée anti-68
Publié par
PMA
à
23:03
0
commentaires
Libellés : 68, Débat et démocratie, Nouveaux réactionnaires
14 mai 2008
Reflux de l'histoire littéraire - et al.
A noter pour nos travaux sur les retours de l'histoire littéraire, ces éléments du sommaire du n°5 (mai-juin) de la RILI :
[à noter également : le blog de la RILI s'est bien fourni dans les derniers mois - intéressant à suivre.]
. Yves Citton : Il faut défendre la société littéraire - à propos de Jacques Bouveresse, La Connaissance de l'écrivain, Tzvetan Todorov, La Littérature en péril, Pierre Piret (dir.), La Littérature à l'ère de la reproductibilité technique et Emmanuel Le Roy Ladurie, Jacques Berchtold et Jean-Paul Sermain, L'Événement climatique et ses représentations
. Marc Escola :Voir de loin. Extension du domaine de l'histoire littéraire - à propos de Franco Moretti, Graphes, cartes et arbres. Modèles abstraits pour une autre histoire de la littérature
J'ajoute, pour une pertinence d'ordre plus général :
. Xavier Vigna : Clio contre Carvalho. L'historiographie de 68 - à propos de Antoine Artous, Didier Epstajn et Patrick Silberstein (coord.), La France des années 68, Serge Audier, La Pensée anti-68, Philippe Artières et Michelle Zancarini-Fournel (dir.), 68, une histoire collective et Dominique Damamme, Boris Gobille, Frédérique Matonti et Bernard Pudal, Mai-juin 68
. Antonio Negri : Retour sur les « années de plomb » - Entretien réalisé par Steffen Vogel
. Peter Hallward : L'hypothèse communiste - à propos de Alain Badiou, De quoi Sarkozy est-il le nom ?
. Thierry Labica : La culture n'est pas une marchandise : c'est un gouvernement - à propos de Alain Brossat, Le Grand Dégoût culturel
. François Cusset : Le champ postcolonial et l'épouvantail postmoderne - à propos de Jean-Loup Amselle, L'Occident décroché. Enquête sur les postcolonialismes
. Gilles Sainati : L'hystérie sécuritaire. Projets politiques ou effets de structure - à propos de Armand Mattelart, La Globalisation de la surveillance, Laurent Bonelli, La France qui a peur et Laurent Mucchielli (dir.), La Frénésie sécuritaire
. Frédécric Neyrat : Géo-critique du capitalisme - à propos de David Harvey, Géographie de la domination
. Jérôme Vidal : Les « temps nouveaux », le populisme autoritaire et l'avenir de la gauche. Détour par la Grande-Bretagne - à propos de Stuart Hall, Le Populisme autoritaire. Puissance de la droite et impuissance de la gauche au temps du thatchérisme et du blairisme
Publié par
CJ
à
11:54
0
commentaires
Libellés : 68, culture, Débat et démocratie, histoire littéraire, mondialisation, populisme, postcolonial
01 mai 2008
Gauchet se lâche : les "aristo" de 68
Une jolie pièce à joindre au chantier "Débat et Démocratie". Marcel Gauchet se révèle plus nu que le roi des réactionnaires dans son révisionnisme de mai 68. Quand le portrait du "libéral-libertaire" en "aristocrate de la démocratie" se prolonge significativement par une charge contre "notre fatal modèle étato-aristo-clérical", on voit bien le glissement du retournement. Voir le CR du Monde ci-dessous.
"Sous ses dehors prophétiques et altruistes, la "génération 68" aurait semé le doute et l'inertie. Elle aurait failli. Des héros, les baby-boomeurs ? Des imposteurs plutôt, dont la société française n'a pas fini de payer les inconséquences, soutient, dans le dernier numéro du Débat, le philosophe Marcel Gauchet.
Sa thèse, sévère mais argumentée, clôt une série d'articles moins significatifs, que cette revue, dont il dirige la rédaction, consacre à "Mai 1968, quarante ans après". Sous le titre "Bilan d'une génération", il dénonce avec véhémence les libéraux-libertaires auxquels cette génération s'identifie : "Le libéral-libertaire est un défenseur résolu de la souveraineté du peuple, mais un contempteur féroce du populisme ; il est l'avocat enflammé de tous les droits en souffrance, mais il n'a pas de mots assez méprisants pour fustiger les "beaufs". Bref, il est un aristocrate de la démocratie, comme seul ce pays pouvait en produire un."
Pour étayer ces accusations, Marcel Gauchet ajoute qu'à ses yeux la génération de 1968 n'a enfanté aucun intellectuel digne de ce nom, mais des "suppôts diversement talentueux et des suiveurs plus ou moins originaux" de Lacan, Derrida, Foucault et Bourdieu. Cette génération de "disciples", comme il l'appelle, a beau porter aux nues la "pensée critique" de ses maîtres, elle ne l'a pas régénérée. Incapable de la dépasser, elle en ânonne les préceptes, un point c'est tout.
Peu importe à ces "disciples" qu'une idée soit juste ou non, ironise Marcel Gauchet, pourvu qu'elle soit "dérangeante". Posture de justicier. Dogme de la dénonciation. Ces travers, à en croire Marcel Gauchet, ont fait beaucoup de dégâts, en particulier dans les médias où les héritiers plus ou moins directs de Mai 68 ont longtemps sévi. Ainsi à Libération, celui de Serge July, et au " Monde de Plenel et Colombani".
Comme c'était prévisible, "la ficelle a fini par se voir, écrit Marcel Gauchet en guise d'épitaphe, et le ton prédicant par se révéler insupportable". Il n'empêche que la "génération 68" a marqué pour le pire la société française. On lui doit, sous l'apparence de la modernité, la perpétuation de nos archaïsmes. Et la consolidation de "notre fatal modèle étato-aristo-clérical", qui fait de la France un pays "en état de sécession endémique vis-à-vis de tout ce qui prétend le diriger ou le représenter".
La responsabilité de cette génération est d'autant plus lourde, explique Marcel Gauchet, qu'à vouloir perpétuer son hégémonie, elle a empêché les générations suivantes d'être elles-mêmes. De s'émanciper. Une "indifférence à la transmission" tout aussi condamnable à ses yeux que la suffisance intellectuelle des baby-boomeurs.
Telle est la thèse développée, quarante ans après 1968, dans l'une des revues françaises les plus influentes. On peut y voir la preuve qu'une page se tourne - le temps de la "génération 68" serait révolu, elle n'en impose plus, l'heure de rendre des comptes a sonné... Ou se dire que Marcel Gauchet force le trait. Qu'il surestime le poids des soixante-huitards en les rendant responsables de tous les maux de la société française : les carences du système éducatif, l'inanité de la vie intellectuelle... Surestimer leur influence est au demeurant à double tranchant. C'est minimiser le rayonnement d'une revue comme Le Débat, où "l'esprit de 68" n'a jamais soufflé."
Le Débat. Mars-avril 2008, 192 p., 16,50 €
Bertrand Le Gendre
Article paru dans l'édition du 29.04.08
Publié par
PMA
à
14:51
0
commentaires
Libellés : 68, actualité, Débat et démocratie, Nouveaux réactionnaires, philosophie
18 février 2008
"La pensée 68 : Deleuze et Guattari" : Journée P8
Je transmets - en notant que malencontreusement cette manifestation est prévue à la même date que notre prochaine journée Polart :
Journée d’études à Paris 8, le samedi 15 mars 2008 :
40 ans après, « la pensée ‘68 » : Deleuze et Guattari
Profitant, d’une part, de l’occasion du quarantième anniversaire des événements de 1968 et, d’autre part, d’un regain d’intérêt actuel pour le travail commun de Deleuze et Guattari, il nous paraît opportun de rassembler philosophes, historiens et acteurs ayant pris part aux événements autour de cette collaboration intellectuelle résolument engagée dans son temps, afin d’éclairer certains aspects de cette trajectoire complexe. Associant aux communications orales la projection de documents audio-visuels et l’écoute de documents sonores, il s’agira notamment de contribuer à mieux mesurer l’importance, dans cette œuvre « croisée », du parcours et de l’apport de Félix Guattari, clinicien, théoricien et militant, encore bien souvent sous-estimés (sinon ignorés) dans les travaux consacrés à ces années d’intense créativité théorique et politique.
Contacts :
Manola Antonioli : antonioli.manola@wanadoo.fr ; François Dosse : francois.dosse@club-internet.fr ; Guillaume Sibertin-Blanc : sibergui@wanadoo.fr
PROGRAMME
MATIN
Président de séance : Guillaume Sibertin-Blanc
9h30-10h00
François Dosse, historien, professeur des universités à l’IUFM de Créteil, chercheur associé à l’IHTP et au Centre d’histoire culturelle des sociétés contemporaines de l’Université de Saint-Quentin en Yvelines. Dernier ouvrage publié : Gilles Deleuze, Félix Guattari. Biographie croisée, Paris, La Découverte, 2007.
« Félix Guattari : itinéraire jusqu’à sa rencontre avec Gilles Deleuze (1930-1969) »
Lorsque Félix Guattari fait la rencontre de Gilles Deleuze en 1969, il vient d’une toute autre galaxie : celle du militantisme politique dans lequel il se lance dès l’après-guerre et celle de sa pratique de psychiatre dans la clinique de La Borde où il s’installe en 1955. C’est sur la base de cette connexion déjà réalisée entre psychanalyse et politique que la rencontre avec Deleuze va être particulièrement féconde, commençant par une réflexion commune sur l’intervention de Guattari à l’EFP intitulée « Machine et structure » qui va être le point de départ de leur machine d’écriture commune.
10h00-10h30
Manola Antonioli
Docteur en philosophie et sciences sociales de l’EHESS, ancienne responsable de séminaire au Collège International de Philosophie (Paris). Elle a publié : L’écriture de Maurice Blanchot. Fiction et théorie, Paris, Kimé, 1999 ; Deleuze et l’histoire de la philosophie, Paris, Kimé, 1999 et Géophilosophie de Deleuze et Guattari, Paris, L’Harmattan, 2004. Elle a codirigé (avec Pierre-Antoine Chardel et Hervé Régnault) le volume Gilles Deleuze, Félix Guattari et le politique, Paris, Éditions du Sandre, 2006 et dirigé L’Abécédaire de Jacques Derrida, Mons, Sils Maria, Paris, Vrin, 2007.
« Micropolitique et transversalité »
Il s’agira de proposer une lecture du parcours intellectuel de Félix Guattari, structurée autour des notions centrales de « micropolitique » et de « transversalité ».
10h30-11h00
Jean-Claude Polack, psychiatre et psychanalyste, directeur de la revue Chimères. A publié La Médecine du capital, Paris, Maspero, 1971 ; La Borde ou le droit à la folie (avec Danielle Sivadon), Paris, Calmann-Lévy, 1976 ; L'Intime utopie (avec Danielle Sivadon) P.U.F., 1991 ; Epreuves de la folie, Ramonville Saint-Agne, Erès, 2006.
« De la psychothérapie institutionnelle à la schizo-analyse »
Il s’agira de montrer une filiation concrète de la schizo-analyse avec le travail psychiatrique inauguré par François Tosquelles à Saint-Alban et poursuivi par Jean Oury et Felix Guattari à la clinique de La Borde. La "Psychothérapie institutionnelle", comme on l’a nommée jusqu’aujourd’hui est solidement plantée sur ses bases marxienne et freudienne... La filiation n'est pas exempte de plis et de ruptures, parfois déchirantes, mais ne modifie pas, pour l’essentiel, l’éthique et la pratique élaborées au sein de ce mouvement dont la vitalité est manifeste.
11h00-11h15 : PAUSE
11h15-11h45
François Fourquet, Professeur d’économie à l’Université Paris 8 ; secrétaire administratif de la clinique psychiatrique de La Borde de 1966 à 1972 et trésorier du Cerfi (Centre d’études, de recherche et de formation institutionnelles) de 1967 à 1974. Auteur de L’idéal historique, Paris, « Recherches », numéro spécial, 1974 ; Les comptes de la puissance, « Recherches », 1980 ; L’accumulation du pouvoir ou le désir d’Etat, « Recherches », 1982 ; Richesse et puissance : une généalogie de la valeur, Paris, La Découverte, 1989, et de plusieurs articles portant sur la mondialisation contemporaine de l’économie et la formation d’une société mondiale.
« La subjectivité mondiale. Une intuition de Félix Guattari »
Mon exposé prend sa source dans les idées exprimées par Félix Guattari au cours des années précédant la rencontre avec Gilles Deleuze (qui date de 1969) et publiées dans Psychanalyse et transversalité (1972). Malgré l’évolution des concepts, il y a une étonnante continuité de l’article inaugural « La transversalité » (1964) à Chaosmose, son dernier livre, publié en 1992. Félix Guattari a été inspiré toute sa vie par une vision première, une « intuition philosophique » qui a traversé sans dommage la moulinette du travail deleuzo-guattarien. Elle tient tout entière dans une affirmation ontologique : il existe une subjectivité sociale mondiale porteuse de vie et de désir, inaccessible au moi, et transversale aux grands ensembles institutionnels hiérarchisés qui prétendent gouverner le monde. La « subjectivité mondiale » ne figure pas sous ce nom dans les écrits de Guattari.
11h45-12h15
Anne Sauvagnargues, Maître de conférences en philosophie de l’art, Ecole Normale Supérieure de Lettres et Sciences humaines, Lyon. Elle dirige aux PUF la collection « Lignes d’art » avec Fabienne Brugère. Elle a dirigé l’ouvrage collectif Art et philosophie, Fontenay-aux-Roses, ENS Editions, 1998 et publié « Deleuze. De l’animal à l’art » in Paola Marrati, Anne Sauvagnargues, François Zourabichvili, La philosophie de Deleuze, Paris, PUF, 2004 ; Deleuze et l’art, PUF, 2005. Sous presse : L’empirisme transcendantal, PUF, 2008.
« Agencements collectifs, individuations et production de subjectivité : Deleuze-Guattari »
On s’intéressera à la théorie des strates chez Deleuze et Guattari : une géologie de la morale, une sémiotique des agencements qui traverse les trois strates principales, de la matière, de la vie et du politique.
12h15 – 12h45 : Questions du public et débat
12h45-14h00 : Pause déjeuner
APRÈS-MIDI
14h00-14h45
Franco Berardi (Bifo), Enseignant à l’Accademia di Brera, Milan ; il a dirigé la première radio libre italienne, Radio Alice. Dernières publications : Félix, Rome, Luca Sossella Editore, 2001 ; Skizomedia. Trent’anni di mediattivismo, Rome, Derive Approdi, 2006 ; Generation post-alpha, Buenos Aires, Tinta Limon, 2007 ; Precarious Rhapsody, New York, Autonomedia, 2008.
« Des millions d’Alices en puissance : communication et politique du désir »
La notion de réseau est au centre du discours guattarien dès le début des années 70. La façon dont Guattari s’est occupé des radios libres est une manière d’anticiper les développements réticulaires de la communication sociale. Dans le processus de prolifération des radios libres, dans la technique élémentaire et sophistiquée à la fois qui les caractérise, Guattari voit non seulement une puissance de communication militante, mais aussi la molécularité acentrique du Réseau. La notion d’une ère post-médiatique circule dans la pensée de Guattari dès la fin des années 70. Cette notion, qui était tout à fait originale et presque incompréhensible dans le contexte de l’époque, doit être lue aujourd’hui comme l’anticipation de la prolifération Internet.
14h45-15h15
Guillaume Sibertin-Blanc, docteur en philosophie ; attaché temporaire d’enseignement et de recherche, Université Lille 3
« L’Anti-Œdipe dans la conjoncture post-68 : à qui se destinait la schizo-analyse ? »
L’Anti-Œdipe se présente comme un ouvrage à double entrée : clinique et politique. La question se pose de savoir comment ces deux aspects s’articulent, non seulement du point de vue des argumentations internes du livre, mais du point de vue de ses lignes de sortie, c’est-à-dire de sa mise en usage dans des contextes pratiques et institutionnels déterminés. Nous interrogerons sous cet angle de questionnement certains éléments, anodins peut-il sembler, qui cependant concernent directement la finalité pratique du livre. Notamment : que font exactement Deleuze et Guattari lorsqu’ils nomment le nouveau régime de discours, d’analyse et de pratique qu’ils élaborent (« schizo-analyse »), et quel statut donner aux sujets d’énonciation apparents de cet ouvrage, en particulier celui qui intervient dans les dernières lignes du livre (« Il nous reste donc à voir comment procèdent effectivement, simultanément, ces diverses tâches de la schizo-analyse. »)
15h15-15h30 Pause
15h30-16h00
Olivier Fressard, Conservateur des Bibliothèques – Université Paris 8. Dernières publications : « Castoriadis, le symbolique et l’imaginaire », Cahiers Castoriadis, n°1, Bruxelles, Facultés universitaires de Saint-Louis, 2006 ; « L’idée de création social-historique », Cahiers Castoriadis n°2, 2006 ; « Universalisme et relativisme : la validité pratique à l’épreuve de la puissance de l’imaginaire », Cahiers critiques de philosophie, Hermann, Paris VIII, Département de philosophie (à paraître en juin 2008).
« Informer, communiquer, discuter, créer. Les créations sont-elles irrécusables ? »
Les médias jouissent dans nos sociétés d’une présence et d’une puissance sans précédent. Les notions d’information et de communication y triomphent au point qu’elles semblent propres pour beaucoup à caractériser notre époque. Parallèlement, prévaut en philosophie l’idée de discussion (Arendt, Habermas) que Deleuze vouait, pour sa part, aux gémonies. L’objet de la philosophie est, pour lui, de créer d’ « indiscutables concepts », activité qui ne se prête pas plus à la discussion qu’à la communication. Toute philosophie de la création semble ainsi nécessairement conduire à un abandon aussi bien du dialogue philosophique à la manière platonicienne que de l’esprit des Lumières comme libre discussion dans un espace public. Comment donc un philosophe qui semble accorder si peu de considération à la discussion philosophique peut-il être en même temps un grand lecteur des philosophes du passé et, par ailleurs, un penseur de référence pour ceux qui s’attachent à conceptualiser Internet, le nouveau média ? Peut-être, toutefois, existe-t-il, à y regarder de plus près, un mode d’argumentation original qui convient aux concepts philosophiques.
16h00-16h30
Frédéric Astier, docteur en philosophie. A publié aux Editions Sils Maria Les cours enregistrés de Gilles Deleuze 1979-1987 (2006).
« Deleuze et l’archive sonore post-68 ; avec diffusion d’extraits audio des cours »
A l’écart de l’amphithéâtre, la philosophie orale de Gilles Deleuze creuse une pensée favorable aux minorités. Une déprise du discours philosophique académique s’insère dans une séquence ouverte par l’événement Mai 68 qui inaugure ce genre de prise de parole. A Vincennes, la prise de parole est une expérimentation qui contre-effectue l’événement à partir de la discussion silencieuse entre le philosophe et les non-philosophes, lorsque la transmission des concepts s’émancipe de tout modèle pédagogique. Avec l’enregistrement sonore des cours de Deleuze, s’ouvre un « devenir auditeur », déculpabilisant, qui élabore des cartes d’écriture et des boucles de vie. La parole enregistrée des cours de Gilles Deleuze à Vincennes s'envisage aujourd'hui comme une surface d'inscription de l'événement.
16h30-17h00
Marielle Burkhalter, documentariste, maître de conférences au département de Philosophie de l’Université Paris 8. Pilote le projet « La voix de Gilles Deleuze en ligne » (http://www.univ-paris8.fr/deleuze/) avec l’aide technique de Jean-Marc Orsatelli. Coordonne le travail de transcription des cours de Deleuze.
Présentation de documents audiovisuels sur les cours de Gilles Deleuze à Vincennes »Deux extraits des films réalisés à Vincennes de 1975 à 1977 seront projetés :- Deleuze et Guattari: « la deterritorialisation », « Odette et Swan », 12' 30- Deleuze: « langage, ordre et redondance », 20'La projection sera suivie d’une présentation du travail de construction du site Internet sur Deleuze et de ses perspectives. Il s’agit d’un dispositif consistant à valoriser les sources primaires constituées par ce corpus des enregistrements des cours de Gilles Deleuze dans la lignée du projet NietzscheSource (qui fait suite à HyperNietzsche). La navigation et la transcription collaborative seront facilitées par la synchronisation des textes avec le média sonore.
17h00-17h45
François Pain, Vidéaste. A longtemps travaillé à la clinique de La Borde en collaboration étroite avec Félix Guattari. Collabore au magazine Photographie.com. En préparation : un documentaire sur le Photojournalisme aujourd'hui et, avec l’INA, un DVD sur Félix Guattari.
« Guattari en vidéos. Chaosmose Postmédia »
Il s'agit d'un montage d'extraits de films vidéo réalisés avant et après la mort de Félix Guattari. Il comprend les séquences suivantes :
- discussion entre Bifo et Félix Guattari sur le thème de la fin de l'Histoire.
- Félix Guattari à propos de François Tosquelles, père de la psychothérapie Institutionnelle, interview réalisée avec Danièle Sivadon.
- Hétérogenèse de la subjectivité, ère post-médiatique. Propos enregistré lors d'une interview à propos de la guerre du Golf.
- Discussion entre Moni Elkaim, Ronald Laing et Félix Guattari lors d'un congrès à Bruxelles sur les thérapies familiales.
- Témoignages extraits de "Monument à Félix Guattari" réalisé lors de l'exposition de Jean-Jacques Lebel à Beaubourg.
- "Le Cahier vert", fiction vidéo à partir d'un texte écrit par Félix Guattari.
- Tanaka Min danseur Buto suivi d'un interview de Min Tanaka à propos de Félix Guattari, réalisé en décembre 2000 à Tokyo.
Durée : environ 30 mn
17h45-18h15
Alain Raybaud, Historien, professeur à l’Institut Vatel. Auteur/réalisateur (dernier film écrit en 2006 pour Antenne 2 : « Portraits de groupes : sur les années Maos »).
« Mai 68 n’a pas eu lieu »
A partir d’un texte publié par Deleuze et Guattari en mai 1984 dans Les Nouvelles Littéraires (« Mai 68 n’a pas eu lieu »), il s’agira de proposer quelques réflexions sur le concept d’ « événement » et sur le grand écart entre la nouveauté de ces moments inouïs et leur description dans des langages obsolètes.
18h15-19h00 Débat et conclusion du colloque
A partir de 19h00 : Pot offert par l’association « Siècle deleuzien »
Publié par
CJ
à
11:05
0
commentaires