Affichage des articles dont le libellé est Débat et démocratie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Débat et démocratie. Afficher tous les articles

26 septembre 2009

Les nouveaux réacs - prolongements sept. 2009

Daniel Lindenberg, auteur du Rappel à l'ordre. Enquête sur les nouveaux réactionnaires (Seuil, 2002) qui avait donné le point de départ du séminaire Polart sur Débat et démocratie, vient de faire paraître Le Procès des Lumières. Essai sur la mondialisation des idées (Seuil, sortie le 10 septembre 2009 - 291p.)

Je cite la "Présentation de l'éditeur" :

Sept ans après son " enquête sur les nouveaux réactionnaires " qui avait déchaîné les controverses (Le Rappel à l'ordre, 2002), l'histoire semble avoir donné raison à Daniel Lindenberg. Le grand retournement idéologique qu'il avait identifié au seuil des années 2000 en France s'inscrit désormais dans une mondialisation des idées caractérisée par la montée des "révolutions conservatrices " un peu partout dans le monde. Retournant les Lumières contre elles-mêmes, à l'instar de leurs illustres devanciers des années 1930, les champions de ce nouveau backlash oeuvrent au recul de la rationalité et flattent des conceptions autoritaires et parfois racistes de la vie collective. Sous les apparences du mouvement, voire de la " rupture ", c'est toujours une haine sourde de la modernité et de la démocratie qui les unit et constitue le fond de leur programme.

17 mai 2009

Débat et démocratie, suite

Un titre à ajouter peut-être aux repères dans l'archive "nouveaux réacs" : l'analyse d'Isabelle Garo (La Fabrique, 2009, 182 p.), L'Idéologie, ou la pensée embarquée.
Projet du livre: (je cite un entrefilet du Monde diplomatique, par Michael Löwy - mai 2009) "revisiter le concept marxien d'idéologie à la lumière des débats actuels autour de la 'pensée unique'" ; ausculter l'hégémonie du néolibéralisme, "discours idéologique à géométrie variable mais à visée constante" (I. Garo), et ses modes d'imposition "à travers la marginalisation de la pensée critique par une police idéologique soft, avec l'aide d'une pléiade de "penseurs rapides" qui on fait de la diabolisation de tout projet alternatif leur fonds de commerce." (M. Löwy).
"Ce qui permet de sortir de l'idéologie [conclut M.L.], ce n'est pas 'la science' en abstrait mais l'engagement dans la lutte contre l'aliénation. La grande majorité des producteurs d'idées, qui ne sont pas des idéologues à la solde des dominants mais des salariés soumis à une nouvelle taylorisation et d'embrigadement disciplinaires, joueront sans doute un rôle dans se combat."
Où la question de l'université prend bien sa place au coeur de ce cyclone de capitalisme cognitif.

24 novembre 2008

Marcel Gauchet, démocratie, débat

Elément à verser au dossier Débat et démocratie de Polart :

La RILI de novembre-décembre (n° 8) publie une analyse du "système historico-politique de Marcel Gauchet. Du schématisme à l'invertitude", par André Tosel. L'article en version papier est aux pp. 45-49, et prend place dans la série "Penser le contemporain" que la revue a inauguré au numéro précédent.
La version intégrale du texte est disponible en ligne, sur le site de la RILI.

29 octobre 2008

Marx fait sa révolution

Comme il est plaisant et instructif de voir William Marx, délégué scientifique auprès de l'AERES, prendre la "tête" de la contestation en route. Après avoir renoncé au classement des revues, il pourfend la "masterisation" dans un article du Monde du 30 octobre. Prise de position opportune... La réforme a du plomb dans l'aile. Vive Marx!

Point de vue
La mort des humanités, par William Marx
LE MONDE | 29.10.08 | 13h10


La révolte gronde dans les universités. Les uns après les autres, leurs conseils d'administration votent à l'unanimité des motions de protestation. Lyon-III, Paris-III, Paris-IV, Bordeaux-III, Caen : la liste s'allonge jour après jour. Ce que ni la loi sur l'autonomie ni la réforme du CNRS n'ont réussi à faire, la réforme des concours de recrutement du secondaire l'a finalement obtenu : une résistance généralisée aux diktats du ministère.

Le problème est d'abord celui du calendrier. Depuis plus d'un an, les universités croulent sous les réformes successives à absorber : autonomie, élections internes, plan licence, statuts des personnels, etc. Elles ne cessent de tout défaire et de tout refaire, mois après mois, pour complaire au ministère. Jamais elles n'ont subi autant de dirigisme technocratique que depuis qu'on a voté leur autonomie de façade.

Or, voici que le ministère leur demande, sur un coup de tête, de refaire en urgence la plupart de leurs diplômes de master, à une période où les universitaires sont débordés par les tâches de toute sorte et ne trouvent plus le temps de faire de la recherche, qui relève pourtant de leurs missions fondamentales. Ils en ont assez de marcher comme de petits soldats. Trop, c'est trop. Voilà une première raison du niet.

Certes, tout le monde se félicite que les enseignants du premier et du second degré soient désormais recrutés non plus au niveau de la licence, mais à celui du master. Ils seront, dit-on, mieux payés. Mais seront-ils mieux formés ? Ils le seraient s'ils bénéficiaient effectivement des deux années supplémentaires de formation par la recherche prévues pour un master.

Or tel n'est pas le cas. Le ministère se contente d'exiger des universités qu'elles valident comme master une formation bâtarde, correspondant peu ou prou à ce qui existe déjà, à savoir une année de préparation au concours du capes, suivie de l'année de formation en IUFM. Cela portera le nom de master, mais n'en sera plus un.

Ce sont surtout les disciplines universitaires les plus liées à l'enseignement secondaire qui se sentent menacées : lettres, philosophie, histoire, langues vivantes, etc. Actuellement, un étudiant qui souhaite présenter le capes dans ces disciplines fait souvent le choix de préparer un véritable master, sanctionné par un mémoire de recherche, avant de se présenter au concours. Les actuels professeurs certifiés sont donc pour beaucoup déjà titulaires d'un master, qui garantit la qualité de leur formation.

Dans le nouveau projet, ce ne sera plus possible : la plupart des étudiants choisiront les nouveaux masters d'enseignement, qui les prépareront aux concours, plutôt que les masters de recherche. Résultat : loin d'être mieux formés qu'aujourd'hui, ils le seront plutôt moins bien, puisqu'ils n'auront plus derrière eux cette expérience d'initiation sérieuse à la recherche qui fait tout le prix des masters actuels.

Mais là n'est pas le plus grave. Si toutes les universités se mobilisent, c'est que se profile la fin programmée de la recherche française dans les humanités. Face à la concurrence déloyale des masters d'enseignement, en effet, les masters de recherche n'auront plus qu'à disparaître et, avec eux, tous les séminaires qui les accompagnaient. Il ne sera plus possible de recruter les doctorants parmi ceux qui auront présenté les meilleurs mémoires. Tout le monde fera de la formation pédagogique à l'envi pour mieux préparer aux concours, qui se concentrent sur la simple connaissance du système éducatif, et tout ce à quoi aura abouti la"mastérisation" des enseignants du secondaire, c'est de secondariser les universités. Dans le meilleur des cas, elles seront devenues de gros IUFM.

Le ministère de l'éducation nationale l'aura alors définitivement emporté sur celui de l'enseignement supérieur et de la recherche : triste vision de la science et du savoir... Si quelqu'un, au ministère, avait juré la mort de la recherche dans les humanités, il n'aurait pas fait mieux. Faut-il s'en étonner, quand on a entendu dernièrement un conseiller du premier ministre proclamer que la mission principale des sciences humaines consiste à former de bons VRP pour l'économie française ?

William Marx est professeur à l'université d'Orléans, membre de l'Institut universitaire de France.

Article paru dans l'édition du 30.10.08

...et encore Compagnon

Pour suivre le paradigme de l'autorité dans l'oeuvre de Compagnon, cette direction de colloque, le premier organisé par le Collégien de France dans son institution : "De l'autorité, Colloque annuel du Collège de France, sous la direction d'Antoine Compagnon", Odile Jacob, octobre 2008.
En voici la quatrième, assurément rédigée par le Maître, "partout et nulle part" étant l'un de ses tics et toute une part de sa pensée :
"De l'Antiquité au monde contemporain, dans toutes les cultures,
l'autorité, c'est-à-dire la souveraineté, le sacré, le livre, le dogme, a
fondé l'ordre social. Elle est donc partout et nulle part.
Le droit, la philosophie, la religion, la science politique, l'économie,
la sociologie, sans omettre les sciences exactes: tous nos savoirs
sont ici interrogés par les meilleurs spécialistes.
Sont ainsi traitées des questions aussi diverses que l'autorité de la
Constitution, ce qu'est une « haute autorité indépendante »,
ce qu'était l'autorité du roi en Mésopotamie, le rôle de la tradition
et l'origine du canon biblique, le statut de l'autorité dans les
sciences, en médecine ou dans le domaine des climats par exemple,
mais aussi la notion d'autorité morale, le « poids de l'autorité » dans
la croyance, etc.
Historien de la littérature, héritier et critique du structuraIisme,
Antoine Compagnon est professeur au Collège de France.
Il a notamment publié La Seconde Main, Nous, Michel de Montaigne,
La Troisième République des lettres, Le Démon de la théorie,
Les Antimodernes.
Contributions de C. Audard, J. Bouveresse, É. Brezin,
J. Bricmont, G. Canivet, J.-M. Durand, R. Guesnerie, D. Jérôme,
H. Laurens, X. Le Pichon, P Mazeaud, J. Ménard, T. Rômer,
L. Schweitzer, B. Saint-Sernin, C. Severi, M. Zink."

Intéressant qu'il se définisse maintenant comme "Historien de la littérature"...
A méditer aussi "héritier et critique du structuralisme".

23 octobre 2008

Gauchet en penseur de l'éducation

Encore un livre à se mettre sous la dent. Marcel Gauchet, penseur de l'éducation, veut, selon un article du Monde de ce jour, "réinventer la relation d'autorité".
CONDITIONS DE L'ÉDUCATION de Marie-Claude Blais, Marcel Gauchet et Dominique Ottavi. Stock, "Les Essais", 268 p., 19 €.
Le cr du Monde est ici :
http://www.lemonde.fr/livres/article/2008/10/23/conditions-de-l-education-de-marie-claude-blais-marcel-gauchet-et-dominique-ottavi_1110103_3260.html#ens_id=1090909

19 octobre 2008

Compagnon et Le souci de la grandeur

Je me permets de vous signaler la parution récente du livre de Donald Morrison "Que reste-t-il de la culture française?" (Denoël, septembre 2008), qui contient la réponse de Compagnon à Morrison sous le titre "Le souci de la grandeur". En voici la quatrième de couverture :
"Longtemps, la France et sa culture n'ont fait qu'un, la grandeur de l'une servait le rayonnement de l'autre. Au centre de l'attention, les artistes français jouissaient d'un prestige sans égal. De cette gloire passée ne restent aujourd'hui que nombrilisme, nostalgie et frilosité.
C'est le constat désabusé auquel est arrivé Donald Morrison, Américain de Paris, au terme d'une minutieuse enquête sur la place de la culture française dans le monde. La créativité de ses artistes a beau être indéniable, l'influence – spectrale – et le poids – dérisoire – de la France dans les échanges culturels sont là pour montrer que notre culture ne parle plus au monde. Une déchéance qui, finalement, convient bien à la mentalité nationale, prompte à la déploration et à l'apitoiement.
En réponse à Donald Morrison, Antoine Compagnon souligne ainsi une certaine ambivalence de la culture française, encore capable du meilleur mais comme paralysée par le souci de sa propre grandeur. Sans doute la France gagnerait-elle à relativiser la place qu'elle s'imagine être la sienne sur la scène culturelle mondiale. Mais encore faudrait-il qu'elle cesse de vouloir régler leur compte aux États-Unis et à leur insolence culturelle.
Si le débat sur la vitalité de la culture française n'est pas près d'être clos, au moins cet échange salutaire entre Donald Morrison et Antoine Compagnon peut-il nous aider à mieux comprendre le regard que le monde porte sur la France et, donc, à mieux nous connaître."
Voir aussi, pour la contextualisation du débat, le compte-rendu de Pierre Assouline sur son blog :
http://passouline.blog.lemonde.fr/2008/10/02/notre-culture-netait-pas-morte-elle-declinait-seulement/

11 octobre 2008

Un point de vue anthropologique sur l'économie

Au moment où la crise financière et économique devient un réactif de premier plan pour lire la posture et les impostures de certains néo-conservateurs (nombreux et très rapides "retournements de vestes" : voir l'article de Francis Fukuyama dans le monde de ce jour), il peut être intéressant de prendre le pouls du blog de Paul Jorion (http://www.pauljorion.com/blog/) ainsi que de son site, non pas tant pour étalonner la valeur prophétique de ses analyses -petite tendance, assez insupportable, au narcissisme- que pour prendre connaissance de nombreux commentaires de qualité et, plus globalement, pour mesurer la criticité et les limites de l'anthropologie sociale appliquée à l'économie. Je me permets de vous indiquer au passage que l'auteur de "Vers la crise du capitalisme américain" (La Découverte, janvier 2007) a relu Aristote dans un sens qui croise parfois la poétique. Voir son article en ligne : "La linguistique d'Aristote" (http://www.pauljorion.com/index-article-28.html), qui vaut surtout pour la pertinence de la lecture critique de l'histoire de la réception d'Aristote, son historicité aujourd'hui. En écho à "Aristote en Haïti" de Gérard.

29 août 2008

La Pensée anti-68

Arnaud nous signale la parution du livre de Serge Audier, mdc en philo poltique à Paris 4 : La pensée anti-68 : essai sur les origines d'une restauration intellectuelle, La Découverte, 2008, 379 p.
Extrait de la quatrième :
"La haine de Mai 68 est devenue un thème à la mode. Le slogan de la droite, lors de la présidentielle de 2007, sur l'indispensable liquidation de 68, ne doit donc pas être réduit à un propos de campagne : il résulte d'un travail idéologique qui a commencé dès les lendemains des événements et qui s'est poursuivi, de commémoration en commémoration. Faut-il voir, dans cette fièvre anti-68, une simple 'rhétorique réactionnaire' ? Quelles en sont les origines ? 68 méritait-il un déchaînement de critiques, souvent injustes et infondées ?"

03 juin 2008

Je suis la révolution : parution

Je cite ici les termes de la référence que fait Y. Citton (RILI, 5, mai-juin 2008, 10, note) à un ouvrage paru récemment, et qui fera écho à la dynamique révolution / réaction, l'un des pans de question que Polart travaille dans le chantier "Débat et démocratie" : :
"Sur les rapports, à la fois obsédants, variables et trompeurs, entretenus entre la création littéraire et l'imaginaire de la Révolution, voir le livre récent de Laurent Jenny, Je suis la révolution, Belin, Paris, 2008."

20 mai 2008

Note de lecture - Chantier Débat et démocratie

Chers tous,
je me permets de sortir des replis du blog un texte qui nous a été envoyé aujourd'hui en commentaire du chantier Débat et démocratie, par un énigmatique correspondant qui signe Titusdenfer (merci Titus) - lien donc vers un message daté du 28 août dernier, où l'auteur nous donne une note de lecture sur Servitude et simulacre. Réfutation des thèses réactionnaires et révisionnistes du postmodernisme, de Jordi Vidal (Paris, Allia, 2007).

14 mai 2008

Reflux de l'histoire littéraire - et al.

A noter pour nos travaux sur les retours de l'histoire littéraire, ces éléments du sommaire du n°5 (mai-juin) de la RILI :
[à noter également : le blog de la RILI s'est bien fourni dans les derniers mois - intéressant à suivre.]

. Yves Citton : Il faut défendre la société littéraire - à propos de Jacques Bouveresse, La Connaissance de l'écrivain, Tzvetan Todorov, La Littérature en péril, Pierre Piret (dir.), La Littérature à l'ère de la reproductibilité technique et Emmanuel Le Roy Ladurie, Jacques Berchtold et Jean-Paul Sermain, L'Événement climatique et ses représentations

. Marc Escola :Voir de loin. Extension du domaine de l'histoire littéraire - à propos de Franco Moretti, Graphes, cartes et arbres. Modèles abstraits pour une autre histoire de la littérature

J'ajoute, pour une pertinence d'ordre plus général :

. Xavier Vigna : Clio contre Carvalho. L'historiographie de 68 - à propos de Antoine Artous, Didier Epstajn et Patrick Silberstein (coord.), La France des années 68, Serge Audier, La Pensée anti-68, Philippe Artières et Michelle Zancarini-Fournel (dir.), 68, une histoire collective et Dominique Damamme, Boris Gobille, Frédérique Matonti et Bernard Pudal, Mai-juin 68

. Antonio Negri : Retour sur les « années de plomb » - Entretien réalisé par Steffen Vogel

. Peter Hallward : L'hypothèse communiste - à propos de Alain Badiou, De quoi Sarkozy est-il le nom ?

. Thierry Labica : La culture n'est pas une marchandise : c'est un gouvernement - à propos de Alain Brossat, Le Grand Dégoût culturel

. François Cusset : Le champ postcolonial et l'épouvantail postmoderne - à propos de Jean-Loup Amselle, L'Occident décroché. Enquête sur les postcolonialismes

. Gilles Sainati : L'hystérie sécuritaire. Projets politiques ou effets de structure - à propos de Armand Mattelart, La Globalisation de la surveillance, Laurent Bonelli, La France qui a peur et Laurent Mucchielli (dir.), La Frénésie sécuritaire

. Frédécric Neyrat : Géo-critique du capitalisme - à propos de David Harvey, Géographie de la domination

. Jérôme Vidal : Les « temps nouveaux », le populisme autoritaire et l'avenir de la gauche. Détour par la Grande-Bretagne - à propos de Stuart Hall, Le Populisme autoritaire. Puissance de la droite et impuissance de la gauche au temps du thatchérisme et du blairisme

09 mai 2008

"Révolution réac" dans l'éducation

Un dossier dans le Monde de l'éducation de mai : "40 ans après 68, la révolution réac" - bon pour nos travaux Débat et démocratie, et bon pour la santé, généralement.

Dans le même numéro, l'extension du domaine de la "colère" du lycée au primaire, et un dossier sur la fabrique, mondialisée, des élites.

01 mai 2008

Gauchet se lâche : les "aristo" de 68

Une jolie pièce à joindre au chantier "Débat et Démocratie". Marcel Gauchet se révèle plus nu que le roi des réactionnaires dans son révisionnisme de mai 68. Quand le portrait du "libéral-libertaire" en "aristocrate de la démocratie" se prolonge significativement par une charge contre "notre fatal modèle étato-aristo-clérical", on voit bien le glissement du retournement. Voir le CR du Monde ci-dessous.

"Sous ses dehors prophétiques et altruistes, la "génération 68" aurait semé le doute et l'inertie. Elle aurait failli. Des héros, les baby-boomeurs ? Des imposteurs plutôt, dont la société française n'a pas fini de payer les inconséquences, soutient, dans le dernier numéro du Débat, le philosophe Marcel Gauchet.

Sa thèse, sévère mais argumentée, clôt une série d'articles moins significatifs, que cette revue, dont il dirige la rédaction, consacre à "Mai 1968, quarante ans après". Sous le titre "Bilan d'une génération", il dénonce avec véhémence les libéraux-libertaires auxquels cette génération s'identifie : "Le libéral-libertaire est un défenseur résolu de la souveraineté du peuple, mais un contempteur féroce du populisme ; il est l'avocat enflammé de tous les droits en souffrance, mais il n'a pas de mots assez méprisants pour fustiger les "beaufs". Bref, il est un aristocrate de la démocratie, comme seul ce pays pouvait en produire un."

Pour étayer ces accusations, Marcel Gauchet ajoute qu'à ses yeux la génération de 1968 n'a enfanté aucun intellectuel digne de ce nom, mais des "suppôts diversement talentueux et des suiveurs plus ou moins originaux" de Lacan, Derrida, Foucault et Bourdieu. Cette génération de "disciples", comme il l'appelle, a beau porter aux nues la "pensée critique" de ses maîtres, elle ne l'a pas régénérée. Incapable de la dépasser, elle en ânonne les préceptes, un point c'est tout.

Peu importe à ces "disciples" qu'une idée soit juste ou non, ironise Marcel Gauchet, pourvu qu'elle soit "dérangeante". Posture de justicier. Dogme de la dénonciation. Ces travers, à en croire Marcel Gauchet, ont fait beaucoup de dégâts, en particulier dans les médias où les héritiers plus ou moins directs de Mai 68 ont longtemps sévi. Ainsi à Libération, celui de Serge July, et au " Monde de Plenel et Colombani".

Comme c'était prévisible, "la ficelle a fini par se voir, écrit Marcel Gauchet en guise d'épitaphe, et le ton prédicant par se révéler insupportable". Il n'empêche que la "génération 68" a marqué pour le pire la société française. On lui doit, sous l'apparence de la modernité, la perpétuation de nos archaïsmes. Et la consolidation de "notre fatal modèle étato-aristo-clérical", qui fait de la France un pays "en état de sécession endémique vis-à-vis de tout ce qui prétend le diriger ou le représenter".

La responsabilité de cette génération est d'autant plus lourde, explique Marcel Gauchet, qu'à vouloir perpétuer son hégémonie, elle a empêché les générations suivantes d'être elles-mêmes. De s'émanciper. Une "indifférence à la transmission" tout aussi condamnable à ses yeux que la suffisance intellectuelle des baby-boomeurs.

Telle est la thèse développée, quarante ans après 1968, dans l'une des revues françaises les plus influentes. On peut y voir la preuve qu'une page se tourne - le temps de la "génération 68" serait révolu, elle n'en impose plus, l'heure de rendre des comptes a sonné... Ou se dire que Marcel Gauchet force le trait. Qu'il surestime le poids des soixante-huitards en les rendant responsables de tous les maux de la société française : les carences du système éducatif, l'inanité de la vie intellectuelle... Surestimer leur influence est au demeurant à double tranchant. C'est minimiser le rayonnement d'une revue comme Le Débat, où "l'esprit de 68" n'a jamais soufflé."

Le Débat. Mars-avril 2008, 192 p., 16,50 €
Bertrand Le Gendre
Article paru dans l'édition du 29.04.08

24 mars 2008

Journée d'étude Polart - samedi 5 avril (Paris 8)

La prochaine journée d'étude Polart aura lieu le samedi 5 avril, à Paris 8.
Programme :

9h30 - 12h30 : chantier Débat et démocratie.
1. Jean-François Savang : sur la base de son article "Réécritures de l'histoire et transformations du sujet", et son travail de contextualisation pour la lecture des Contre-réactionnaires, de P.A. Taguieff [ JFS nous a fait parvenir un nouvel état des documents en ligne - ils seront téléchargeables à la place des textes actuels dès que possible - bibliographie autour des "nouveaux réactionaires", contexte de P.A. Taguieff, recueil d'archives autour de la controverse Lindenberg : page Dossiers du site ]
2. Mireille Bousquet : sur l' "adieu à la littérature"
3. tour de table - état des travaux et questions

14h-17h : chantier Manière

16 février 2008

Actualité "Débat et démocratie"

A lire dans Libération du 16-02 un petit dossier sur "Ces intellos qui rejettent la démocratie",
comprenant des entretiens avec Slavoj Zizek, Marcel Gauchet et Olivier Mongin, une petite synthèse
et un édito de Joffrin. C'est ici :
http://www.liberation.fr/actualite/politiques/310423.FR.php

14 février 2008

Revue à connaître : Mots. Les langages du politique

Je copie ici quelques repères concernant la revue électronique Mots. Les langages du politique : l'identité de la revue telle qu'elle apparaît dans la page de présentation du site, ainsi que la liste des derniers numéros parus.

Présentation
La revue Mots. Les langages du politique s’inscrit dans une perspective interdisciplinaire, à la croisée des Sciences du langage, des Sciences du politique et des Sciences de l’information et de la communication.
Mots. Les langages du politique publie des dossiers thématiques, des articles en rubriques « Varia », « Méthodologie » ou « Mots en politique », des notes de recherche, des comptes-rendus de lecture, une bibliographie des publications sur les langages du politique.
Les articles sont publiés en français et sont accompagnés de résumés avec mots clés en français, anglais et espagnol.
La revue est publiée avec le concours du CNRS, du CNL et de la Région Rhône-Alpes, et avec l’appui scientifique des UMR ICAR et Triangle, de l’EA CEDITEC et de la Société d’étude des langages du politique (SELP).
La revue Mots. Les langages du politique encourage l’usage des rectification de l’orthographe proposées par le Conseil supérieur de la langue française et approuvées par l’Académie (Journal officiel, n° 100, 6 décembre 1990).

Numéros récents
n° 85 – novembre 2007 Violence et démocratie en Amérique latine. Texte intégral en ligne en novembre 2009
n° 84 – juillet 2007 Politiquement sportif. Texte intégral en ligne en juillet 2009
n° 83 – mars 2007 Dire la démocratie aujourd’hui. Texte intégral en ligne en mars 2009
n° 82 – novembre 2006 L’emprunt et sa glose. Texte intégral en ligne en novembre 2008
n° 81 – juillet 2006 Suisse, laboratoire politique européen ? Texte intégral en ligne en juillet 2008
n° 80 – mars 2006 La politique mise au net. Texte intégral en ligne en mars 2008
n° 79 – novembre 2005 Discours de violence au nom de la foi. Texte intégral en ligne en février 2008
n° 78 – juillet 2005 Usages politiques du genre. Texte intégral en ligne depuis janvier 2008
n° 77 – mars 2005 Proximité. Texte intégral en ligne depuis janvier 2007

26 janvier 2008

A lire

Françoise Asso revient sur le traitement médiatique de la LRU. C'est dans le blog Contre Journal de Libération:
http://contrejournal.blogs.liberation.fr/mon_weblog/2008/01/relents-dormeta.html

Pour Olivier en particulier cet entretien de Finkielkraut au même quotidien, où l'on apprend que la démocratie
est "sortie de son lit" et a "envahi" des espaces où elle n'a rien à faire, l'école et la culture, que les universités sont des "abattoirs", que la civilisation est "une lumière qui clignote et menace de s'éteindre" et que pour sauver la langue française "il faut planter les talons dans le sol". Les métaphores successives de l'invasion, de la mise à mort industrielle du bétail étudiant, de la nuit de la culture et du Boden heideggerien sont aussi belles que cette admirable formule : "on est toujours le réactionnaire de quelqu'un". C'est ici :
http://www.liberation.fr/transversales/weekend/306200.FR.php

24 janvier 2008

Chantier Débat et démocratie

Trois documents importants pour le chantier Débat et démocratie, tous constitués par Jean-François Savang, viennent d'être mis en ligne sur le site Polart :

  • bibliographie autour des "nouveaux réactionnaires"
  • archive des textes, articles et notices produits lors de la controverse de 2002 et à sa suite
  • notice contextuelle sur Pierre-André Taguieff, pour fond de lecture des Contre-réactionnaires.
Lien direct : page Dossiers .

20 janvier 2008

Chantier Débat & démocratie : 9 février 2008

Chers tous,
en préparation de la séance Débat et démocratie programmée la matinée du samedi 9 février prochain à Paris, je vous prie de bien vouloir m'indiquer qui voudrait réserver un temps de parole pour une intervention - reprenant les choses à partir de la lecture des Contre-réactionnaires de Taguieff, ou développant une des lignes individuelles de réflexion qui ont été tracées.
Réponses avant le samedi 2 février svp, pour que je puisse constituer et diffuser un programme - merci d'avance.