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07 novembre 2010

Sens de la langue et sens du langage. Poésie, grammaire, traduction. 17-18 novembre 2010, à Bordeaux.



SENS DE LA LANGUE ET SENS DU LANGAGE

POESIE, GRAMMAIRE, TRADUCTION


Mercredi 17 novembre
IUFM d'Aquitaine
Site de Caudéran, auditorium
rue de l'Ecole Normale - Bordeaux


8 h 45 Accueil des participants


9 h 00 Ouverture de la première journée du colloque
Philippe Girard, Directeur de l'IUFM d'Aquitaine,
Eric Benoît, Directeur de Modernités (TELEM, UB 3)
Madame l'Inspectrice IPR-IA des Lettres


9 h 30 Conférence d'ouverture : Gilles Philippe,
Université Sorbonne Nouvelle Paris 3
« Peut-on écrire de la poésie en français ? Histoire
d'une question »


10 h 30 Jean-Michel Delacomptée, Université Paris
8, écrivain)
« Le style simple et naturel selon Bossuet »


11 h 00 Pause café


11 h 30 Marie-Corinne Baron, Université de Paris IV
Sorbonne
« L'expression à l'épreuve de l'impression dans la
Recherche du temps perdu »


12 h 00 Chloé Laplantine, Polart, Paris 8
« Enseigner Baudelaire avec Benveniste »


12h30 Pause déjeuner


14 h 00 Sandrine Larraburu Bédouret, Université de
Pau et des Pays de l'Adour
« Donner du sens à l'enseignement de la langue »


14 h 30 Paul Boucher, Université d'Angers
« Oralité et sens de la langue »


15 h 00 Serge Martin, Université de Caen
« La voix. La transmission linguistique et littéraire »


15 h 30 Pause


16 h 00 Lectures de textes – Quatuor : musique baroque


17 h 15 Table ronde traduction avec André Markovicz


Jeudi 18 novembre
Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine
Salle 2, 1er étage, Université Bordeaux 3,
esplanade des Antilles - Pessac


9 h 00 Ouverture de la seconde journée du colloque
Patrice Brun, Président de l'Université de Bordeaux 3
Eric Benoît, Directeur de Modernités (TELEM, UB 3)


9 h 15 Eve De Dampierre, Université de Bordeaux 3
« Ecriture poétique d'Ungaretti : du texte traduit au
texte traduisant »


9 h 45 Andrew Eastman, Université de Strasbourg
« Idéologies de l'anglais : traduction littéraire, théories de
l'énonciation et génie des langues »


10 h 15 Pause café


10 h 30 Joachim Zemmour, traducteur littéraire,
Université Bordeaux 3) :
« Quand la lettre tue l'esprit: réflexions à partir de
transcréations d'Alfred Lord Tennyson ».


11 h 00 Jérôme Roger, Université Bordeaux 4
« Le poète Aimé Césaire est-il audible en langue
française ? »


11 h 30 Lectures - saxophone :
avec François Corneloup, improvisateur, compositeur.


12 h 30 Pause déjeuner


14 h 30 Sandy Pecastaing, Université Bordeaux 3)
« Poe et le pouvoir des mots : Réflexions autour d'une
erreur de traduction de Baudelaire »


15 h 00 Chantal Lapeyre, Université d'Artois
« Embarras de langues »


15 h 30 Hervé Castanet, psychanalyste, professeur
d'université, directeur de la revue « Il particolare »
« La parole est une modalité de jouissance – à propos
de Christian Prigent »


16 h 00 Bilan et Perspectives
Isabelle Poulin, Université de Bordeaux 3


16 h 30 Clôture du colloque


Ce colloque s'inscrit dans la série des colloques « Littérature, recherche, enseignement » organisés par l'IUFM d'Aquitaine / Université Montesquieu - Bordeaux 4 et l'équipe Modernités EA TELEM / Université Bordeaux 3

Responsable : Chantal Lapeyre, Isabelle Poulin, Jérôme Roger

Url de référence :
http://www.iufm.education.fr/applis/actualites/spip.php?article758

02 décembre 2009

Appel de l'Association des professeurs d'histoire et géographie

Appel pour le maintien d'un enseignement obligatoire d'Histoire et de Géographie en Terminale scientifique

L'Assemblée Générale de l'Association des Professeurs d'Histoire et de Géographie (APHG), réunie le dimanche 29 novembre 2009 au Lycée Saint Louis à Paris.

· Condamne et rejette tout projet de réforme des Lycées aboutissant à la disparition de l'Histoire et de la Géographie dans les classes de Terminale scientifique

· Exige le maintien d'un enseignement obligatoire en Terminale scientifique (TS) débouchant sur une épreuve au Baccalauréat

. Souligne combien l'Histoire et la Géographie éclairent fondamentalement les débats contemporains sur les identités, les cultures, les territoires et la mondialisation.

L'APHG invite toutes celles et tous ceux qui approuvent cet appel à le signer et à le faire signer.
L'adresse pour s'y rendre est : http://spreadsheets.google.com/viewform?formkey=dEpuSnVqaTQzSFJYZllWYmxlZ25KRGc6MA
Quand vous recevez confirmation que vous êtes bien enregistré la
formule "ma feuille de calcul" s'adresse à moi, c'est à partir d'elle
que nous publierons sur le site national la liste des signataires.

Soyez nombreux à signer et faites signer.

-
Jacques SAPIR
Directeur d'Études (économie) à l'EHESS / Professor (economics) at
EHESS-Paris
Directeur du CEMI-EHESS / Director CEMI-EHESS

11 septembre 2009

L'Ecole : pétition de la rentrée

je transmets :

PÉTITION ÉCOLE EN DANGER - http://www.ecoleendanger.org/

Tous concernés, Tous mobilisés
pour un service public d'éducation de qualité pour Tous.

Nous, parents d'élèves, salariés de l'éducation, étudiants ou individus soucieux d'un service public d'éducation de qualité pour tous, sommes conscients de la gravité des attaques portées contre l'école, de la maternelle à l'université, et contre ceux qui osent la défendre.

C'est pourquoi nous affirmons, par la présente, que nous soutenons les revendications portées par les collectifs Ecole en Danger mobilisés depuis de nombreux mois contre les réformes Darcos et Pécresse.

Nous demandons notamment :

La création des postes de titulaires et de remplaçants nécessaires à un fonctionnement de qualité du service public d'éducation et par conséquent l'arrêt des suppressions de postes (actuellement compensées par l'utilisation massive des heures supplémentaires et le recours aux personnels précaires non formés)
Une véritable formation initiale et continue des enseignants (cf IUFM) et la titularisation des personnels précaires après formation
Le maintien d'une école maternelle gratuite et laïque, accessible à tous ceux qui le désirent dès deux ans (cf Jardins d'éveil)
L'ouverture d'une concertation sur les nouveaux programmes
La prise en charge des enfants en difficulté par des personnels qualifiés, spécialisés, et titulaires, avec des mesures pédagogiques adaptées et sur le temps scolaire (cf RASED)
Une véritable protection des données personnelles des élèves recueillies dans le cadre de la scolarité et par là, l'abandon des fichiers centralisés permettant des interconnexions avec d'autres bases administratives (cf BASE ELEVES)
Le maintien d'écoles en rapport de proximité avec les parents et de directeurs en lien avec la pédagogie et sans rapport hiérarchique avec les enseignants (cf EPEP)
La garantie de la liberté pédagogique des enseignants, le respect des droits syndicaux et du droit de grève (cf SMA)
La levée des diverses sanctions touchant les enseignants désobéisseurs ou les lycéens et étudiants mobilisés et, plus généralement, l'arrêt de la politique de surveillance et de répression contre tous ceux qui, portant ouvertement l'exigence d'une école de la réussite pour tous, refusent d'obéir à des demandes institutionnelles dégradant les conditions d'enseignement et d'apprentissage.

09 août 2009

Les sales coups de l'été : pleins pouvoirs aux PU, mastérisation, loi "mobilité"

Décrets et arrêtés se multiplient au coeur de l'été.

1. Le dernier arrêté, en date du 4 août, délègue
aux présidents d'universités des pouvoirs considérables qui relevaient jusque là du CNU, au point
que l'on peut se demander si celui-ci ne devient pas potiche. On va tout droit et immédiatement (dès le 1er septembre 2009)
vers une gestion locale des carrières et des qualifications (?!). La liste des délégations de pouvoir
comprend en effet :

-L'avancement d'échelon ;
-L'avancement de grade ;
-Le classement dans le corps ;
-L'établissement de la liste des candidats autorisés à prendre part aux concours de recrutement ouverts en vue de pourvoir un ou plusieurs emplois d'une même discipline attribués à l'établissement ;

Voici le renvoi Legifrance pour cet arrêté que je mets aussi en copié-collé :
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020941450&fastPos=46&fastReqId=716529596&categorieLien=id&oldAction=rechTexte

2. Si vous ne les avez pas déjà consultés voici également les renvois aux décrets statutaires consécutifs à la mastérisation.
Ils sont proches des projets, à l'exception notable de la disparition de la mention des IUFM comme instance de formation :
« Les professeurs ... stagiaires sont soumis à un stage d'une année au cours duquel ils reçoivent une formation professionnelle initiale dans les instituts universitaires de formation des maîtres. Le stage est évalué selon des modalités fixées par un arrêté du ministre chargé de l'éducation »,
devient :
« Le stage a une durée d'un an. Au cours de leur stage, les professeurs stagiaires bénéficient d'une formation dispensée, dans le cadre des orientations définies par l'Etat, sous la forme d'actions organisées à l'université, d'un tutorat, ainsi que, le cas échéant, d'autres types d'actions d'accompagnement. Les modalités du stage et les conditions de son évaluation sont arrêtées par le ministre chargé de l'éducation ».

Décret n° 2009-913 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 70-738 du 12 août 1970 relatif au statut particulier des conseillers principaux d'éducation
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020910376&dateTexte=&categorieLien=id

Décret n° 2009-914 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 72-580 du 4 juillet 1972 relatif au statut particulier des professeurs agrégés de l'enseignement du second degré
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020910406&dateTexte=&categorieLien=id

Décret n° 2009-915 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 72-581 du 4 juillet 1972 relatif au statut particulier des professeurs certifiés
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020910434&dateTexte=&categorieLien=id

Décret n° 2009-916 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 80-627 du 4 août 1980 relatif au statut particulier des professeurs d'éducation physique et sportive
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020910485&dateTexte=&categorieLien=id

Décret n° 2009-917 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 90-680 du 1er août 1990 relatif au statut particulier des professeurs des écoles
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020910515&dateTexte=&categorieLien=id

Décret n° 2009-918 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 92-1189 du 6 novembre 1992 relatif au statut particulier des professeurs de lycée professionnel
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020910561&dateTexte=&categorieLien=id

3. Enfin, pour information, deux communiqués qui témoignent que la vacance n'est pas totale du côté des luttes. La CNU prend position sur les décrets et les étudiants de Saint-Etienne lancent un appel à soutien (les deux ci-dessous).
Il faudrait encore faire tout un dossier sur la loi "mobilité" des fonctionnaires qui vient de paraître au JO du 6 oaût :
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020954520&dateTexte=
Adoptée dans l'urgence, cette loi n'a fait l'objet d'aucun recours au Conseil Constitutionnel...

La rentrée s'annonce difficile et nécessairement combative pour tous les personnels de ce qui reste de la Fonction Publique.





JORF n°0178 du 4 août 2009 page 12978
texte n° 15


ARRETE
Arrêté du 27 juillet 2009 modifiant l'arrêté du 15 décembre 1997 portant délégation de pouvoirs en matière de recrutement et de gestion des professeurs des universités et des maîtres de conférences


Article 1

L'article 1er de l'arrêté du 15 décembre 1997 susvisé est remplacé par les dispositions suivantes :
« Les présidents ou les directeurs des établissements publics dont la liste est fixée à l'article 2 reçoivent délégation des pouvoirs du ministre chargé de l'enseignement supérieur pour le recrutement et la gestion des professeurs des universités et des maîtres de conférences, titulaires et stagiaires, en ce qui concerne :
La titularisation ou la prolongation de stage des maîtres de conférences ;
La délégation prévue à l'article 11 du décret du 6 juin 1984 susvisé ;
La mutation des maîtres de conférences et les professeurs des universités ;
Le changement de discipline des maîtres de conférences et des professeurs des universités ;
Le détachement et la réintégration après détachement ;
La mise à disposition ;
La mise en disponibilité et la réintégration après mise en disponibilité ;
L'avancement d'échelon ;
L'avancement de grade ;
Le classement dans le corps ;
L'établissement de la liste des candidats autorisés à prendre part aux concours de recrutement ouverts en vue de pourvoir un ou plusieurs emplois d'une même discipline attribués à l'établissement ;
Les autorisations de cumul d'activités ;
L'octroi ou le renouvellement des congés prévus aux 1°, 2°, 3°, 4°, 5°, 6°, 6° bis, 6° ter, 7°, 8°, 9° et 10° de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée, sauf pour les cas où l'avis du comité médical supérieur est requis ;
Les autorisations d'absence prévues par l'article L. 952-5 du code de l'éducation ;
L'octroi de congés pour recherches ou conversions thématiques ;
La reconnaissance de l'état d'invalidité temporaire et l'ouverture du droit au versement de l'allocation d'invalidité temporaire et, le cas échéant, à la majoration pour tierce personne ;
L'octroi d'un service à temps partiel pour raison thérapeutique prévu par l'article 34 bis de la loi du 11 janvier 1984 susvisée ;
L'octroi du congé bonifié ;
L'octroi du congé administratif prévu par le décret du 26 novembre 1996 susvisé ;
L'ouverture du droit à la prise en charge de frais de changement de résidence en application des dispositions des décrets du 12 avril 1989 et 28 mai 1990susvisés ;
L'ouverture du droit à l'attribution de l'indemnité d'éloignement en application des dispositions des décrets du 22 décembre 1953 et du 26 novembre 1996susvisés ;
L'octroi des autorisations prévues par les articles L. 413-1, L. 413-8 et L. 413-12 du code de la recherche ;
L'octroi des crédits d'heure des titulaires de mandats électifs prévus par le code général des collectivités territoriales ;
L'octroi du congé de présence parentale prévu par l'article 40 bis de la loi du 11 janvier 1984 susvisée ;
L'autorisation d'aménagement des horaires prévue par l'article 40 ter de la loi du 11 janvier 1984 susvisée ;
L'octroi du congé parental prévu par l'article 54 de la loi du 11 janvier 1984 susvisée ;
L'exercice des fonctions à temps partiel ;
L'octroi des congés prévus aux articles 17, 19 bis et 22 du décret du 7 octobre 1994 susvisé ;
L'octroi des congés prévus aux articles 18, 19, 20, 21, 21 bis, 23 et 24-2° du décret du 7 octobre 1994 susvisé et réintégration après ces congés ;
L'octroi des congés de maladie et de longue maladie prévus aux articles 24 et 24 bis du décret du 7 octobre 1994 susvisé ;
La suspension prévue à l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée ;
Les actes pris pour l'application des sanctions disciplinaires prononcées par le conseil d'administration ou le Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche, à l'exception de la mise à la retraite d'office et de la révocation ;
Le recul de limite d'âge prévu par l'article 4 de la loi du 18 août 1936 ;
La prolongation d'activité prévue par l'article 1-1 de la loi n° 84-834 du 13 septembre 1984 relative à la limite d'âge des fonctionnaires ;
Le maintien en fonctions jusqu'à la fin de l'année universitaire et le maintien en activité en surnombre de l'article L. 952-10 du code de l'éducation. »

Article 2

L'article 2 du même arrêté est remplacé par les dispositions suivantes :
« La liste prévue à l'article 1er ci-dessus est fixée comme suit :
Etablissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel mentionnés à l'article L. 711-2 du code de l'éducation ;
Etablissements publics à caractère administratif rattachés à un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel en application de l'article L. 719-10 du code de l'éducation ;
Etablissements publics de coopération scientifique mentionnés à l'article L. 344-4 du code de la recherche ;
Ecoles d'ingénieurs ayant le statut d'établissement public à caractère administratif autonome ;
Observatoire de la Côte d'Azur ;
Ecole nationale supérieure des arts et techniques du théâtre ;
Ecole nationale supérieure Louis Lumière ;
Ecole nationale supérieure de la nature et du paysage de Blois ;
Centre universitaire de formation et de recherche du Nord-Est Midi-Pyrenées Jean-François Champollion ;
Institut national de la recherche pédagogique ;
Institut national supérieur de formation et de recherche pour l'éducation des jeunes handicapés et les enseignements adaptés. »

Article 3 En savoir plus sur cet article...

Le présent arrêté entre en vigueur le 1er septembre 2009.

Article 4 En savoir plus sur cet article...

Le directeur général des ressources humaines et les présidents ou directeurs des établissements publics d'enseignement supérieur concernés sont chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution du présent arrêté, qui sera publié au Journal officiel de la République française.


Fait à Paris, le 27 juillet 2009.


Valérie Pécresse


Appel à soutien lors des conseils de discipline à l’UJM
« Trop, c’est trop !»
Le printemps 2009 a été marqué par la plus longue grève que l’université stéphanoise ait
connue dans son histoire. Les étudiant-e-s et les personnels de l’UJM, mobilisé-e-s contre les lois
Pécresse, combattent depuis plus de deux ans maintenant les réformes qui soumettent l’université aux
logiques du monde marchand. Ces diverses lois, du Plan Campus à la LRU, compromettent gravement
l’existence des petites et moyennes structures universitaires comme celle de Saint Etienne et c’est en
cela que nos luttes ne sont pas vaines. Elles sont encore moins des luttes minoritaires et isolées
puisqu’elles ont réussi à mobiliser et fédérer les énergies deux années durant.
Pourtant s’enfermant dans un rôle de bon élève aux ordres du gouvernement, la présidence de l’UJM a
été une des premières universités de France à s’engager dans le processus LRU. De même, au cours du
mouvement de grève, celle-ci s’est conformée aux différentes directives ministérielles visant à briser le
mouvement de protestation. Ainsi, Khaled BOUABDALLAH a démontré sa volonté d’enrayer toutes
velléités de contestation en autorisant l’entrée des forces de l’ordre le 13 mai dernier sur le site
Tréfilerie mais aussi, en recourant à des sociétés privées de surveillance.
En convoquant devant des conseils de discipline une dizaine d’étudiant-e-s grévistes, la présidence de
l’UJM vient de franchir une nouvelle étape dans sa logique répressive. Un accord avait pourtant été
trouvé avec le président par lequel les grévistes s’étaient engagés à ne pas perturber les cours et les
examens en échange de l’abandon de poursuites administratives et judiciaires. Cependant, afin
d’empêcher toute reprise du mouvement de grève en septembre, la présidence a bafoué l’accord et a
contribué elle-même à détruire le semblant de sérénité retrouvée qu’elle appelait de ses voeux il y a un
mois à peine.
Ainsi, l’administration a trouvé comme prétexte, l’occupation illégale des locaux lors de la soirée de
clôture de l’Université Solidaire du 30 juin dernier. Quelques 250 personnes s’étaient retrouvées
autour d’un repas collectif et avaient assisté à des expositions de travaux artistiques et des concerts
dont le déroulement et les horaires avaient pourtant été autorisés le matin-même par le responsable de
la sécurité du site Tréfilerie.
L’autre fait reproché est la perturbation de la fête de l’inauguration de la nouvelle maison de
l’université. Cette cérémonie devait se dérouler en présence de personnalités qui ont activement lutté
contre le mouvement de grève, en la personne du recteur d’académie, du maire de Saint-Etienne et du
président de l’université. C’est pourquoi les étudiant-e-s avaient décidé d’être présent ce jour là. Par
ailleurs, ce projet immobilier au coût pharaonique est en lui-même une véritable provocation quand
l’heure est aux suppressions de postes à l’UJM et à la précarisation de ses personnels…
Nous condamnons avec force la répression administrative contre les étudiant-e-s grévistes
qui sont du fait de cette convocation, menacé-e-s d’exclusion de l’université.
Nous exprimons avec force et conviction notre attachement à une université ouverte en tant
que lieu populaire de critique et d’émancipation.
Nous appelons toutes les personnes nous soutenant, à participer à
la réunion publique, le 1er septembre, à la bourse du travail.
Contact : Trefenlutte@gmail.com

Provocations estivales des ministres Valérie Pécresse et Luc Chatel
Le gouvernement a profité du coeur de l’été pour publier aussi discrètement que possible les
décrets relatifs à la réforme de la formation et du recrutement des enseignants. Il fait ainsi la
preuve, une fois encore, de son rejet de toute véritable concertation et de son mépris pour
l’ensemble de la communauté universitaire.
Les principaux sujets d’inquiétude demeurent l'articulation imposée entre un Master et un
concours (ce qui créera des situations ingérables pour les étudiant-es), l’allongement de la
durée des études d’au moins une année avant d’accéder aux métiers de l’enseignement (ce qui
pénalisera les étudiant-es les moins aisé-es), le remplacement de l’année de formation en
alternance par des stages sous-rémunérés au cours du Master, le contenu des concours euxmêmes
(qui ne permettra plus vraisemblablement de vérifier, chez les candidats, une maîtrise
suffisante de leur discipline) ainsi que le flou savamment entretenu sur la création de Masters
« métiers de l'enseignement », filière qui permettrait de recruter les enseignants sans leur
donner le statut de fonctionnaire (ce qui institutionnaliserait la précarité dans les écoles, les
collèges et les lycées).
Force est de constater que malgré sa rhétorique du dialogue, le gouvernement, une fois de
plus, s’est refusé à prendre en compte les revendications de la communauté universitaire. Par
conséquent, la Coordination Nationale des Universités condamne l'attitude du gouvernement
et appelle les enseignant-es/chercheur-es, enseignant-es, chercheur-es, personnels BIATOSS
et étudiant-es à démontrer dès la rentrée universitaire que les congés scolaires auront
seulement marqué une pause dans la lutte pour la défense de l'Éducation Nationale. Si le
gouvernement fait encore une fois passer en force, à la dérobée, des décrets quasi
unanimement rejetés, il doit s'attendre à une riposte à la hauteur de cette provocation.
Les porte-parole de la Coordination Nationale des Universités
4 août 2009

06 août 2009

Références des nouveaux décrets / statut des enseignants

Décret n° 2009-913 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 70-738 du 12 août 1970 relatif au statut particulier des conseillers principaux d'éducation :
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020910376&dateTexte=&categorieLien=id

Décret n° 2009-914 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 72-580 du 4 juillet 1972 relatif au statut particulier des professeurs agrégés de l'enseignement du second degré :
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020910406&dateTexte=&categorieLien=id

Décret n° 2009-915 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 72-581 du 4 juillet 1972 relatif au statut particulier des professeurs certifiés :
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020910434&dateTexte=&categorieLien=id

Décret n° 2009-916 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 80-627 du 4 août 1980 relatif au statut particulier des professeurs d'éducation physique et sportive :
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020910485&dateTexte=&categorieLien=id

Décret n° 2009-917 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 90-680 du 1er août 1990 relatif au statut particulier des professeurs des écoles :
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020910515&dateTexte=&categorieLien=id

Décret n° 2009-918 du 28 juillet 2009 portant modification du décret n° 92-1189 du 6 novembre 1992 relatif au statut particulier des professeurs de lycée professionnel :
http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000020910561&dateTexte=&categorieLien=id


(références : http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article2847)

"Innovation" et "Business" : la nouvelle recherche

In June 2007, the British Prime Minister Gordon Brown divided up ministerial responsibility for education into :
- the Department for Children, Schools and Families (Ed Balls)
- the Department for Innovation, Universities and Skills (John Denham)

In the recent reshuffle the ministry has changed names to :
- the Department for Business, Innovation, & Skills - so gaining "business", but dropping "universities", although higher education remains within its remit.
With Peter (Lord) Mandelson, as Minister, and the Rt Hon David Lammy MP as Minister of State for Higher Education and Intellectual.

Politique des langues, politique de l'enseignement

On commence à entendre évoquer de la suppression des deux langues vivantes dans le système d'enseignement secondaire français :

Interview de M. Descoings au mensuel Le Capital de juillet 2009 :
« On met en cause les classes surchargées, à juste titre pour l´anglais et l´espagnol. Mais je pense qu´il faut aussi amender l´obligation d´étudier deux langues. Il faut savoir qu´elle s´explique essentiellement par la francophonie : c´est une contrepartie donnée aux autres pays pour qu´ils continuent, eux, à enseigner le français. Préserver le rayonnement de notre langue, c´est bien, mais en attendant, trop d´élèves arrivent au bac en parlant à peine l´anglais et quasiment pas l´espagnol, tout en rencontrant encore des difficultés en français. Gardons la possibilité d´étudier une seconde langue vivante pour ceux qui y parviennent, mais je propose que l´on puisse consacrer ces heures de cours au renforcement du français et de l´anglais, sur la base du volontariat. Lorsque nous avons évoqué cette idée dans les tables rondes, certains professeurs sortaient les banderoles, mais les parents et les élèves réagissaient en général très favorablement. »

Visite du président de la République au lycée Galilée de Genevilliers le 10/06/09, et Le Monde daté du jour suivant :
"Troisième débat, les langues vivantes. L'objectif en Europe est d'apprendre deux langues étrangères. "Si certains de vos camarades ont du mal en français, est-ce que c'est raisonnable de leur donner deux langues, alors qu'ils ne possèdent pas la leur ?, s'interroge M. Sarkozy. Est-ce qu'on n'a pas intérêt à les concentrer sur une langue, l'anglais par exemple, et mettre les heures de la seconde langue en renforcement de français ?""

02 juillet 2009

Situation sur la formation des maîtres - juin 2009

Un "Appel à Luc Chatel" - "Réforme de la formation des maîtres : il est encore temps de préserver l’avenir" - a été envoyé à Libération, et devrait paraître dans la rubrique "Rebonds" en version abrégée.
http://www.liberation.fr/societe/0101577254-iufm-appel-a-luc-chatel

Ce texte émane de collègues impliqués dans le dossier de la formation des enseignants et a été rédigé dans le contexte du changement de Ministre de l'Education Nationale et de l'annonce de la suppression des postes de stagiaires (voire le rappel après le texte de l'Appel ci-dessous). http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/ 2009/07/01072009Accueil.aspx

Les syndicats, associations professionnelles, sociétés savantes, collectifs… qui souhaitent se joindre à cet appel peuvent le faire en envoyant leur soutien et leurs coordonnées à appel.luc.chatel@gmail.com La liste des signataires sera mise à jour sur le site de la Coordination Nationale Formation Des Enseignants.

Appel à Luc Chatel
Réforme de la formation des maîtres : il est encore temps de préserver l’avenir
Le gouvernement a préparé des décrets qui lui donnent en partie les moyens juridiques de mettre en œuvre sa réforme de la formation des maîtres. Leur publication est imminente. Pourtant, sur le fond, cette réforme a suscité une opposition quasi unanime des instances universitaires, des organisations syndicales d’enseignants et d’étudiants, des associations professionnelles, des sociétés savantes, des mouvements pédagogiques, des parents d’élèves (FCPE), etc. Et quant à la méthode, les textes de ces décrets ont été rédigés avant la fin des discussions engagées avec les syndicats dans les « groupes de travail » et alors que la « commission de concertation » coprésidée par MM Marois, recteur, et Filâtre, président d’Université, avait à peine commencé ses travaux. C’est au point que la Conférence des présidents d’université (CPU) et M. Filâtre, coprésident de la commission, la Conférence des directeurs d’IUFM (CDIUFM), la Conférence des directeurs d’UFR de sciences (CDUS), la Conférence des directeurs d’UFR de lettres et sciences humaines (CDUL) ont dû décider de suspendre leur participation à cette commission, acte inédit dans les relations entre le gouvernement et l’Université. Au même moment, tous les syndicats exigeaient que les projets de décrets soient retirés de l’ordre du jour du Conseil Supérieur de la Fonction Publique d’État (CSFPE) et le Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (CNESER) demandait leur retrait.
L’actuel projet de réforme aurait pour conséquences une dégradation de la formation professionnelle des enseignants, une remise en cause du rôle des IUFM, la mise en danger des recherches en didactique des disciplines, une déstabilisation des équipes de formation et de recherche… Ne pouvant plus bénéficier d’un salaire au cours de la cinquième année d’étude, les étudiants les plus modestes auraient davantage de difficultés pour accéder au métier d’enseignant. De plus, si le gouvernement maintenait la suppression des 14 000 postes de stagiaires annoncée par Xavier Darcos le jour même de son départ, les lauréats des concours de 2010 se verraient imposer un dispositif de formation qui ferait passer leur obligation de service à deux tiers de leur horaire, au lieu de 40 % aujourd’hui, ne laissant plus assez de temps pour une formation professionnelle sérieuse.
La qualité de la formation des maîtres est une condition décisive de la réussite des élèves à l’école, au collège et au lycée et, au bout du compte, un élément déterminant du développement de la société aux plans économique, scientifique, culturel et humain. C’est pourquoi nous nous adressons au gouvernement de la façon la plus solennelle. Il ne peut pas avoir raison contre tous, il doit entendre les griefs des parties prenantes à l’égard de son projet. Il est encore temps de préserver l’avenir : nous appelons le nouveau ministre à suspendre durablement la publication des projets de décrets.De plus, il doit garantir, mieux que ne le fait la circulaire Hetzel du 5 juin, qu’aucun étudiant ne sera lésé en 2009-2010. Il doit maintenir le bénéfice des conditions actuelles de la formation pour les lauréats de 2010. Il doit préserver les moyens donnés aux IUFM.Nous lui demandons enfin de réunir les conditions d’authentiques négociations avec toutes les parties prenantes.
En entendant ces demandes, le gouvernement ferait preuve de sagesse et d’esprit de responsabilité. Il contribuerait à rendre possible une rentrée universitaire et scolaire dans un climat apaisé.
1er juillet 2009

Les 63 premiers signataires sont les Coordinations nationales, syndicats et associations, Conférence des Doyens et Directeurs des UFR de Lettres, Langues, Arts, SHS (CDUL)associations de parents d’élèves, associations et collectifs de spécialistes, sociétés savantes, associations professionnelles de l'enseignement.

Pour rappel : 16 000 postes supprimés en 2010 : des postes de stagiaires selon Darcos.
AFP - Le ministre sortant de l’Education, Xavier Darcos, a annoncé à La Tribune à paraître mercredi que le budget 2010 prévoira 16.000 suppressions de postes dans l’Education, la quasi-totalité étant les postes de stagiaires supprimés par la réforme de la formation des enseignants. “J’ai proposé de ne pas renouveler 16.000 emplois en 2010, conformément à la règle de non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite”, a déclaré M. Darcos. “Il s’agit de 600 postes d’agents administratifs et de 14.000 postes d’enseignants stagiaires affectés en Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) ou équivalent pour l’enseignement privé (à hauteur de 1.400)”, a-t-il ajouté. Au total, 34.000 postes de fonctionnaires seront supprimés dans le budget 2010, avait déjà annoncé auparavant le ministre du Budget Eric Woerth. La réforme de la formation des professeurs des écoles, collèges et lycées prévoit que les futurs enseignants seront recrutés au niveau “master 2″ (bac +5) et que la formation incombe aux universités, et non plus aux IUFM. Du coup, pour la première année d’application de la réforme, à la rentrée 2010, les étudiants qui auront réussi le concours d’enseignants ne seront plus affectés en IUFM, mais directement en classe, ce qui permettra d’économiser à cette rentrée-là les 15.400 postes de fonctionnaires stagiaires cités.M. Darcos a été nommé mardi soir ministre du Travail et est remplacé à l’Education nationale par Luc Chatel. Les lettres plafond fixant les crédits et les effectifs dont disposeront les ministères doivent être dévoilées mercredi aux parlementaires, selon le ministère de l’Education. Dans La Tribune, M. Darcos a ajouté que “le nombre de postes mis au concours en 2010 sera au moins égal à celui de la session 2009, dans le premier degré comme dans le second degré”. Au ministère de l’Education, on fait remarquer que, hormis les suppressions de postes de fonctionnaires stagiaires qui sont la conséquence directe et déjà connue de la réforme de la formation des enseignants, il n’est pas prévu en 2010 d’autres suppressions de postes de professeurs. Ces suppressions ont été de 13.500 en 2009 et de 11.200 en 2008.

23 avril 2009

Enseignement supérieur : Semaine d'action mondiale

note sur le planning mondial de la "Global Week of Action" du contre-sommet de Louvain (20-29 avril), paru sur le site de Vague européenne (http://vagueeuropeenne.fr/spip.php?article134)

Luxembourg :

L’UNEL (Union Nationale des Etudiant-e-s du Luxembourg) organisent une conférence sur l’éducation au lycée avec des personnalités politiques et des experts pour analyser la situation actuelle et ses perspectives.

Allemagne :

Berlin : Assemblées générales à la « Freie Universität » (23/04) et à la « Technische Universität » (29/04)
Marburg : « global flashmob » avec les lycéens et les étudiants (22/04) ; « open forum » le soir après la flashmob (22/04) ; table d’info sur le campus (21 + 22/04) et dans le centre ville (17 + 18/04) ; lectures publiques avec des profs + bouffe (21 + 23/04)
Frankfurt/M : « global flashmob » ; « teach-in » (débats publiques et ouverts) ; « big read » ; projection vidéo de manifestations dans le monde (all on 24/04)
Heidelberg : manifestation (20/04), assemblée générale, « global flashmob » et d’autres actions !
Hamburg : Manifestation (24/04)
Leipzig : Actions à la suite du jugement par la Cour Administrative Fédérale sur l’introduction de frais d’inscription (29/04). Le procès s’appuie sur le « Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels » (Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme). Outre ces actions, aura lieu un événement sur « l’exploitation des personnels dans les universités » organisé par l’Union Libre des Travailleurs (Freie Arbeiter-Union - FAU).
Halle : événement sur « l’exploitation des personnels dans les universités » organisé par l’Union Libre des Travailleurs (Freie Arbeiter-Union - FAU) (28/04).
Münster : « Teach-in », informer le public en de nombreux lieux sur la Global Week of Action (20/04) ; camping public et projection de films (21/04) ; « global flashmob », nombreuses actions pendant l’assemblée du sénat académique, et camping public avec divers événements (22/04) ; dernier jour du camping public (23/04) ; théâtre de rue dans le centre-ville (24/04)

Belgique :

Contre-sommet de Louvain (25 au 29 avril) à l’occasion de la rencontre inter-ministérielle sur le processus de Bologne. Détails ici : louvain2009.com L’appel officiel : [català] [Deutsch] [ελληνικά] [English] [Español] [français] [italiano] [Nederlands] [Português]

Guatemala :

Lectures publiques à Jocotenango (Los Patojos Programa) sur l’importance d’une éducation libre, gratuite et émancipatrice.

Danemark :

« Reclaim your Education Danemark » préparent des bus du Danemark, du nord de l’Allemagne et des Pays-Bas pour aller au contre-sommet de Louvain. * A Copenhagen : « global flashmob » (22/04) ; occupation du bâtiment administratif de l’université.

Etats-Unis :

Les étudiants du City College of New York quitteront les cours mercredi 22 à 14h pour protester contre les coupes budgétaires et l’augmentation des frais et en commémoration de la grève étudiante de 1969. La grève de 69 a amené à l’ouverture des politiques d’admission, qui a démocratisé l’accès à l’université de New-York jusqu’alors réservé à une élite (blanche).
Le Comité pour Révolutionner l’Université (ComRAD) organise une conférence : « Reworking the University : Visions, Strategies, Demands » à l’université du Minnesota (24 - 26/04). Le programme est ici [en]. A l’occasion de la semaine d’action, ils appellent à l’écriture d’un manifeste collectif où chacun peut contribuer.
Interventions publiques à l’Université de California, Berkeley (27/04)
Interventions publiques à Houston (Texas), entre autre musique et poésie (25/04)
Sit-in à l’Université de Vermont (UVM) (si l’administration continue de refuser l’ouverture de négociations avant le 20 avril) en protestation aux coupes bugétaires, aux licenciements et à la mauvaise gestion administrative, à partir du 22 avril jusqu’à ce que l’université revienne sur ses coupes budgétaires et réintègre les licenciés de l’université et du personnel.

Canada :

Semaine de l’éducation gratuite à l’université de Toronto.
Réunion publique contre l’augmentation des frais d’inscription à l’université d’Ottawa (24/04).

Japon :

Des activistes de Tôkyô tiendront une réunion publique durant la Global Week of Action. à l’université de Waseda (25 avril, 17:00)

Pologne :

« global flashmob » à Gdansk
A groupe de l’université de Wroclaw University organisera une « info-tente » sur le campus, ainsi que des réunions et des pétitions.

Indonésie :

Actions des étudiants dans les rues de Surabay. La campagne pour les prochaines élections bât son plein, ils demandent au prochain gouvernement de stopper la privatisation de leur système éducatif, rejettent la nouvelle loi de l’éducation, militent pour l’annulation de la dette et pour une éducation libre et gratuite.

Croatie :

Plusieurs groupes à Zaghreb occuperont les bâtiments d’une université, ils attendent 5 000 étudiants. Ils offriront un programme alternatif, informeront sur la Global Week of Action et supporteront une perspective de lutte globale contre la marchandisation de l’éducation. (20 - 26/04 or longer)

(Ce serait bien si les personnes mobilisées à travers le monde pouvait leur envoyer des appels ou des lettres de soutien durant leur occupation !)

France :

« Global flashmob » à Lyon : voir ici.

Finlande :

Plusieurs groupes ont appelé à des manifestations et à des réunions publiques durant la semaine, sur le campus de l’université de Jyväskylä. Il y aura des performances, des discours, et les étudiants et le personnel seront informés des protestations et et politiques de l’éducation dans le monde.

Liberia :

Des étudiants et des jeunes, avec des ONG, préparent un forum publique avec des ateliers et des discussions sur les problèmes politiques à Monrovia.

Nigeria :

Kids & Teens Resource Centre (K&TRC) organise deux réunions publiques dans deux états différents, qui termineront toutes devant les bureaux du gouvernement.

Voir en ligne : Emancipating education for all [en]
Contact :
united.for.education@gmail.com
contact@vagueeuropeenne.fr

04 avril 2009

Appel de Strasbourg (II) : La démocratie est en danger

Nous, enseignants, enseignants-chercheurs et chercheurs, personnels administratifs et techniques de l’Université de Strasbourg, étudiants et jeunes chercheurs, nous nous adressons à l’opinion publique, à notre représentation nationale, aux partis politiques, aux organisations syndicales, aux instances européennes et à l’ensemble des médias pour qu’ils entendent, soutiennent et relayent notre appel.


Trois mois après la publication de l’Appel de Strasbourg (http://appeldestrasbourg.unistra.fr), après huit semaines de grève et de multiples manifestations, nous observons que la mobilisation la plus importante, la plus unanime et la plus longue de ces quarante dernières années continue d’être ignorée par le gouvernement et demeure encore mal connue par l’opinion publique. Aussi nous tenons à afficher notre soutien aux médias et aux journalistes qui ont le courage de dénoncer les nombreuses violences policières dont notre mouvement est la victime ainsi que les mensonges du gouvernement qui conduisent aujourd’hui à une grave désinformation. Celle-ci tend à travestir la force de notre mobilisation, la clarté de nos revendications et la teneur réelle des réformes imposées. Malgré les affirmations péremptoires de Valérie Pécresse et Xavier Darcos, toute la population de notre pays doit savoir qu’à ce jour aucun dossier n’est réglé, malgré quelques concessions à la marge :

- la logique du décret réécrit sur le statut des enseignants-chercheurs reste celle du texte initial ( ce qui a été admis par Claude Guéant lui-même)
- M. Darcos essaye d’échanger un moratoire sur le contenu des concours contre une application immédiate de la réforme de la formation des enseignants
- aucune avancée n’a été obtenue dans le dossier du démantèlement des organismes publics de recherche, ni dans les autres dossiers portés par notre mouvement (contrat doctoral unique, individualisation de carrières des personnels administratifs et techniques, externalisation des tâches…)
- les gels de suppressions de postes pour 2010 et 2011 ne sont que des promesses qui n’impliquent ni retour sur les suppressions de 2009, ni réponse à notre demande d’un plan de création d’emplois statutaires scientifiques.

Le combat que les médias ont à mener et que certains d’entre eux ont entrepris est le même que le nôtre : la défense de liberté d’expression et de la libre circulation des idées contre un gouvernement qui pratique l’artifice, la manipulation et l’intimidation. Nous l’affirmons avec gravité : la démocratie est en danger. Usant de tous les moyens de pression et de répression à sa disposition, notre gouvernement se sert du dossier universitaire comme d’un laboratoire préparant l’extension d’une politique régressive dans tout le service public d’éducation, et au-delà, dans l’ensemble de la fonction publique et dans les associations qui assurent des missions d’intérêt public.

Aussi nous prenons à témoin toute la population de notre pays de ce que notre gouvernement ne sait répondre que par un grave déni de démocratie, par une irresponsable obstination à faire passer de mauvaises réformes quel qu’en soit le prix, et par un refus incompréhensible d’entendre notre colère légitime et notre force de proposition.



Avec tous ceux qui nous soutiennent depuis des mois dans notre combat, avec les parents d’élèves, les élèves et les étudiants, avec toute la communauté d’enseignement et de recherche, de la maternelle à l’Université, qui s’est mobilisée massivement le 19 mars et encore le 2 avril, nous demandons solennellement à notre représentation nationale et à tous nos élus de relayer enfin, dans toutes les instances et assemblées, notre double demande d’un retrait sans délais de toutes les réformes contestées et de l’ouverture du grand débat national que le monde de l’Enseignement et de la Recherche est en droit d’attendre. Nous formulons également une demande pressante aux organisations syndicales, et en particulier à leurs directions respectives, afin qu’elles s’abstiennent de brader nos revendications dans une mascarade de négociations qui aggravent l’illisibilité et l’inapplicabilité de réformes mal conçues dans la plus grande précipitation. Nous les appelons à soutenir explicitement les motions de la Coordination Nationale des Universités qui exigent depuis deux mois le retrait pur et simple des réformes incriminées.

Nous interpellons enfin la Commission Européenne ainsi que les parlementaires européens afin qu’ils se mettent à l’écoute des aspirations et des demandes de tous ces enseignants, chercheurs et étudiants européens qui n’acceptent plus aujourd’hui, ni le sacrifice des Humanités et des Sciences Humaines et Sociales sur l’autel de l’ « Economie de la connaissance », ni la dépendance accrue de la recherche scientifique aux seules lois de la rentabilité, du marché et de l’industrie. Nous nous adressons à tous les partis politiques et tous les candidats aux élections européennes pour qu’ils se saisissent des questions de l’enseignement et de la recherche et prennent clairement position sur les réformes en cours, sur la nocivité de la loi LRU et de ses conséquences en chaîne, et sur l’entreprise de destruction massive du service public engagée par le gouvernement français.

Le collectif des Appels de Strasbourg

Cet appel est proposé aux signatures collectives (coordinations, associations, collectifs, sociétés savantes, etc…). Un troisième Appel de Strasbourg est en cours de rédaction et paraîtra la semaine du 6 avril.
Contact pour envoi des signatures collectives : appel@alinda.u-strasbg.fr

13 janvier 2009

APPEL DE STRASBOURG

A la suite de l’Assemblée Générale du 10 décembre 2008 un collectif composé d’une
vingtaine de personnes appartenant à la communauté scientifique du pôle universitaire
de Strasbourg(chercheurs, enseignantschercheurs,ingénieurs, techniciens et administratifs de l’universités, du CNRS et de l’INSERM) a rédigé un Appel à défendre les valeurs de l’Université et de la Recherche. Cette initiative transcende les disciplines comme les appartenances syndicales ou politiques. Elle vise à rassembler le plus
largement possible. L’Appel de Strasbourg sera très bientôt le support d’une pétition nationale à
destination de l’ensemble des chercheurs, enseignants-chercheurs, personnels et étudiants des
universités françaises et de tous les organismes de recherche car les rédacteurs de l'Appel estiment que seule une très large mobilisation permettra de faire enfin entendre aussi bien nos refus que notre force de proposition.
Il est important que tous se reconnaissent dans cet Appel, le signent et le diffusent largement.
Le collectif de l'Appel de Strasbourg

Assemblée Générale de tous les personnels de l’UdS le mardi 20 janvier à 10h (lieu précisé
ultérieurement)

Appel de Strasbourg
Pour une réforme concertée de l’Université, de l’Enseignement et de la Recherche

Au moment où les trois universités de Strasbourg, de leur propre initiative, se rassemblent
pour former le plus grand établissement universitaire de France, nous, chercheurs, enseignantschercheurs
et personnels de la nouvelle Université de Strasbourg et des organismes de recherche,
lançons un appel solennel au gouvernement et aux ministères dont nous dépendons pour qu’ils
mettent fin à leur entreprise aveugle de destruction de l’enseignement supérieur et de la
recherche.
Scientifiques, nous ne sommes en aucun cas hostiles à une réforme concertée. Au lieu de cela
notre gouvernement prend prétexte d’une prétendue urgence pour faire l’économie de la réflexion et
du débat. Il persiste à nier notre expertise et nos propositions - celles faites, par exemple, lors des Etats
généraux de la recherche en 2004 ont été largement ignorées. Il ne respecte pas la collégialité des
décisions en usage dans notre communauté depuis fort longtemps. Nous tenons à rappeler que le
développement des connaissances et la transmission des savoirs sont les missions fondamentales de
l’Université : elles ne sauraient être soumises à des considérations uniquement utilitaires, ni être mises
en cause au nom de l’harmonisation européenne et d'un modèle entrepreneurial inadapté aux
exigences universitaires
La réforme LMD (Licence-Master-Doctorat) a conduit à une refonte complète des cursus dont
le bilan n’a pas été tiré. La loi relative aux libertés et responsabilités des universités (LRU) instaure
une présidentialisation excessive du pouvoir dans les universités. Des organismes de recherche comme
le CNRS ou l’INSERM sont démantelés. Les IUT - dont personne ne contestait l’efficacité - sont
menacés. Certaines bourses attribuées au mérite sont supprimées sans aucune explication. Les
nouveaux contrats doctoraux ne masquent pas la misère des moyens.
Et voici que le ministère de l’Enseignement supérieur rend public un projet de décret qui
modifie d’une manière fondamentale le statut des enseignants-chercheurs en privant ceux-ci de leur
indépendance intellectuelle. Voici que les ministres de l’Education nationale et de l’Enseignement
supérieur exigent un bouleversement de la formation et du recrutement des enseignants du secondaire
dans un texte bâclé, confus et autoritaire, instituant des masters « métiers de l’enseignement » dans des
délais irréalistes et dans des conditions qui affaibliront sensiblement la qualité de la formation des
futurs professeurs, tout en rendant celle-ci plus longue et plus coûteuse pour les étudiants : l’année de
stage rémunérée est supprimée. Voici enfin que les valeurs républicaines et laïques sont remises en
cause par la reconnaissance internationale, à l’initiative de notre ministère des Affaires étrangères, des
diplômes délivrés par les instituts catholiques.
Les moyens promis ne suivent pas et les réductions de postes se confirment. L’objectif
commun à toutes ces réformes menées dans la précipitation et sans concertation est de permettre des
économies à court terme, sans souci du capital ainsi bradé. Elles conduisent aussi à une réduction du
temps consacré à la recherche. Cette réalité est aggravée par une avalanche de procédures d’évaluation
dont les excès, largement dénoncés, mobilisent des moyens considérables et nous détournent de nos
missions fondamentales : la recherche et l’enseignement.
Il est grand temps que le gouvernement nous entende : nous lui demandons instamment de
suspendre sans délai l’ensemble de ces réformes pour ouvrir enfin un grand débat national sur
l’Enseignement et la Recherche dont les principaux acteurs ne soient pas exclus, y compris les
jeunes chercheurs et les étudiants dont l’inquiétude est aujourd’hui aussi profonde que la nôtre. Nous
lançons un APPEL à toutes les universités françaises et à toutes les institutions de recherche afin
qu’elles unissent leurs voix pour une coordination nationale des actions à même de défendre les
valeurs républicaines de liberté et de laïcité du monde de l’éducation, de la science et de la recherche.

Pétition nationale en ligne à partir du mercredi 14 janvier : http://appeldestrasbourg.unistra.fr

Premiers signataires de l’Université de Strasbourg :
ANCORI Bernard (Professeur, Directeur de l'IRIST, ancien Vice-président de l'ULP) ;
BOURGUINAT Nicolas (Maître de Conférences IUF, Sciences historiques) ; BUGEAUD Yann,
(Professeur IUF, Mathématiques, UMR 7501) ; DEBARRE Olivier (Professeur IUF, Mathématiques,
ULP, puis Paris VII depuis septembre 2008) ; DUBOIS Vincent, Professeur IUF, Sociologie et science
politique, UMR 7012) ; HARTMANN Pierre (Professeur, Littérature française, directeur de l'Ecole
doctorale des Humanités) ; HURSTEL Françoise (Professeur Emérite de Psychologie clinique) ; LE
BRETON David (Professeur IUF, Sociologie, UMR 7043) ; MONSONEGO Georges (Physicien,
ancien Professeur de l’ULP) ; PELLAT Jean-Christophe (Professeur, Linguistique française, ancien
Doyen de l’UFR des Lettres) ; PETIT Pierre (Directeur de Recherche, Physicien, CNRS/ICS, UPR
22) ; PFEFFERKORN Roland (Professeur, Sociologie, Directeur d'Institut, UMR 7043) ;
SCHNEDECKER Catherine (Professeur IUF, Linguistique française, Responsable de l’EA1339) ;
UTARD Jean-Michel (Professeur, Sciences de l'Information et de la communication, UMR 7012).

29 octobre 2008

Marx fait sa révolution

Comme il est plaisant et instructif de voir William Marx, délégué scientifique auprès de l'AERES, prendre la "tête" de la contestation en route. Après avoir renoncé au classement des revues, il pourfend la "masterisation" dans un article du Monde du 30 octobre. Prise de position opportune... La réforme a du plomb dans l'aile. Vive Marx!

Point de vue
La mort des humanités, par William Marx
LE MONDE | 29.10.08 | 13h10


La révolte gronde dans les universités. Les uns après les autres, leurs conseils d'administration votent à l'unanimité des motions de protestation. Lyon-III, Paris-III, Paris-IV, Bordeaux-III, Caen : la liste s'allonge jour après jour. Ce que ni la loi sur l'autonomie ni la réforme du CNRS n'ont réussi à faire, la réforme des concours de recrutement du secondaire l'a finalement obtenu : une résistance généralisée aux diktats du ministère.

Le problème est d'abord celui du calendrier. Depuis plus d'un an, les universités croulent sous les réformes successives à absorber : autonomie, élections internes, plan licence, statuts des personnels, etc. Elles ne cessent de tout défaire et de tout refaire, mois après mois, pour complaire au ministère. Jamais elles n'ont subi autant de dirigisme technocratique que depuis qu'on a voté leur autonomie de façade.

Or, voici que le ministère leur demande, sur un coup de tête, de refaire en urgence la plupart de leurs diplômes de master, à une période où les universitaires sont débordés par les tâches de toute sorte et ne trouvent plus le temps de faire de la recherche, qui relève pourtant de leurs missions fondamentales. Ils en ont assez de marcher comme de petits soldats. Trop, c'est trop. Voilà une première raison du niet.

Certes, tout le monde se félicite que les enseignants du premier et du second degré soient désormais recrutés non plus au niveau de la licence, mais à celui du master. Ils seront, dit-on, mieux payés. Mais seront-ils mieux formés ? Ils le seraient s'ils bénéficiaient effectivement des deux années supplémentaires de formation par la recherche prévues pour un master.

Or tel n'est pas le cas. Le ministère se contente d'exiger des universités qu'elles valident comme master une formation bâtarde, correspondant peu ou prou à ce qui existe déjà, à savoir une année de préparation au concours du capes, suivie de l'année de formation en IUFM. Cela portera le nom de master, mais n'en sera plus un.

Ce sont surtout les disciplines universitaires les plus liées à l'enseignement secondaire qui se sentent menacées : lettres, philosophie, histoire, langues vivantes, etc. Actuellement, un étudiant qui souhaite présenter le capes dans ces disciplines fait souvent le choix de préparer un véritable master, sanctionné par un mémoire de recherche, avant de se présenter au concours. Les actuels professeurs certifiés sont donc pour beaucoup déjà titulaires d'un master, qui garantit la qualité de leur formation.

Dans le nouveau projet, ce ne sera plus possible : la plupart des étudiants choisiront les nouveaux masters d'enseignement, qui les prépareront aux concours, plutôt que les masters de recherche. Résultat : loin d'être mieux formés qu'aujourd'hui, ils le seront plutôt moins bien, puisqu'ils n'auront plus derrière eux cette expérience d'initiation sérieuse à la recherche qui fait tout le prix des masters actuels.

Mais là n'est pas le plus grave. Si toutes les universités se mobilisent, c'est que se profile la fin programmée de la recherche française dans les humanités. Face à la concurrence déloyale des masters d'enseignement, en effet, les masters de recherche n'auront plus qu'à disparaître et, avec eux, tous les séminaires qui les accompagnaient. Il ne sera plus possible de recruter les doctorants parmi ceux qui auront présenté les meilleurs mémoires. Tout le monde fera de la formation pédagogique à l'envi pour mieux préparer aux concours, qui se concentrent sur la simple connaissance du système éducatif, et tout ce à quoi aura abouti la"mastérisation" des enseignants du secondaire, c'est de secondariser les universités. Dans le meilleur des cas, elles seront devenues de gros IUFM.

Le ministère de l'éducation nationale l'aura alors définitivement emporté sur celui de l'enseignement supérieur et de la recherche : triste vision de la science et du savoir... Si quelqu'un, au ministère, avait juré la mort de la recherche dans les humanités, il n'aurait pas fait mieux. Faut-il s'en étonner, quand on a entendu dernièrement un conseiller du premier ministre proclamer que la mission principale des sciences humaines consiste à former de bons VRP pour l'économie française ?

William Marx est professeur à l'université d'Orléans, membre de l'Institut universitaire de France.

Article paru dans l'édition du 30.10.08

25 octobre 2008

Masterisation des concours

Enfin une analyse sérieuse et argumentée de la masterisation des concours de recrutement!
Elle est d'Alexis Grélois pour SLU. C'est ici : http://www.fabula.org/actualites/article26423.php
A lire d'urgence. Par cette réforme, c'est toute la politique de recherche qui est impliquée.
Je n'ajouterai à l'analyse de Grélois que deux remarques, qui sont liées :
1. L'année de master 2 (à la charge des étudiants) se substituant à l'actuelle année de stage en situation (rémunérée), l'Etat fait l'économie de la rémunération annuelle de 15500 stagiaires ( soit une somme qui avoisine le demi milliard d'euros).
2. A ce jour, on ne sait toujours pas (sauf erreur de ma part) si les reçus aux concours de cette année bénéficieront de l'ancienne année de stage -ce qui serait logique dans la mesure où ils passent les épreuves de l'"ancien" concours- ou s'ils devront faire l'an prochain le "nouveau" master 2. Ainsi le directeur de l'IUFM de Strasbourg a envoyé à tous les étudiants qui préparent le Capes, un courrier qui indique que les admis au concours seront inscrits
l'année suivante dans le futur M2. Or dans ce même IUFM certains collègues travaillent dans l'optique de l'ancien stage. Hallucinant! Je crains qu'il faille parier, si cette réforme se met en place, pour la logique économique : tout le monde en M2!
Merci de faire remonter les informations provenant de vos IUFM et universités respectifs.
PS : Bonne chance à Chloé!

16 juin 2008

Précarité de l'enseignement



"Le Rectorat de Créteil, jamais en retard dans l'innovation pour développer la précarité et mettre en place les mesures les plus rétrogrades, organise dès maintenant le recrutement d'étudiants pour devenir vacataire en collège ou en lycée à la rentrée prochaine..."


(Information reçue par IB)

12 juin 2008

Financement des universités

A lire cet article de Libé portant sur un rapport du Sénat qui fait froid dans le dos :

"Un rapport préconise de financer les universités «sur des critères de performance»
Pour mesurer la performance, «le taux d’insertion professionnelle» et «le niveau de salaire» seraient pris en compte. Le ministère de l’Enseignement supérieur qualifie ce rapport du Sénat de «contribution importante».
AFP
LIBERATION.FR : mercredi 11 juin 2008
Encore un rapport qui va faire du bruit. Celui-ci, publié par le Sénat, préconise un système de répartition des moyens budgétaires de l’Etat aux universités s’appuyant «sur des critères de performance», notamment sur l’insertion professionnelle des étudiants. Interrogé, le ministère de l’Enseignement supérieur affirme que ce rapport est «une contribution importante» à la réflexion sur les universités.
Ce travail, mené par six sénateurs, dont les rapporteurs sont Philippe Adnot (NI, Aube) et Jean-Léonce Dupont (UC-UDF, Calvados), porte sur «la réforme de l’allocation des moyens par l’Etat aux universités», une réforme à laquelle l’Etat réfléchit en parallèle à la mise en oeuvre de la loi sur l’autonomie des universités.

Le groupe de travail du Sénat «soutient, sur la base des travaux engagés par le ministère (de l’Enseignement supérieur, ndlr), la mise en place d’un système de répartition couvrant les activités de formation et de recherche des établissements d’une part, en s’appuyant sur des critères de performance d’autre part», écrit-il.

L’actuel dispositif, dit «système San Rémo», en place depuis 1991-1992, est critiqué par de nombreux acteurs pour son caractère illisible, opaque et complexe. Dans ce système, la recherche faisait l’objet d’un financement à part. Le système préconisé par les sénateurs est dénommé «SYMPA: système de répartition des moyens à la performance et à l’activité». L’objectif est double, selon les sénateurs: «restaurer une plus grande équité entre les universités» et inciter «ces dernières à davantage d’efficience dans l’utilisation de leurs moyens».

Les sénateurs préconisent aussi «des marges de manoeuvres financières supplémentaires» pour pouvoir mettre en place ce nouveau modèle d’allocation. L’allocation globale dont bénéficient les universités dans le cadre de leur autonomie est de 8,5 milliards d’euros, rappellent-ils.

Parmi les critères à prendre en compte dans le nouveau modèle: «le taux d’insertion professionnelle à six mois et à trois ans» (en considérant aussi la poursuite d’études). «Le niveau de salaire ou le statut de cadre peuvent constituer des indicateurs pertinents», ajoutent-ils. Ce dernier point défavoriserait plus particulièrement les universités de Sciences humaines. Les auteurs suggèrent que ce critère soit mis en place en 2010 «pour des simulations» et en 2012 pour «une mise en oeuvre effective».

Une petite partie des crédits (1 à 2%) pourrait par ailleurs faire l’objet d’une «négociation» entre le ministère et l’université. Dans ce cadre, les rapporteurs plaident pour que soit reconnue l’amélioration de la gestion de l’université.


http://www.liberation.fr/actualite/societe/331398.FR.php
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09 mai 2008

"Révolution réac" dans l'éducation

Un dossier dans le Monde de l'éducation de mai : "40 ans après 68, la révolution réac" - bon pour nos travaux Débat et démocratie, et bon pour la santé, généralement.

Dans le même numéro, l'extension du domaine de la "colère" du lycée au primaire, et un dossier sur la fabrique, mondialisée, des élites.

25 avril 2008

Enseignement supérieur et recherche - état des mobilisations / avril 2008

Une pétition est lancée par Sauvons l'université pour le maintien d'un concours de recrutement national - contexte donné par SLU : "la remise en question des concours nationaux de recrutement est en route. Généraliser les masters pédagogiques pour la "préparation aux métiers de l’enseignement" préfigure le remplacement du CAPES (concours national, anonyme, sur programme disciplinaire, permettant d’acquérir statut de fonctionnaire) par une simple certification sans recrutement automatique. Précarisation programmée d’une partie des emplois dans l’enseignement." Lien direct vers la page de la pétition (texte et formulaire pour signature).

Le secondaire est naturellement touché aussi, les lycéens sont "dans la rue" depuis un moment. SLU propose un "dossier sur le secondaire", consultable depuis la page d'accueil du site.

L'Appel SLR "Pas de CNRS sans Sciences humaines et sociales" est actif depuis le 15 avril.

La pétition SLR "Appel pour une autre réforme du service public d'enseignement supérieur et de recherche", lancée en décembre 2007, est également toujours ouverte.

Une "pétition adressée à l’AERES pour la défense du français comme langue scientifique" existe depuis février 2007 (texte lisible depuis la page d'accueil de SLU).

SLU annonce également :
" Quatre dates proposées par de nombreuses associations et organisations de personnels de l’Éducation et de la Recherche, de parents d’élèves, de lycéens, d’étudiants :

  • Mardi 13 mai : l’Academic Pride, défilé par disciplines à l’initiative de SLR.
  • Jeudi 15 mai : journée nationale d’actions diversifiées à l’appel de l’Intersyndicale et des associations.
  • Dimanche 18 mai : manifestation nationale Éducation à Paris à l’initiative de la FSU.
  • Samedi 24 mai : grande journée intersyndicale et interassociations de mobilisation, de rencontres avec la population et de manifestations dans tous les départements. "

Autre texte enfin, SLU+SLR, daté de février 2008 : "Neuf engagements pour une Université démocratique, indépendante et collégiale" (lisible depuis la page d'accueil de SLU).

04 février 2008

Politique du savoir, suite

Le Rapport Attali, produit des travaux de la Commission pour la libération de la croissance française, publié en version papier sous le titre 300 décisions pour changer la France (La Documentation française, XO éditions, 2008 donc - 330 p.), est également téléchargeable sur le site de la Commission - accompagné d'un mot de son Président et autres documents environnants.
On peut noter pour commencer les deux premières des "20 décisions fondamentales" (pp. 250-252) :

Ambition 1. Préparer la jeunesse à l'économie du savoir et de la prise de risque.
Décision fondamentale 1. Se donner les moyens pour que tout élève maîtrise avant la fin de la sixième le français, la lecture, l'écriture, le calcul, l'anglais, le travail de groupe et l'informatique.
Décision fondamentale 2. Constituer 10 grands pôles d'enseignement supérieur et de recherche autour de 10 campus, réels et virtuels, fixant les conditions d'excellence de l'ensemble du système de formation supérieur et de recherche.

Pour lire le Livre vert sur l'évolution du métier d'enseignant, ou Rapport de la commission Pochard (daté de janvier 2008), rendu aujourd'hui à Xavier Darcos, voir le document téléchargeable (271 p.) sur le site du Ministère de l'Education.
On peut également lire le discours du Ministre, prononcé aujourd'hui 4 février 2008.