Dans le sillage de coupes budgétaires importantes tant au niveau national qu'au niveau départemental, le département des langues étrangères de l'université de Glasgow est menacé de disparition.
Pétition: http://www.ipetitions.com/petition/glasgowmodernlanguages/
16 février 2011
Les Langues dans la nouvelle université britannique
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Libellés : politique de la recherche, politique des langues, université
05 octobre 2010
Séminaire Diversité des langues : programme 2010-2011
Séminaire Diversité des langues et poétique de l'histoire
Le Texte étranger (de l'EA 1569, Université Paris 8 - resp. C. Joubert)
UMI Transitions (CNRS/NYU - resp. E. Baneth-Nouailhetas)
et Polart - poétique et politique de l'art
Programme 2009-2011 : "Le 'postcolonial' comparé : anglophonie, francophonie"
- vendredi 22 octobre 2010, 9h30-12h30 - Université Paris 8, salle D 301.
9h30 - table ronde "Etat des travaux" au seuil de la deuxième année du programme : avec Yves Abrioux, Jaine Chemmachery, Dominique Combe (sous réserve), Alice Goheneix, Sarah Heft (sous réserve), Christine Lorre (sous réserve), Natalia Palamarchuk ; puis discussion générale.
11h15 - Emilienne Baneth-Nouailhetas : "Décentrer l'anglophone".
11h45 - Claire Joubert : "Modèle Inde, modèle Caraïbes".
- samedi 30 avril 2011, 10h-18h - Université Paris 8, salle D 143.
Journée d'étude "Les Caraïbes : lieu critique du 'postcolonial'".
Comparaison des héritages coloniaux anglophone, francophone, hispanophone, néeerlandophone. Programme précisé ultérieurement.
- septembre/octobre 2011 - Université Paris 8.
Journée d'étude "Perspectives transnationales : les empires et les
disciplines, suite".
Elargissement de la comparaison à d'autres systèmes coloniaux/impériaux, et à d'autres systèmes universitaires nationaux. Programme précisé ultérieurement.
L'ensemble des séances est ouvert à tous chercheurs et étudiants.
Contact : Claire Joubert.
Emilienne BANETH-NOUAILHETAS
Professor, English Literature
Senior Researcher, CNRS, France
Director, UMI 3199, CNRS-New York University
(Center for International Research in the Humanities and Social sciences)
Claire Joubert
Professeur de Littérature anglaise
Département d'Etudes Littéraires Anglaises
Université Paris 8
http://www.univ-paris8.fr/dela/
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Libellés : discipline, langues, politique des langues, postcolonial, Séminaire Diversité des langues
25 août 2010
J.-L. Chiss, James Archibald : Langue et Immigration
Jean-Louis Chiss (Paris III / Polart), James Archibald (Université McGill) dir., LA LANGUE ET L’INTEGRATION DES IMMIGRANTS. Sociolinguistique, politiques
linguistiques, didactiques, Paris, L'Harmattan, 2009.
L'enseignement/apprentissage du français destiné aux adultes et aux jeunes, nouveaux arrivants ou « issus de l'immigration », suppose un examen de leur situation sociolinguistique et des aspects sociaux, politiques et éducatifs du contexte d'insertion. La complexité des pratiques langagières, en particulier les aspects liés au bilinguisme ou plurilinguisme et aux variations internes à la langue française, le poids des représentations des langues en présence (langues maternelles et langue d'accueil), les conflits à l'oeuvre dans les situations de « contact » de langues et de cultures, le rôle de la scolarisation en français sont autant de questions abordées ici frontalement. Cet ouvrage a été conçu à partir du colloque international « La langue et l'intégration des immigrants » qui s'est tenu à l'université Paris 3 Sorbonne Nouvelle et à l'Université Mc Gill de Montréal en novembre et décembre 2005.
James ARCHIBALD est directeur de l'Unité de formation en traduction à l'Université McGill et chercheur associé au Centre de recherche des Écoles de Coëtquidan St-Cyr.
Jean-Louis CHISS est professeur en sciences du langage et didactique du français à l'Université Paris 3 - Sorbonne Nouvelle. Il dirige l'équipe de recherches DILTEC (Didactique des langues, des textes et des cultures).
J. Archibald et J.L. Chiss : Introduction. Langue(s) et immigration(s)
J- Archibald: Mise en situation. La langue citoyenne. Droits et obligations linguistiques des migrants en France et au Canada
Première partie. Sociolinguistique
M. J. Berchoud : « Migrant », « immigrant » : questionnement sur nos mots
A. S. Calinon : Les cours de francisation : accès, résultats, réinvestissement
H. Adami : Le niveau de scolarisation des migrants : un facteur déterminant dans le processus d'intégration
J.P. Jeantheau : Situation linguistique en France et maîtrise du français
F.Mourlhon-Dallies et M. de Ferrari : La maîtrise du français: un facteur d'intégration en entreprise pour les migrants ?
M. Moldoveanu : De la dynamique entre l'offre de formation et les attentes des immigrants adultes en cours de francisation au Québec
A. Maravelaki et G.Painchaud : Compétences langagières, perceptions du marché du travail et
aspirations professionnelles des jeunes issus de l'immigration
A. Ousset-Krief : Entre rejet et intégration : le cas de l'immigration juive d'Europe orientale aux Etats-Unis, 1880-1910
K. Sefta : De la discrimination à l'intégration. Les Villon de banlieue
Deuxième partie. Politiques linguistiques
C. Candide: L'apprentissage du français : un enjeu pour l'accès aux droits
E. Lemaire : L'intégration des mineurs étrangers isolés en France : un défi
M. Kara : Les jeunes Franco Maghrébins et les risques d'une conception agonistique des contacts de langues
L. Le Ferrec : Le dispositif national d'apprentissage de la langue par les migrants : quelle place pour l'écrit ?
J.F. Thuot : La langue française et l'exercice d'une profession au Québec : un enjeu de protection du public
N. Dankova : De la peur de l'étranger - à l'intégration des immigrants diplômés au Canada
Troisième partie. Didactique
A. Vicher : Le français langue seconde dans l'enseignement apprentissage de la langue et de la culture du pays d'accueil aux migrants
S. Galligani : Apprendre le français comme condition d'intégration de l'étranger en France
M. Jacquet-Galiacy : Les situations d'enseignement/apprentissage du français langue seconde
et les freins aux manifestations des compétences civique et culturelle chez les adultes immigrants
N. Auger : « Va te faire intégrer ». Des freins à l'intégration : pratiques interactionnelles et
représentations dans le milieu scolaire
C. Peigné : Le parcours d'adolescents nouvellement arrivés dans la scolarisation française : l'accueil de l'Autre à l'école
A. Alba Papakonstantinou : Les pratiques pédagogiques des enseignants grecs et la gestion de l’intégration des élèves étrangers
R.Naqvi : Créer des liens en littératies multiples : nu moyen d’accélérer l’intégration des enfants immigrés
J.L. Chiss : Conclusion. La problématique de l’immigration dans le contexte linguistique, éducatif et culturel français.
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l'abbé
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Libellés : bilinguisme, canada, culture(s), école, francophonie, immigration, intégration, langue française, multilinguisme, politique des langues, québec
06 août 2009
Politique des langues, politique de l'enseignement
On commence à entendre évoquer de la suppression des deux langues vivantes dans le système d'enseignement secondaire français :
Interview de M. Descoings au mensuel Le Capital de juillet 2009 :
« On met en cause les classes surchargées, à juste titre pour l´anglais et l´espagnol. Mais je pense qu´il faut aussi amender l´obligation d´étudier deux langues. Il faut savoir qu´elle s´explique essentiellement par la francophonie : c´est une contrepartie donnée aux autres pays pour qu´ils continuent, eux, à enseigner le français. Préserver le rayonnement de notre langue, c´est bien, mais en attendant, trop d´élèves arrivent au bac en parlant à peine l´anglais et quasiment pas l´espagnol, tout en rencontrant encore des difficultés en français. Gardons la possibilité d´étudier une seconde langue vivante pour ceux qui y parviennent, mais je propose que l´on puisse consacrer ces heures de cours au renforcement du français et de l´anglais, sur la base du volontariat. Lorsque nous avons évoqué cette idée dans les tables rondes, certains professeurs sortaient les banderoles, mais les parents et les élèves réagissaient en général très favorablement. »
Visite du président de la République au lycée Galilée de Genevilliers le 10/06/09, et Le Monde daté du jour suivant :
"Troisième débat, les langues vivantes. L'objectif en Europe est d'apprendre deux langues étrangères. "Si certains de vos camarades ont du mal en français, est-ce que c'est raisonnable de leur donner deux langues, alors qu'ils ne possèdent pas la leur ?, s'interroge M. Sarkozy. Est-ce qu'on n'a pas intérêt à les concentrer sur une langue, l'anglais par exemple, et mettre les heures de la seconde langue en renforcement de français ?""
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Libellés : enseignement, politique des langues
18 décembre 2008
Politique des langues - aperçu de la situation irakienne
Info transmise sur la liste de diffusion de la SAES (Société des Anglicistes) :
Mathieu Guidère, Irak in Translation ou De l’art de perdre une guerre sans connaître la langue de son adversaire
Editions Jacob-Duvernet, 2008.
Dans toute guerre, il existe une erreur originelle. L’erreur américaine en Irak a été de croire que l’on pouvait démocratiser un pays sans même connaître sa langue, que la technologie pouvait remplacer l’humain, que la manipulation pouvait se substituer à la persuasion, bref que l’on
pouvait gagner les cœurs et les esprits en ignorant la culture d’autrui.
De cette erreur originelle découlent bien des horreurs qui ont défrayé la chronique. Car toute guerre engendre ses « Bons » et ses « Méchants » mais aussi ses « Traîtres » et ses « Collabos ». Celle d’Irak ne déroge pas à la règle, mais elle se distingue par la mise en avant d’un nouveau
genre de traîtres : les interprètes et les traducteurs, pourtant censés aider les Américains à pacifier le pays. Or, il n’en est rien.
Ce livre propose un voyage au cœur du chaos irakien en suivant la trace de ceux-là mêmes qui le connaissent le mieux : ces auxiliaires, traducteurs et interprètes, qui ont travaillé ou qui travaillent toujours pour les Américains, mais qui sont perçus et traités comme des « traîtres » et des « collabos » par leurs compatriotes.
Ceux que les Américains appellent des « linguistes » ont payé le plus lourd tribut dans cette guerre qui n’en finit pas de faire des victimes. Mais ces intermédiaires culturels indispensables à la pacification du pays ont été accusés de trahison et de félonie des deux côtés, de la part des Américains comme de la part des Irakiens.
Qui sont ces auxiliaires de l’armée américaine ? D’où viennent-ils et que font-ils ? Comment sont-ils recrutés et que deviennent-ils par la suite ? Enquête sur un véritable scandale à l’heure où les États-Unis élisent un nouveau président.
L’auteur explore les raisons profondes de l’échec américain en Irak. Il explique, à partir d’une enquête détaillée et inédite, pourquoi les forces de la coalition n’ont jamais atteint leur objectif premier dans cette guerre, gagner les cœurs et les esprits contre l’extrémisme et la barbarie.
L’auteur : Mathieu Guidère est professeur à l’Université de Genève et ancien
directeur de recherches à l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr. Il
est l’auteur de plusieurs ouvrages dont : Introduction à la
traductologie (De Boeck, 2008), Le Manuel de recrutement d’Al-Qaïda
(Éditions du Seuil, 2006) et Al-Qaïda à la conquête du Maghreb (Éditions
du Rocher, 2007).
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Libellés : politique des langues, traduction
08 octobre 2008
L'Europe avec ses langues : multi, pluri, inter, etc.
Je me permets de recommander la lecture du Rapport Maalouf, rendu récemment à la Commission européenne, sous le titre Un Défi salutaire. Comment la multiplicité des langues pourrait consolider l'Europe.
Commandé dans le contexte de 2008 Année européenne du dialogue interculturel (brr...), et beaucoup évoqué au cours des débats des Etats Généraux du multilinguisme à la fin septembre, il permet d'identifier l'un des discours actuels qui peut être tenu et entendu à propos des langues dans la dynamique de la construction européenne. Ses nouveautés.
Depuis que l'Europe s'est (re)découverte et se donne à se (ré)inventer comme "société de la connaissance" la plus compétitive au monde à l'horizon de 2010 ("stratégie de Lisbonne"), un nouvel intérêt tend l'attention (éventuellement avec un oeil mauvais) des discours et débats et travaux en commissions du côté de la culture.
Le texte remis sous la présidence d'Amin Maalouf pose explicitement des jalons qui sont une position sur le rapport des langues, le rapport entre communication et culture dans le langage, sur la subjectivité et l'intersubjectivité pensables à partir de ces prises de position sur les langues, leur enseignement, et leur cultivation. Une pensée du rapport social. Les deux propositions centrales étant : que les rapports de langues sont, et sont à soutenir comme, des rapports bilatéraux (sans truchement tiers = Globish) ; et que la notion de langue personnelle adoptive, en tant que distincte de la "langue de communication internationale", peut promouvoir une autre voie dans le développement d'une identité européenne.
Je ne vais pas plus loin dans l'immédiat : j'indique seulement la légère inflexion du discours (inflexion du Vraisemblable linguistique d'époque, au sens où Barthes parle de Vraisemblable critique, à propos de la critique qui n'est pas la Nouvelle, en 1966), et relève aussi 1. la continuation des bons sentiments dès qu'on se met à parler de culture (culture = consensus), 2. la difficulté à parler, dans le champ de discours de "l'Europe", du rapport entre culture et politique. La difficulté à parler du rapport de pouvoir qui lie le sort des langues. Le concept de "choix" et de "chacun" sont des marqueurs, libéraux ("multiplicité" n'est pas "diversité" qui n'est pas "différence" des langues), dépolitisants. Le rapport n'aborde pas la question d'une politique des langues. Ni celle d'une politique publique des langues.
La "langue personnelle adoptive", ou "en quelque sorte, une seconde langue maternelle", si elle n'est en effet plus la "seconde langue étrangère" (p. 11), n'est pas encore tout à fait une langue vivante et langue de vie. Elle reste en famille. Il faut nécessairement chercher plus loin, jusqu'au politique. Jusqu'aux implications du rapport qu'on pense, et qu'on institue, entre culture et politique. Là, seulement, "la vie des peuples" (Saussure). A la fois rapports de sens et rapports de pouvoir.
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Libellés : diversité, document, étranger, Europe, politique des langues, Séminaire Diversité des langues
15 septembre 2008
Politique des langues : bilinguisme contre multilinguisme
Je transmets ce commentaire, reçu par le biais de la Société des anglicistes de l'enseignement supérieur, et avant elle de l'Association des professeurs de langues vivantes :
LA FRANCE VEUT DES ELEVES BILINGUES
http://www.ledevoir.com/
Une erreur, selon le linguiste Claude Hagège, qui défend le multilinguisme, en France comme au Québec
Paris -- On aurait cru entendre Pauline Marois. En cette semaine de rentrée scolaire, le ministre français de l'Éducation, Xavier Darcos, avait choisi de stigmatiser la faible connaissance de l'anglais des étudiants français. Sans aller jusqu'à proposer d'enseigner l'histoire en anglais, comme l'avait fait le chef du Parti Québécois, le ministre y est allé de quelques mesures destinées à réconcilier les Français avec la langue de Shakespeare.
Aux classes d'immersion très répandues au Québec, le ministre préfère les stages intensifs d'Anglais pendant les vacances. Il souhaite aussi que les enseignants du secondaire qui aident les élèves en difficulté après les heures de classe fassent de l'anglais. Enfin, il projette, dès la rentrée 2008, la création de 1000 sites de visioconférence pour l'enseignement précoce des langues vivantes. Une nouvelle technique nommée «e-learning», a dit le ministre, soucieux de démontrer ses propres talents en anglais.
Lors de la rentrée 2007, Xavier Darcos avait déclaré vouloir «faire de la France une nation bilingue». Cette année, il souhaite qu'à la fin de leur scolarité obligatoire, les Français soient tous «bilingues». Les stages linguistiques, déjà largement pratiqués, ainsi que le rattrapage après l'école, demeureront cependant volontaires, pour les professeurs comme pour les élèves.
Accueillie dans une indifférence apparente, l'intervention du ministre ne fait pourtant pas l'unanimité. Les syndicats d'enseignants ont déploré que son constat ne soit fondé sur aucune évaluation du niveau réel des élèves.
Étrangement, la réplique la plus cinglante est venue de là où l'on ne l'attendait pas. Selon le célèbre linguiste Claude Hagège, lui-même polyglotte, la croyance selon laquelle l'enseignement de l'anglais en France laisse à désirer tient essentiellement du «préjugé» et d'un «absurde complexe». Elle vient notamment du fait que la France se compare aux petits pays du nord de l'Europe, comme la Suède et les Pays-Bas, dont les réalités linguistique et historique sont très
différentes.
«La première raison pour laquelle les enfants de ces pays apprennent mieux l'anglais, c'est parce que le vocabulaire et la structure linguistique de leur langue est proche de l'anglais.» Le linguiste en veut pour preuve que ces «difficultés» en anglais ne sont pas propres aux francophones. Elles sont partagées par tous les autres peuples de langue romane, comme les Italiens et les Espagnols.
Il existe aussi une cause historique à cette différence, dit le linguiste de renommée mondiale. Contrairement au français, les langues des petits pays du nord de l'Europe n'ont pas un rayonnement international. «Si l'anglais est aussi présent dans leur scolarité, c'est parce que leur langue maternelle n'est connue nulle part ailleurs.» La télévision néerlandaise et suédoise affiche régulièrement une programmation en anglais sans doublage. Sans parler de la radio, qui est le plus souvent monopolisée par la chanson en anglais.
«Le français est, moins que l'anglais mais tout comme l'anglais, une langue à diffusion mondiale, dit Hagège. Il est donc inutile et contre-indiqué pour la France, comme pour le Québec, d'enseigner l'anglais de façon aussi intensive que le font les pays scandinaves ou les Pays-Bas, dont la langue n'est connue qu'à l'intérieur de leurs frontières nationales.»
L'auteur de Combat pour le français, au nom de la diversité des langues et des cultures (Éditions Odile Jacob) invite les francophones à jeter un oeil au-delà du monde anglo-saxon. «Les pays éloignés de la zone d'influence anglaise, comme la Russie, le Japon, la Chine éprouvent bien plus de difficulté que nous à apprendre l'anglais. C'est ce que démontrent tous les tests internationaux.»
Il y a plusieurs années, Claude Hagège s'était opposé, dans les pages du Devoir, à l'enseignement de l'anglais en première année au Québec. Un «désastre», avait-il dit alors. Huit ans plus tard, il n'a pas changé d'avis. «J'y suis d'autant plus opposé que le Québec, îlot de 6 millions de francophones immergé dans un océan de près de 300 millions d'anglophones, est particulièrement menacé par le flot de l'anglophonie. J'estime que la présence de l'anglais est suffisamment forte au Québec, bien plus forte qu'en France, pour qu'il n'y ait pas lieu de lui donner le monopole des langues secondes à l'école.» Le linguiste estime que l'enseignement précoce de l'anglais aux immigrants peut notamment créer chez eux une «double incompétence linguistique».
Plutôt que le bilinguisme, qui met l'anglais sur un piédestal, le linguiste défend l'importance d'enseigner deux langues secondes. Une pratique depuis longtemps obligatoire dans l'enseignement secondaire français. «Au Québec, il n'y a pas de raison pour qu'on ne fasse pas ce
que je préconise en Europe. L'enseignement des langues secondes ne devrait jamais concerner une seule langue. Si on ne propose aux enfants qu'une seule langue seconde, l'anglais prendra toute la place. Mais si on en propose deux, ils choisiront aussi l'espagnol, l'allemand ou
l'italien. Dans le cas du Québec, pays d'immigration, on pourrait aussi penser à l'arabe ou au chinois.»
Claude Hagège n'est pas le seul à s'inquiéter des effets d'un bilinguisme qui consacrerait le monopole international de l'anglais. L'Observatoire européen du plurilinguisme, qui regroupe de nombreuses associations européennes, a estimé que les déclarations de Xavier Darcos allaient à l'encontre de la position officiellement défendue par Nicolas Sarkozy en faveur du plurilinguisme. En mars 2007, à Caen, le président avait déclaré vouloir se battre «pour que soit généralisé partout en Europe l'enseignement de deux langues étrangères, parce que c'est la seule façon efficace pour que l'hégémonie de l'anglais soit battue en brèche». L'observatoire appelle donc le président à «recadrer» la politique de son ministre de l'Éducation.
***
Correspondant du Devoir à Paris
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Libellés : Hagège, politique des langues
03 août 2008
" Littérature-monde " - une recension
Blaise Wilfred-Portal publie, dans La Vie des idées, un compte rendu du volume Pour une littérature-monde (Michel Le Bris et Jean Rouaud, sous la direction de, NRF, 2007, 237 p.), intitulé "La littérature française dans la mondialisation". Argument :
La « littérature-monde » glorifiée par plusieurs dizaines d’auteurs de langue française récuse les émois minuscules que ressent et met en scène le microcosme parisien. Selon elle, au contraire, le roman doit être un « atlas du monde ». Mais, à certains égards, sa vision est aussi idéologique et nationale que celle qu’elle dénonce. Le manifeste pour la « littérature-monde » est-il un plaidoyer pour une littérature ouverte au vent du large ou une défense d’une néo-francophonie dirigée contre l’anglais ?
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Libellés : francophonie, littérature, mondialisation, politique des langues
05 février 2008
Politique des langues
Le numéro de Manière de voir (Le Monde diplomatique) de février-mars 2008 est consacré à La Bataille des langues. Francophonie et héritages coloniaux, anglais mondialisé, Europe, coups de sonde dans des moments historiques nodaux, bibliographie et webographie...
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Libellés : politique des langues