15 février 2011

Texte important de SLU : La politique budgétaire en débat

Cette analyse argumentée et très bien informée de SLU devrait être largement diffusée :
http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article4453

« Il est indécent de la part des universités de se plaindre… Il est indécent d’entendre une pareille critique dans un moment qui est grave. » (Valérie Pécresse à propos du budget 2011 de l’enseignement supérieur et de la recherche, « Public Sénat », 26 janvier 2011).

Pourquoi donc ce brusque accès de pudeur, alors que l’autonomie des universités serait la grande œuvre du quinquennat ? Après que le ministère a pu, pendant plusieurs années, présenter avec constance, comme autant de « preuves d’amour » sans doute, des documents budgétaires pourtant parfois qualifiés d’« insincères » (et aussi) et prétendre faire pleuvoir les milliards sur l’université, la réalité rattrape aujourd’hui la communication. Les inquiétudes que de nombreux acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche exprimaient à mots couverts – ou sans être entendus – commencent à trouver un certain écho dans le débat public. Trois prises de position récentes en particulier ont fait porter l’attention sur la politique budgétaire de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Le 20 janvier, la Conférence des Présidents d’Université (CPU) a dénoncé en termes feutrés mais parfaitement clairs l’insuffisance des crédits récurrents accordés aux établissements d’ESR dans le budget 2011.
Le 25 janvier, dans une tribune du Monde, Bertrand Monthubert, ancien président de Sauvons la recherche et actuel secrétaire national du parti socialiste à l’enseignement supérieur, a exposé les artifices de présentation budgétaire qui permettent au gouvernement d’assener que l’ESR est une priorité gouvernementale alors qu’en réalité les budgets qui lui sont affectés stagnent (au mieux) depuis 2007.
Ce texte faisait écho à une tribune publiée dans le même quotidien par des militants d’Europe écologie / Les Verts, cosignée symboliquement par Cécile Duflot, et consacrée aux effets pervers de la politique d’« excellence » dont le principe réside, à tous les niveaux, en une concentration des moyens sur un petit nombre de projets.
De manière convergente, ces acteurs du monde de l’enseignement et de la recherche ainsi que ces responsables politiques remettent en cause la prétendue priorité budgétaire accordée à l’enseignement supérieur et à la recherche par le gouvernement – une antienne jusqu’ici reprise massivement dans les médias.

Au-delà de leurs aspects politiques, ces prises de position publiques se bornent à constater que l’enseignement supérieur et la recherche, loin d’être seulement « au milieu du gué », pour reprendre l’expression du nouveau président de la CPU, Louis Vogel, sont plus vraisemblablement au bord du précipice et que les leçons de décence de la ministre sont pour le moins déplacées.
Après quatre ans de réformes tous azimuts, le moment d’un bilan de cette politique budgétaire est venu. Il doit être réalisé au plus près des expériences et des intérêts de la communauté de l’enseignement et de la recherche. Il ne doit pas se borner à dénoncer les méfaits de la politique d’excellence et les manipulations dans la présentation des budgets annuels. Il est urgent, dans nos établissements, de s’informer et d’interpeller les instances élues et/ou décisionnaires – lesquelles ne sont pas toujours, et de moins en moins, les mêmes – pour être à même de saisir les effets des transformations en cours, qui ne se résument pas aux mécanismes dénoncés par les trois textes cités. Il est urgent de prendre conscience de l’accélération des effets résultant des choix idéologiques et politiques de la loi LRU.
De fait, les annonces budgétaires ministérielles sont mensongères (1) et les personnels constituent la variable d’ajustement du garrot budgétaire mis en place par le gouvernement (2). Par ailleurs, loin d’être la manne que le ministère annonce, le Grand emprunt s’avère un outil d’accélération de la recomposition autoritaire du paysage de l’enseignement supérieur (3), alors que les coûts cachés de la politique actuelle sont multiples, font intervenir dans des proportions inédites des opérateurs privés et renforcent le glissement vers une gestion de l’enseignement supérieur et de la recherche selon des règles propres au secteur privé (4).

1. Les Comptes fantastiques du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche

Démontées par les analyses précises d’Henri Audier et critiquées avec constance par tous les acteurs de l’ESR (des syndicats aux associations voire, à l’occasion, par la CPU elle-même), les incantations budgétaires de Valérie Pécresse sont devenues, année après année, un paresseux lieu commun : l’enseignement supérieur serait une priorité du gouvernement et l’augmentation régulière des budgets qui lui sont consacrés le démontrerait amplement. Valérie Pécresse se targue ainsi de budgets en hausse de plus de 3 % par an et prétend que l’université est l’un des très rares domaines qui ne soit pas touché par la réduction du nombre de fonctionnaires. Qu’en est-il vraiment ?
Le budget peut bien être présenté de façon séduisante, dans les faits il s’avère au mieux en stagnation en euros constants. Dans sa profession de foi de novembre 2010, la nouvelle direction de la CPU évoquait ce problème en termes limpides : « Nous allons être confrontés à un véritable effet de ciseau, avec un transfert de charges de plus en plus important sans transfert corrélatif de ressources permettant d’y faire face. » L’augmentation des charges a des sources multiples : actualisation de la masse salariale, paiement des loyers de « contrats de partenariat » – les partenariats public-privé (PPP) qui constituent de véritables bombes à retardement pour les universités – liés aux opérations Campus, mais aussi, certification des comptes, paiement à façon, paiement des retraites, etc. L’élargissement du périmètre d’intervention des universités permet au ministère d’afficher des augmentations de dotations extravagantes sauf lorsqu’on les relie à des charges qui s’accroissent dans des proportions équivalentes.
D’autre part, les ouvertures de crédits purement virtuels conduisent à gonfler artificiellement les budgets alors même que les sommes prévues s’avèrent techniquement impossibles à consommer et qu’il est même souvent prévu qu’elles ne soient pas consomptibles sur l’exercice budgétaire en question. La ministre mélange en effet à dessein – et depuis trop d’années pour qu’il soit « indécent » de le rappeler – les « crédits de paiement » et les « autorisations d’engagement » ; autrement dit des sommes virtuelles – ou à vocation pluriannuelles – et les sommes véritablement disponibles pour l’enseignement supérieur et la recherche. Dans certains cas, pour faire bon poids, les autorisations d’engagement sont même cumulées d’une année sur l’autre ou incluent au titre d’un exercice budgétaire des dépenses étalées sur plus de 20 ans. Dans d’autres, ces crédits ne répondent pas aux besoins réels des universités. C’est ce qui s’est passé avec le « plan licence » dont le cahier des charges manifestait une méconnaissance confondante des réalités de la licence. Résultat : une partie de cet argent n’a même pas pu être engagée, autant de ressources qui ne sont pas allées dans les établissements qui en manquent pourtant cruellement.
Enfin, ce budget est distribué de façon de plus en plus inégalitaire entre établissements tandis que sa croissance supposée, dans un cadre budgétaire faussé, se fonde aussi, pour l’essentiel, sur des priorités budgétaires pernicieuses : les crédits récurrents sont en baisse, le Crédit Impôt Recherche (CIR) reste une gigantesque niche fiscale dont le périmètre n’a pas été modifié par la Loi de finances malgré les critiques circonstanciées dont il fait l’objet dans des rapports de parlementaires, de sénateurs et de la Cour des Comptes. L’absence de croissance significative de la part de la recherche dans le PIB montre clairement que les effets de ce dispositif sont largement surévalués, sauf pour les entreprises et les cabinets de conseils qui y trouvent de substantiels avantages.
Ces artifices comptables des budgets du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche ont à maintes reprises été dénoncés, mais les effets structurels de la loi LRU et de la « Polex [1] » méritent également que l’on s’y intéresse.

2. La LRU et ses effets budgétaires : la stratégie du garrot

Le maintien des postes d’enseignants-chercheurs et de chercheurs dont se targue la Ministre, justifiant une part de ses appels à la décence universitaire, lui a été imposé par le mouvement universitaire sans précédent de 2009. Mais le diable est dans les détails.
La fragilisation budgétaire dénoncée par la CPU est une réalité qu’expérimentent les universités passées les premières à l’autonomie : en témoignent les difficultés récemment rendues publiques de l’université de Limoges.
Que montre l’exemple limougeaud, d’autant plus intéressant que son président semblait habiter pleinement le statut de manager induit par les réformes ? Une masse salariale mal calculée par le ministère, une impossibilité à verser les salaires des personnels, une demande de rallonge qui s’avère insuffisante. La conséquence sur les personnels est immédiate : gel de postes et « étalement de l’augmentation des personnels sur un ou deux ans ».
On peut démontrer qu’une telle situation est amenée à se reproduire chaque année dans de nombreuses universités., et non la simple traduction de difficultés ponctuelles résultant d’ajustements techniques nécessaires entre services, qui se régleraient d’elles-mêmes par l’expérience acquise. Ces arguments ne peuvent pas être totalement balayés, mais ils masquent l’essentiel : l’incapacité légale et réglementaire dans laquelle les universités sont placées et qui les rend incapables de faire face aux charges et aux responsabilités qui résultent de leur prétendue autonomie. La fragilisation limougeaude n’est pas uniquement le fruit de dotations budgétaires accidentellement insuffisantes, elle n’est pas une erreur ponctuelle du système, elle est le système.
La loi LRU apparaît clairement aujourd’hui comme un dispositif permettant de reporter sur les établissements la responsabilité d’une politique malthusienne en matière d’emploi. Tous les quatre ans en effet (avec des possibilités de légers ajustements annuels), les établissements négocient la dotation que leur accorde l’Etat. L’estimation des besoins et la prévision des dépenses sont des opérations extrêmement complexes, qui comportent une marge d’incertitude : les services financiers des établissements peuvent mal évaluer certains coûts, certaines charges nouvelles, mais ils ne sont maîtres ni de l’évolution des salaires en fonction de l’avancement des carrières ni des décisions de départ à la retraite des personnels. Se pose en outre la question de la bonne foi de l’Etat dans ces négociations : estimations au plus juste, « oublis » dans les calculs de dépenses revenant désormais aux établissements… Il appartient désormais aux établissements de gérer, de fait, des budgets étriqués et sur lesquels ils continuent à avoir des moyens d’action très limités.
Il faut en outre tenir compte des règles qui encadrent le financement des universités, notamment le principe de fongibilité asymétrique introduit par la LOLF : il ne permet pas à l’université d’abonder les budgets de « masse salariale » à partir des crédits de fonctionnement ou d’investissements et lui interdit d’accroître ses dépenses salariales. Ces règles ont deux effets :

1/ Loin d’autoriser une gestion autonome, elles contraignent les universités à gérer la pénurie, par deux moyens essentiellement : le recours aux vacations et aux emplois précaires (CDD) en lieu et place de postes statutaires ; le gel de certains postes théoriquement ouverts – et nécessaires.
2/ Autre moyen d’ajustement, plusieurs universités ont envisagé et envisageront de réduire le règlement des heures complémentaires au moyen d’expédients (suppression de cours, réduction du semestre, comptage des CM en TD). D’autres, comme Limoges, diffèrent déjà les augmentations de salaires pourtant statutaires.

La ministre ment donc doublement lorsqu’elle évoque l’autonomie d’universités ainsi contraintes : il n’y a pas de gestion autonome des universités. La loi LRU et la LOLF ont fourni le garrot que l’État serre à l’envi. Dans un avenir sans doute proche, la contractualisation des emplois statutaires et la loi du 3 août 2009 dite « de mobilité » des fonctionnaires permettront d’adopter des solutions radicales pour les impasses budgétaires les plus graves.
Les universités n’ont aucune marge de manœuvre : la seule que les règles existantes leur offre, c’est d’organiser elle-même la destruction de la fonction publique (remise en cause des statuts et non publication des postes à pourvoir théoriquement), de multiplier les emplois précaires et de réduire les effectifs des personnels, avec des incidences sur le fonctionnement des universités.
En 2007, les taux d’encadrement des universités françaises (aussi bien pédagogiques qu’administratifs) étaient très inférieurs à la moyenne des pays de l’OCDE. Le rapport étudiant/personnels biatoss était de 1 pour 7,5 dans les pays de l’OCDE, et de 1 pour 36 en France. Le rapport enseignant/étudiant était de 1 pour 15 dans les pays de l’OCDE, et de 1 pour 18 en France (Rapport du Sénat n° 382, 10 juin 2008, p. 44). Les universités françaises étaient donc sous encadrées. Elles le sont toujours et risquent de l’être davantage.

D’aucuns croient voir dans l’augmentation des ressources propres – et notamment dans l’augmentation des droits d’inscription ou dans sa variante que constitue l’impôt progressif sur les diplômés – une solution à ces maux désormais parfaitement identifiés. Sur ce sujet, le leurre est habile mais le mensonge grossier. Deux règles doivent être rappelées :

1/ chaque euro supplémentaire tiré des droits d’inscription qui abonde les budgets des universités est un euro que l’État défalque de la dotation globale de financement (rapport sénatorial n° 382 du 10 juin 2008, p. 11) ;
2/ La prudence comptable conduit à ne pas affecter une partie importante des ressources propres – aléatoires et limitées – au recrutement et/ou à la rémunération des personnels.

L’addition de ces deux règles produit donc l’effet suivant : l’augmentation des ressources propres est une opération blanche pour les universités et ne permet d’abonder qu’à la marge la masse salariale. Elle permet en revanche à l’État de diminuer ses dotations. En d’autres termes, l’augmentation des droits d’inscription serait un outil favorisant le désengagement de l’État. Les universités ne sont pas autonomes, pas même en matière financière. Une fois passée l’ivresse du passage à l’ersatz d’autonomie « offert » par la loi LRU, voici venu le temps de la gueule de bois : la dévolution de la masse salariale (voire pour certains bientôt celle des biens immeubles) porte en elle une contraction fonctionnelle de cette part du budget et une paupérisation mécanique des universités. Même le rapport du comité de suivi de la loi LRU rendu public le 3 février, inquiétant sur biens des points, souligne le risque budgétaire qui pèse sur plusieurs universités.
Le mensonge était énorme, il continue d’être proféré. Qui est « indécent » ?

3. Grand emprunt, vessies, lanternes et illusions

Dès lors qu’on lui parle de budget, la ministre exhibe les 3,5 milliards qui vont être attribués aux établissements d’enseignement supérieur cette année dans le cadre des « initiatives d’avenir », nouvelle appellation de ce que l’on nommait voici peu le « Grand Emprunt ».
Du fait des modalités de cette politique de financement, ces « initiatives d’avenir » sont élaborées dans des conditions opaques, hâtives, voire douteuses. La préparation dans l’urgence des dossiers de candidatures (quelle que soit leur déclinaison : Labex, Idex, Équipex etc.), s’est faite sans que la majorité des enseignants-chercheurs, des chercheurs et des ingénieurs concernés soient même informés. Nombreux sont ceux qui se retrouveront ainsi dans des projets qui leur seront totalement étrangers. De plus, comme la seule garantie fournie par le ministère est que les élus seront peu nombreux, cette préparation est marquée par les effets délétères de la concurrence sauvage entre établissements, équipes de recherche et individus. Une concurrence étrange et faussée d’ailleurs, puisque les gagnants sont pressentis avant même que les dossiers ne soient déposés – quand ils l’ont été dans les délais, ce qui n’est pas avéré – et que le seul objectif pourrait bien avoir été de faire participer autant d’acteurs que possible, alors que la nouvelle carte de l’enseignement et de la recherche a été dessinée préalablement. Après l’autonomie et ses bienfaits annoncés, voici venu le temps du Grand emprunt.

Pourquoi l’« indécence » – et l’ingratitude – des personnels de l’ESR devrait-elle soudain le céder à l’extase devant cette manne ? Parce que l’opération du Grand emprunt n’a jamais été et ne sera jamais une pluie revigorante d’euros sur des structures universitaires étiolées. Pour trois raisons au moins :

1/ Le ministère confond à dessein les « milliards » placés au titre du Grand emprunt et les millions des intérêts consomptibles par les heureux élus.
2/ L’ensemble de l’enveloppe de 16 milliards d’euros n’est destiné qu’à quelques sites et non pas à l’ensemble des universités. 7,7 milliards d’euros de capital sont destinés aux « idex », dernier étage de la « fusée polex ». Moins de la moitié des 17 projets déposés à notre connaissance (pour une demande globale de 17 milliards d’euros environ) bénéficiera des intérêts de cette somme ;
3/ Les sommes ainsi allouées à quelques-uns ont d’ores et déjà été retirées à tous. En effet, la loi de finances rectificative du 21 janvier 2010 a annulé 125,3 millions d’euros de la Mission Interministérielle à l’Enseignement supérieur et à la Recherche (MIRES), c’est-à-dire du budget de l’enseignement supérieur, pour « couvrir l’augmentation de la charge d’intérêt résultant de l’emprunt national ».

En d’autres termes, une petite dizaine d’universités toucheront dans les années qui viennent des sommes qui ont été gelées début 2010, dès l’annonce en fanfare de ce grand projet pour l’avenir de la recherche en France. Le Grand emprunt est un remboursement, pas un effort financier de l’État.

Il peut surtout, du même coup, être l’outil d’un autre objectif : accélérer la recomposition de l’espace universitaire et de recherche. Ce n’est pas un cadeau, c’est un piège aux conséquences incalculables :

1/ Pour quelques dizaines de millions d’euros par an, le dessaisissement des organes élus au profit de structures nommées s’est accéléré. Les PRES, qui avaient déjà exigé des efforts considérables de réorganisation et qui s’étaient souvent transformés en structures de contournement des organes élus des universités, sont désormais supplantés par les instances décisionnaires concentrées, nommées et opaques qui mettent en place les réorganisations induites par les Labex, Idex et autres totems de la « polex ».
2/ Les coopérations entre laboratoires de PRES à peine redessinées, les projets dits « d’excellence » obligent à de nouvelles recompositions pour répondre à leurs impératifs – condition sine qua non pour participer à la distribution des lots. Pour quels gains financiers ? Et qu’en sera-t-il des PRES, souvent porteurs des projets, qui auront en vain participé à la course à l’échalote et se retrouveront marginalisés par rapport aux « gagnants » ? Pour avoir une idée des véritables effets de levier pour les « lauréats » de ces regroupements dont le gouvernement se goberge, il faudrait connaître les budgets antérieurs des équipes ainsi rassemblées et mesurer l’ampleur de l’accroissement réel de leurs ressources. Pour les « perdants », la grande majorité des laboratoires et équipes, la situation est plus claire : leur budget a déjà été amputé et continuera de l’être.
3/ Enfin, le mécanisme d’accès à ces fonds (seuls les intérêts de la somme attribuée étant disponibles) contribuera à engager les universités dans une confusion des rôles entre secteurs privés et publics. Sur ce point, n’oublions pas que les dernières dispositions législatives sur les fondations votées le 2 décembre 2010 montrent qu’il y a là un des objectifs secondaires du gouvernement (voir le point 4).

Le mensonge sur le volume de l’effort budgétaire de l’État ne s’arrête pas là. Il y a fort à parier en effet que ces sommes allouées, selon la méthode déjà éprouvée avec le « Plan campus », seront comptabilisées à chaque budget dans leur intégralité, ce qui ne correspond en rien à la réalité des sommes disponibles ou effectivement dépensées : 5 milliards d’euros annoncés pour le « Plan Campus », 71 millions dépensés en 2010. Il n’est d’ailleurs pas exclu que, à l’instar de ce qui a été observé pour le « plan licence », il ne soit pas possible de dépenser l’intégralité des sommes théoriquement allouées, et notamment de trouver des personnes qualifiées pour remplir certaines missions. Mais l’obsession ministérielle d’un affichage en début d’exercice budgétaire n’en a cure : ces sommes n’ont pas vocation à être employées, l’essentiel est qu’elles soient annoncées.

Combien d’argent perdu et non réaffecté à des projets plus modestes ou à des budgets de fonctionnement d’une nécessité immédiate ? Combien de milliards annoncés, de budget en budget, qui recouvrent les mêmes opérations – le plan campus est à cet égard presque exemplaire – et qui n’ont pas encore donné lieu au versement d’un seul euro ? Combien de milliards annoncés qui ne seront que millions, puis peut-être dizaines de milliers d’euros pour des projets mal calibrés, artificiellement gonflés parce qu’en deçà d’un certain seuil, ils ne seraient même pas examinés ? Quelles conférences de presse ministérielles pour communiquer sur l’exécution du budget ?
L’indécence est dans la culture de l’affichage et du mensonge érigé en mode de gouvernement. L’indécence, c’est de croire que les personnels n’en ont pas conscience. L’indécence, c’est encore d’infliger des leçons de civisme de crise à des personnels alors que la dégradation des conditions de travail et d’exercice de leur métier s’accélère pour eux chaque jour.

4. Bureaucratisation et externalisation : les coûts cachés

La politique mise en place a un coût extrêmement lourd que les camemberts aseptisés des powerpoints ministériels de début d’exercice se gardent bien d’éventer. Dans le contexte d’étranglement budgétaire décrit plus haut et le maelström d’injonctions faisant système, les processus en cascade de création de structures, d’évaluation tous azimuts, de réponse aux appels à projets – Équipex, Labex, Idex et autres hochets de la « polex », sont chronophages, y compris pour les prévisibles lauréats. Ces tâches détournent les enseignants-chercheurs de leurs deux missions fondamentales que sont l’enseignement et la recherche.
Trois phénomènes laissent penser que les établissements d’enseignement supérieur et de recherche sont sur la voie d’une bureaucratisation avancée, qui pourrait avoir des conséquences lourdes en termes d’emploi des enseignants-chercheurs et de diminution de leur activité de recherche. Ils se déploient sur un fond de sous-encadrement structurel de l’enseignement supérieur et de la recherche et l’incapacité des établissements à faire face au défi de la gestion autonome en raison des règles que nous avons rappelées plus haut.

Le coût de l’instabilité pédagogique
Les révisions incessantes des maquettes d’enseignement – la nouvelle licence annoncée par la ministre intervient quelques années à peine après que l’ensemble des diplômes a déjà été revu, moins d’un an après que les universités ont dû plier leurs maquettes de Master à la délétère réforme de la formation des enseignants dont la modification est déjà annoncée – et l’ouverture de nouvelles formations nécessitent de plus en plus d’activités gestionnaires, dévoreuses de temps d’une manière inquantifiable. Tout en démontrant, s’il en était encore besoin, que le ministère s’essuie les pieds sur l’ « autonomie des universités », elles donnent naissance à des « spécialistes » du montage et du suivi de projets, induisant de nouvelles dépenses en équivalent heures de travail, au détriment des activités d’enseignement et de recherche qui demandent recul et réflexion.
Ce sont des fonctions qui, dans le meilleur des cas, s’ajoutent au cœur du métier mais, trop souvent, doivent s’y substituer, quoi qu’il en coûte.

Des missions modifiées… impossibles à remplir en l’état
La tendance à privilégier l’encadrement des étudiants (au détriment de l’enseignement) et le fantasme de la « professionnalisation » (multiplication des master-pro, multiplication des stages en licence) conduit de plus en plus d’enseignants et enseignants-chercheurs à perdre leur temps dans des tâches de gestion et d’encadrement, au détriment de leurs autres missions. Sur ce point, il est également utile de rappeler quelques données fondamentales, qui ne font pourtant l’objet d’aucune communication ministérielle. L’encadrement renforcé des étudiants ne peut avoir de sens que si les moyens existent. Prenons l’exemple de deux universités qui comptent approximativement le même nombre d’étudiants : pour environ 20 000 étudiants, Harvard compte 2100 « faculty members », Oxford 2 784 ; pour environ 24 000 étudiants, l’université de Caen compte 1 365 enseignants (dont 1 071 EC) et Poitiers 1 400 dont 870 EC. Dans une telle situation de sous-encadrement, il est impossible que l’université française puisse faire face à ses « nouvelles » missions dans des conditions décentes ou sans y sacrifier ses missions fondamentales (d’autres exemples de ce sous-encadrement structurel).
Cette tendance se double d’une dépréciation sans précédent de la valeur symbolique et, in fine, financière de l’enseignement. Plusieurs universités, passées aux « responsabilités et compétences élargies » ou non, rognent systématiquement sur le paiement des heures d’enseignement, complémentaires ou non, ou bien organisent des montages destinés à limiter leur coût. Dans un certain nombre de cas, de telles procédures conduisent à des diminutions de salaire des personnels, dans d’autres à une stagnation pour des charges plus lourdes. Est-il « indécent » de le rappeler ?

Soumis à des réorganisations devenues annuelles des structures d’enseignement, les enseignants-chercheurs doivent donc prendre en charge des missions administratives normalement dévolues à un personnel administratif, dont les effectifs sont si faibles – un encadrement des étudiants près de cinq fois inférieur à la moyenne des pays de l’OCDE – qu’il n’est pas en mesure de les assumer. La collectivité publique est deux fois perdante sur le plan financier : la part de salaire des enseignants chercheurs dévolue à ces tâches n’est investie ni dans l’enseignement ni dans la recherche, et elle est objectivement plus élevée qu’elle ne le serait si le personnel administratif qualifié s’y consacrait. Le gâchis financier a beau être invisible, il n’en est pas moins excessif.
Les instances élues, par ailleurs, sont à la fois privées de leurs capacités d’intervention sur les politiques scientifiques et deviennent les maîtres d’œuvre de cette délégation de reformatage sous contrainte.
Est-il « indécent » de s’indigner de ces effets mécaniques de la LOLF et de la loi LRU, « indécent » d’affirmer que l’autonomie est un leurre, misérable cache-sexe d’une restructuration à marche forcée, aveugle à la qualité scientifique des équipes et pilotée comme jamais par le pouvoir central ?

Externalisation et « modernité »
Plutôt que de recourir à l’embauche des personnels nécessaires, une partie des nouvelles tâches administratives induites par l’autonomie des universités et les nouvelles normes de « l’excellence » scientifique ont été externalisées au prix fort.
Déjà, dans l’élaboration de leurs projets « polex », certains laboratoires ont fait appel à des experts en montage de dossiers scientifiques, à des gestionnaires de sites Internet ou à des cabinets comptables privés.
Quel est le coût de ces externalisations ? De quels crédits les laboratoires de ces universités ont-ils été privés à cette occasion ? Au détriment de quels choix de politique scientifique ou pédagogique, pour ceux qui ont été « choisis » comme, surtout, pour ceux qui ne l’ont pas été ? Que penser des conseils centraux qui recourent d’eux-mêmes à des entreprises privées pour établir le compte-rendu de leurs débats ? Où est l’indécence lorsqu’en raison du garrot budgétaire les universités sont contraintes (ou se contraignent elles-mêmes par souci de « modernité » managériale) d’externaliser leurs activités ?
Cette externalisation n’est que la partie la plus visible d’un processus insidieux de privatisation dont la RGPP est l’aiguillon et la LRU ainsi que les partenariats publics privés les instruments légaux. Il repose sur des logiques incitatives et sur des phénomènes d’intériorisation par les acteurs de choix politiques, présentés comme des évidences sans alternative ou des contraintes techniques indépassables, quand ce ne sont pas des menaces latentes ou directes sur les personnels ou les universités et leur avenir. Cette stratégie incite les universitaires à faire eux-mêmes le travail que le gouvernement ne peut assumer politiquement.
Les contrats de partenariat public-privé créés en 2004, quoique placés sous le signe des « dérogations au droit commun » par le Conseil constitutionnel, sont devenus en 2008 (loi n° 2008-735 du 28 juillet) un outil d’usage commun de la commande publique, en priorité pour le secteur de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Des expériences récentes de partenariat public-privé, épinglées par la Cour des Comptes (p. 661), invitent pourtant à considérer avec la plus grande précaution ce type de dispositifs, qui peuvent être plus juteux pour le partenaire privé que pour le gestionnaire des deniers publics. Dans un autre rapport, la Cour des Comptes relevait aussi que « la formule juridique et financière retenue pour en assurer la réalisation, à savoir une autorisation d’occupation temporaire du domaine public assortie d’une convention de location, ne manquera pas d’avoir à termes de lourdes conséquences sur les comptes de l’Etat » (p. 671). En effet, « le cumul des loyers acquittés par l’administration sera supérieur de 41% au coût d’un financement sur crédits budgétaires » (p. 673). Et la Cour des Comptes de conclure : « De manière générale, cette opération pose la question des conséquences budgétaires et financières des opérations de partenariat public-privé notamment dans le cas des autorisations d’occupation temporaire du domaine public. Cette formule apparaît inopportune s’agissant d’un service public non marchand puisqu’en l’absence de recettes elle fait entièrement reposer sur les finances de l’Etat une charge disproportionnée au regard de l’allègement de la charge budgétaire immédiate qu’elle permet sur le montant du déficit comme sur celui de la dette publique. La Cour invite à une réflexion approfondie sur l’intérêt réel de ces formules innovantes qui n’offrent d’avantages qu’à court terme et s’avèrent finalement onéreuses à moyen et long termes. » (p. 675. Souligné par SLU).
On ne saurait mieux dire que ces PPP constituent à la fois une formidable aubaine pour des opérateurs privés avisés et une bombe à retardement pour les budgets universitaires, le tout sous le patronage bienveillant de la puissance publique.
Oui, en effet, il y a beaucoup d’indécence à prendre la posture outragée de la ministre, d’autant que des moyens considérables sont perdus par des gaspillages aux proportions inquiétantes et générés par le cœur du processus de contrainte : l’usage actuel de ladite culture du projet.

Les limites et les coûts induits par la « recherche sur projets »
Quelle « découverte » que la recherche par projet ! De même qu’il y a deux ans, la ministre avait voulu faire croire qu’elle introduisait l’évaluation dans l’université, elle s’est désormais emparée d’une prétendue nouvelle culture du projet. Que les universitaires comprennent bien qu’avant 2007 aucun de leurs travaux ne reposait sur un quelconque projet ! La vérité est que le travail de réflexion collective et finalisée par des objectifs communs est au cœur de la culture des chercheurs, mais que sa nouvelle déclinaison à travers des grilles bureaucratiques et planificatrices sur du très court terme (deux à quatre ans) est tout à fait inédite. Les coûts des montages de projets sont considérables : outre le recours éventuel à des cabinets privés, ils demandent des heures de travail préalable (rédaction, comptabilité, réunions, stages, voyages, etc.) qui ne sont pas comptabilisées et se substituent à d’autres activités. Le financement sur projet produit à la fois des effets de contrainte et d’aubaine. La lettre comminatoire du président de la région Languedoc-Roussillon fin décembre 2010, intimant à l’université autonome de céder sur la question de la « gouvernance » (c’est-à-dire, traduit de la novlangue du Nouveau management public, d’organiser le dessaisissement des organes élus au profit d’instances nommées) est éclairant sur les effets de contraintes budgétaires exercés sur les universités et sur leur incapacité à répondre à de tels chantages financiers.
Effets d’aubaine également, maintes fois pointés : depuis très longtemps, par le biais des financements par les entreprises et les collectivités locales, et maintenant par celui de l’ANR, de l’ERC, etc., beaucoup de projets se montent pour profiter de « l’occasion qui se présente » – engouement soudain pour une thématique scientifique ou une demande ponctuelle d’innovation, qui peut répondre à un besoin social, mais n’a souvent pour fonction que de répondre à une injonction politique ou à une demande économique. Instrumentalisation politique, économique et sociale de la recherche qui se fonde sur l’incapacité de laboratoires ou d’équipes dont les budgets récurrents sont à la baisse, de refuser ces opportunités sous peine de ne pas « en être » et de se trouver privés de la possibilité de travailler dans des conditions décentes. Et là encore, rien n’est dit, en termes de coût et d’efficacité de la dépense sur ce papillonnage trop souvent infécond d’un projet à l’autre. Combien d’heures sont-elles ainsi perdues pour le projet principal et à long terme du laboratoire, de l’équipe, du chercheur ?

Le coût de l’évaluation des projets est à l’avenant. Combien l’expertise des projets Équipex, Labex, Idex a-t-elle coûté à l’État ? Quels sont les coûts supportés par les universités pour recourir aux cabinets d’experts « accompagnant » les projets de la « polex » ? Quel est l’impact réel sur la recherche et les universités des 15 millions d’euros dépensés chaque année dans le financement de l’AERES dont les dérives bureaucratiques et quantitativistes ont été pointées, y compris par un rapport de l’Association européenne pour l’assurance-qualité ?

À combien la masse des articles surnuméraires induits par l’introduction de la bibliométrie et des nouvelles normes AERES dans l’évaluation des enseignants-chercheurs revient-elle ? Quel est le coût de la course à la publication, qui peut passer par l’organisation de colloques qui n’ont pour seule fonction que d’exister et de répondre aux exigences d’une évaluation quantitative aveugle des travaux scientifiques, alors que les moyens (en termes de temps et d’appréciation qualitative) des évaluateurs, et des sections du CNU en particulier, restent indigents (pour ne pas dire inexistants). C’est aussi une question de budget, et il n’est pas « indécent » de le rappeler.

Plutôt que de prendre la posture offensée et d’infliger des leçons de décence, c’est de tous ces sujets dont vous devriez parler, madame la Ministre : de la réalité de l’exécution de votre budget, du garrot budgétaire posé sur les universités « autonomes » et leurs personnels, des mirages de milliards de vos universités Potemkine, des charges à long terme que vous faites peser sur nos épaules, des coûts cachés de votre politique.

Sauvons l’Université ! 13 février 2011.

Notes
[1] Politique d’excellence. Créons des acronymes !

05 février 2011

Parutions Polart récentes : suite 2

* Maillard, Pascal. « 'Il n’y a pas d’artiste qui soit dégagé'. Poétique et éthique du poème engagé dans l’œuvre de Bernard Vargaftig », in Relation du poème à son temps : interrogations contemporaines, Peter Lang, 2010.

01 février 2011

Parutions Polart récentes : suite

* Laplantine, Chloé. "Emile Benveniste : l’inconscient dans le langage ", in De la grammaire à l'inconscient: dans les traces de Damourette et Pichon, Michel Arrivé, Valelia Muni-Toke, Claudine Normand (dir.), Lambert-Lucas, Limoges, octobre 2010.

* Eastman, Andrew et Chloé Laplantine, "Emile Benveniste : Poetic Language. Selections from Notes on the Language of Baudelaire ", in Graduate Faculty Philosophy Journal, 31 /1, The New School for Social Research, Department of Philosophy, New-York, sept 2010.

31 janvier 2011

Parutions Polart récentes : un tour d'horizon

Chers tous,
ayant intégré la plupart des nouvelles références dans la rubrique des Dernières parutions Polart, je souligne la mise en ligne par un rappel ici, sous la forme de "post". Toutes les modifications nouvelles que vous demanderez restent possibles à tout moment. Quelques unes restent en attente, pour précisions.

* Babin, Isabelle. « Les dramatis personae de Valère Novarina : des “zones théâtrogènes” », Coulisses, n° 39, automne 2009.
* Baneth-Nouailhetas, Emilienne. "Enigmes postcoloniales : des disciplines aux institutions", dans Passages. Ecritures francophones, théories postcoloniales (dir. Z. Ali Benali, M. Mégevand, F. Simasotchi-Bronès). Littérature n°154, juin 2009, pp. 24-35.
* Bernadet, Arnaud. - "L'oralité des dialectes : de la science à la littérature. La "langue patoise" de Verlaine" in J. Dürrenmatt (dir.), Les Polices du langage, Romantisme, n° 146, Paris, Armand Colin, 2009, p. 87-99.
* Bernadet, Arnaud. "Théorie de l'infini : linguistique et poétique de la phrase chez Benveniste" in N. Andrieux-Reix (dir.), Frontières. Du linguistique au sémiotique, Limoges, Lambert-Lucas, 2010, p. 177-191.
* Chiss, Jean-Louis et James Archibald (dir.), La langue et l'intégration des immigrants. Sociolinguistique, politiques linguistiques, didactiques. Paris, L'Harmattan, 2009.
* Cho, Jaeryong. « Traduire le vers coréen sijo : approche théorique et pratique », Etudes de la Culture française et des Arts en France, n° 33, sept., Séoul, 2010.
* Cho, Jaeryong. « Utopie de la traduction : Henri Meschonnic et la notion du décentrement », Etude de Langue et Littérature française, n°81, mars, Séoul, 2010.
* Dessons, Gérard. La Manière folle. Essai sur la manie littéraire et artistique. Manucius, Paris, 2010.
* Kachler, Olivier. "Retour de l'U.R.S.S. de Gide : revenir de l'utopisme à l'utopie du poème", revue Stella, Université du Kyushu, (Japon), n°29, 20 décembre 2010, pp. 139-151.
* Kachler, Olivier. Voix épiques : Akhmatova, Césaire, Hikmet, Neruda , direction de l'ouvrage collectif, "Introduction : Modernités épiques de la voix : la forêt qui marche à travers les mots" (pp. 9-19) et article : "Les prophéties de la voix : Akhmatova, Césaire, Neruda" (pp. 215-243), Presses Universitaires de Rouen et du Havre, février 2010, 260 pages.
* Kovacs, Katalin. A tudom-is-én-micsoda fogalma. (Források és tanulmányok) [Le concept du je-ne-sais-quoi. Sources et études], éd. K. Bartha-Kovács et E. Szécsényi, Budapest, L'Harmattan, 2010. [rédaction] (193 p.) ISBN: 978-963-236-342-4. http://www.harmattan.hu/konyv_704.html
* Kovacs, Katalin. A csend alakzatai a festészetben [Figures du silence en peinture], Budapest, L'Harmattan, 2010. (174 p. ill.), ISBN: 978-963-236-335-6. http://www.harmattan.hu/konyv_701.html .
* Joubert, Claire. "Théorie en traduction : Homi Bhabha et l'intervention postcoloniale", dans Passages. Ecritures francophones, théories postcoloniales (dir. Z. Ali Benali, M. Mégevand, F. Simasotchi-Bronès). Littérature n° 154, juin 2009, pp. 149-174.
* Maritchik, Youlia. "Poetica ritma Anri Meschonnica. Iskusstvo i manera" ["La Poétique du rythme d'Henri Meschonnic. L'Art et la manière"], Entretien avec Gérard Dessons, Voprosy literatury [Questions littéraires], n°5, octobre 2010, pp. 347-373.
* Maritchik, Youlia. Les Formes hybrides dans le roman contemporain : le verbal et le visuel dans les oeuvres de Marguerite Duras. Sarrebruck, Editions Universitaires Européennes, 2010.
* Snauwaert, Maïté et Anne Caumartin (dir.), Responsabilités de la littérature : vers une éthique de l'expérience, Etudes Françaises, 46, 1, Les Presses de l'Université de Montréal, mai/juin 2010.
* Snauwaert, Maïté (dir.), dossier spécial sur Barthes écrivain, Spirale (arts, lettres, sciences humaines), n° 232, mai/juin 2010, Montréal.

Des nouvelles des universités britanniques

Voir l'article de Simon Head dans la New York Review of Books du 13 janvier : "The Grim Threat to British Universities" : http://www.nybooks.com/articles/archives/2011/jan/13/grim-threat-british-universities/

26 janvier 2011

Collège Universitaire Français de Saint-Pétersbourg
Mardi le 8 février

« La manière folle : la notion de manière et ses enjeux dans l’approche de la folie artistique et littéraire »


Table ronde et débat à l’occasion de la sortie du livre de Gérard Dessons

La Manière folle. Essai sur la manie artistique et littéraire. (éd. Manicius, novembre 2010)

Gérard Dessons (Université de Paris 8 Vincennes - Saint-Denis) parlera de son livre et Youlia Maritchik (Université RGGU, Moscou) interviendra sur le sujet : "La "manière folle" des nouveaux romanciers à la lumière de la critique littéraire (Beckett, Sarraute, Duras)".



Pour plus d'informations : http://fr.cuf.pu.ru/index.php?nomer=159

25 janvier 2011

The University We Are For - Université Berkeley. Novembre 2010.

Dans la continuité de travaux nord-américains, assez nombreux sur cette question, les logiques économistes aidant, avec la crise de 2009, cette table ronde à l'Université Berkeley du 5 novembre 2010 (vidéo et audio). Le statut des "humanities" y est entre autres abordé.

http://webcast.berkeley.edu/event_details.php?seriesid=0ae69e7b-a00f-449b-8c5a-a42a8dfab932&p=1&ipp=15&category=

22 décembre 2010

Anglais/français : langues et littérature(s)

Publication de Catherine Leclerc (Université McGill) , Des langues en partage? Cohabitation du français et de l'anglais en littérature contemporaine, Montréal, XYZ, «Théorie et littérature», 2010, 416 p.

Présentation de l'éditeur (http://www.editionsxyz.com/catalogue/583.html) :


De plus en plus, les œuvres en prose sont appréciées pour la multiplicité des langages – voire des langues – qu’elles font cohabiter. Plusieurs langues peuvent-elles tout à tour, dans un même texte, servir de véhicule à la relation d’un récit? Peuvent-elles cohabiter en toute réciprocité? Voilà les principales questions que pose cet essai, qui est le résultat d’une enquête sur des textes littéraires écrits à la fois en français et en anglais et qui établissent un rapport de réciprocité plutôt qu’une hiérarchie entre ces langues, forçant ainsi la redéfinition des espaces littéraires qui leur sont assignés et opérant un véritable partage des langues. Catherine Leclerc les qualifie de colingues.

Le premier chapitre formule une théorie du colinguisme apte à guider la lecture des textes analysés dans les trois chapitres suivants : le roman Between de l’écrivaine britannique Christine Brooke-Rose, publié à la fin des années soixante, deux œuvres de la littérature anglo-montréalaise, Heroine de Gail Scott et Hellman’s Scrapbook de Robert Maizels, et des œuvres issues de communautés minoritaires, L’homme invisible/The invisible man du Franco-Manitobain Patrice Desbiens et Bloupe de l’Acadien Jean Babineau.

21 décembre 2010

De la non-pensée comme exercice fétiche chez quelques-uns de nos contemporains

Tout est possible dans le champ des études littéraires. Du best-seller conçu et reçu comme théorie. Voir l'encadré proposé par le site "Fabula" (http://www.fabula.org) :

"P. Bayard est sans doute le théoricien le plus présent et le plus commenté dans Fabula. Le premier ouvrage collectif consacré à ses travaux vient de paraître. On en trouvera la préface dans l'Atelier : Pour une critique décalée, par L. Zimmermann. On trouvera également sur le site de F. Bon la contribution de celui-ci à ce même collectif. Rappelons à cette occasion quelques-uns des jalons les plus importants de la réflexion autour de l'oeuvre de P. Bayard sur Fabula. On se souviendra notamment du dossier sur le plagiat par anticipation, qui comporte notamment un extrait d'un article de P. Bayard paru dans un numéro de La Lecture littéraire ("Ecrivains, lecteurs", dont M. Macé rendait compte en 2002 sous le titre "C'est ça, c'est exactement ça"), une contribution de M. Escola, Le temps de l'histoire littéraire est-il réversible ?, et plusieurs compte rendus de l'ouvrage Le Plagiat par anticipation. On se souviendra par ailleurs des nombreux articles proposés à chaque parution d'un ouvrage de P. Bayard, depuis un commentaire d'A. Gefen, jusqu'aux rebondissements multiples appelés par la critique policière inventée par P. Bayard. On pourra se souvenir de F. Schuerewegen et de sa contribution à l'ensemble Hégémonie de l'ironie? (1980-2008), Le critique ironiste (Charles vs Bayard). Signalons enfin la parution dans l'Atelier du Petit traité de "misologie" de D. Garncarzyk. Autant de manières de mieux saisir l'oeuvre d'un théoricien "que nous admirons tant aujourd'hui", pour reprendre les mots de G. Genette à son propos."

13 décembre 2010

Nathalie Heinich sur les Culture Wars

Pour une jonction entre deux des fils suivis par Polart, le nouveau livre de Nathalie Heinich : Guerre culturelle et art contemporain. Une comparaison franco-américaine (Hermann, Paris, 2010).

S'y croiseront en effet la question de la sociologie de l'art (et les nouveaux épisodes de la controverse française sur l'art contemporain), et la question des rapports comparatistes, mutuellement problématisants, entre les situations françaises et américaines de la pensée de l'art, de la culture et des cultures.
On pourra lire en résonance avec De la culture en Amérique, de Frédéric Martel, qui avait déjà présenté cette histoire culturelle américaine récente (Gallimard, novembre 2006), avec une méthodologie très différente.
Pour moi l'intérêt est également la jonction historique, sous le même intitulé du débat public aux Etats-Unis, des questions du financement public de l'art d'une part, et des questions du multiculturalisme et de la political correctness dans les universités d'autre part. Il est possible que le livre de Heinich ne s'occupe pas de ce deuxième pan, ce que ne nous empêche pas de le prendre en compte à la lecture, comme effet contextuel.

30 novembre 2010

Nouvelle parution

Youlia Maritchik

Les Formes hybrides dans le roman contemporain: le verbal et le visuel dans les oeuvres de Marguerite Duras
Sarrebruck, Editions Universitaires Européennes, 2010

L'oeuvre de Marguerite Duras a un statut problématique parmi les critiques littéraires: la notion d'hybridité, qu'ils appliquent aux textes afin de cerner cette oeuvre marginale, est à double face. Tout d'abord, elle est pensée comme intrusion des "signes poétiques" dans l'écriture romanesque; ensuite, l'hybridité en tant que signe caractéristique du style "cinématographique" sous-tend la prolifération des effets "visuels". Cependant, l'oeuvre de Duras déborde les techniques "visuelles" / "poétiques" et crée ses propres valeurs. Le "voir" de ses textes n'est pas descriptif, il ne prédétermine pas l'imaginaire des lecteurs. Ce voir est de nature rythmique, prosodique, orale. Le présent livre explore en premier lieu les rapports qu'entretiennent texte et film dans le discours critique afin de réfléchir sur la notion de "visualité". En second lieu, il étudie le concept d'hybridité élaboré par les critiques littéraires, concept voué à caractériser l'oeuvre de Duras par le biais d'autres notions comme "écriture filmique" et "écriture poético-romanesque". Enfin, il analyse à titre d'exemple un texte de Duras réputé pour son caractère "hybride".

28 novembre 2010

Edu-factory

Un lieu international de travail et d'information sur les "conflits et mutations de l'université", ouvert en septembre 2010 : Edu-factory : http://www.edu-factory.org/wp/

Le collectif Edu-factory a participé au numéro 39 de Multitudes (hiver 2009) - dont la "Majeure", intitulée "Universités : multiversitudes", est consacrée aux transformations de l'université - avec un article intitulé : "La machine Edu-Factory : Politique transnationale et institutions traductrices". Résumé :

Au lieu de se complaire dans l’idylle pastorale d’une recherche animée par l’amour désintéressé du savoir gratuit, le collectif Edu-Factory prend acte de la nature fondamentalement économique et politique du savoir, tel qu’il est produit et diffusé. En comparant l’université à l’usine, Edu-Factory nous permet de mieux saisir à la fois ce qui rapproche et ce qui sépare fondamentalement ces deux lieux de production stratégiques dans le développement du capitalisme.

13 novembre 2010

Voix et relation

Serge Martin

Maître de Conférences en langue et littérature françaises

à l’Université de Caen Basse-Normandie (IUFM)

LASLAR EA 4256

présentera et soutiendra publiquement son

dossier de synthèse de travaux

en vue de l’habilitation à diriger des recherches

9e section : Langue et littérature françaises

Voix et relation

Essais pour le poème, la poétique

avec la littérature contemporaine de langue française

(œuvres, enseignements, revues et archives)

devant le JURY composé de :

Pr. Marie-Paule Berranger, Université de Caen Basse-Normandie

Pr. Bruno Blanckeman, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3

Pr. Jean-Louis Chiss, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3

Pr. Jean-Yves Debreuille, Université Lumière – Lyon 2

Pr. Emmanuel Fraisse, Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3

Pr. Dominique Rabaté, Université Paris Diderot – Paris 7

à l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3

le 3 décembre 2010 à 14 heures

salle Las Vergnas

13, rue de Santeuil

75005 Paris

07 novembre 2010

Sens de la langue et sens du langage. Poésie, grammaire, traduction. 17-18 novembre 2010, à Bordeaux.



SENS DE LA LANGUE ET SENS DU LANGAGE

POESIE, GRAMMAIRE, TRADUCTION


Mercredi 17 novembre
IUFM d'Aquitaine
Site de Caudéran, auditorium
rue de l'Ecole Normale - Bordeaux


8 h 45 Accueil des participants


9 h 00 Ouverture de la première journée du colloque
Philippe Girard, Directeur de l'IUFM d'Aquitaine,
Eric Benoît, Directeur de Modernités (TELEM, UB 3)
Madame l'Inspectrice IPR-IA des Lettres


9 h 30 Conférence d'ouverture : Gilles Philippe,
Université Sorbonne Nouvelle Paris 3
« Peut-on écrire de la poésie en français ? Histoire
d'une question »


10 h 30 Jean-Michel Delacomptée, Université Paris
8, écrivain)
« Le style simple et naturel selon Bossuet »


11 h 00 Pause café


11 h 30 Marie-Corinne Baron, Université de Paris IV
Sorbonne
« L'expression à l'épreuve de l'impression dans la
Recherche du temps perdu »


12 h 00 Chloé Laplantine, Polart, Paris 8
« Enseigner Baudelaire avec Benveniste »


12h30 Pause déjeuner


14 h 00 Sandrine Larraburu Bédouret, Université de
Pau et des Pays de l'Adour
« Donner du sens à l'enseignement de la langue »


14 h 30 Paul Boucher, Université d'Angers
« Oralité et sens de la langue »


15 h 00 Serge Martin, Université de Caen
« La voix. La transmission linguistique et littéraire »


15 h 30 Pause


16 h 00 Lectures de textes – Quatuor : musique baroque


17 h 15 Table ronde traduction avec André Markovicz


Jeudi 18 novembre
Maison des Sciences de l'Homme d'Aquitaine
Salle 2, 1er étage, Université Bordeaux 3,
esplanade des Antilles - Pessac


9 h 00 Ouverture de la seconde journée du colloque
Patrice Brun, Président de l'Université de Bordeaux 3
Eric Benoît, Directeur de Modernités (TELEM, UB 3)


9 h 15 Eve De Dampierre, Université de Bordeaux 3
« Ecriture poétique d'Ungaretti : du texte traduit au
texte traduisant »


9 h 45 Andrew Eastman, Université de Strasbourg
« Idéologies de l'anglais : traduction littéraire, théories de
l'énonciation et génie des langues »


10 h 15 Pause café


10 h 30 Joachim Zemmour, traducteur littéraire,
Université Bordeaux 3) :
« Quand la lettre tue l'esprit: réflexions à partir de
transcréations d'Alfred Lord Tennyson ».


11 h 00 Jérôme Roger, Université Bordeaux 4
« Le poète Aimé Césaire est-il audible en langue
française ? »


11 h 30 Lectures - saxophone :
avec François Corneloup, improvisateur, compositeur.


12 h 30 Pause déjeuner


14 h 30 Sandy Pecastaing, Université Bordeaux 3)
« Poe et le pouvoir des mots : Réflexions autour d'une
erreur de traduction de Baudelaire »


15 h 00 Chantal Lapeyre, Université d'Artois
« Embarras de langues »


15 h 30 Hervé Castanet, psychanalyste, professeur
d'université, directeur de la revue « Il particolare »
« La parole est une modalité de jouissance – à propos
de Christian Prigent »


16 h 00 Bilan et Perspectives
Isabelle Poulin, Université de Bordeaux 3


16 h 30 Clôture du colloque


Ce colloque s'inscrit dans la série des colloques « Littérature, recherche, enseignement » organisés par l'IUFM d'Aquitaine / Université Montesquieu - Bordeaux 4 et l'équipe Modernités EA TELEM / Université Bordeaux 3

Responsable : Chantal Lapeyre, Isabelle Poulin, Jérôme Roger

Url de référence :
http://www.iufm.education.fr/applis/actualites/spip.php?article758

01 novembre 2010

Gérard Dessons, La manière folle

Vient de paraître :

Gérard Dessons, La manière folle, Éditions Manucius, collection "Le marteau sans maître", 2010.

Qu'est-ce qu'une oeuvre folle ? Qu'est-ce qui fait qu'une oeuvre se voie qualifiée de démentielle, même – et surtout – lorsque son auteur est apparemment indemne de toute pathologie psychique ? Le jugement se retournant sur le juge lui-même, la question de l'oeuvre folle devient finalement la question de l'oeuvre affolante. Comment expliquer qu'une oeuvre soit à ce point inacceptable que la critique, inquiète, la déclare « impossible » ? En fait, la singularité des oeuvres souvent déconcerte. La manière n'est jamais très loin de la manie, et l'histoire de l'art, de ce point de vue, ressemble à une histoire de fous.Mais autre chose s'exprime à travers l'accusation de manière folle, c'est la peur de la contagion ; cette capacité de l'art, de la littérature à se répandre en inventant des publics. La folie de l'art est d'abord politique.

15x24cm - 272p - 22€

29 octobre 2010

De la grammaire à l'inconscient dans les traces de Damourette et Pichon

VIENT DE PARAÎTRE

aux Editions Lambert-Lucas, 4 rue d’Isly, 87000 LIMOGES
http://www.lambert-lucas.com

Sous la direction de Michel Arrivé, Valelia Muni Toke et Claudine Normand
De la grammaire à l’inconscient dans les traces de Damourette et Pichon

ISBN 978-2-35935-022-7, 312 pages, 35 €

« Le système grammatical d’une langue baigne en grande partie dans l’inconscient. » C’est là un des postulats sur lesquels se construit le monumental Essai de grammaire de la langue française, de Jacques Damourette (1873-1943) et Édouard Pichon (1890-1940).
Les deux auteurs sont pittoresques et insolites. Jacques Damourette, de santé fragile, n’a jamais exercé son métier d’architecte, mais s’est passionné pour la langue française. Il a communiqué sa passion à son neveu Édouard Pichon qui, en dépit de la maladie qui le fera mourir à quarante-neuf ans, mène une brillante carrière de médecin. Devenu psychanalyste, il est, en 1939, président de la Société Psychanalytique de Paris : il y reçoit un jeune et brillant psychiatre nommé Jacques Lacan. L’œuvre de Damourette et Pichon continue, près d’un siècle après le début (1911) de son élaboration, à intriguer, souvent à passionner linguistes et analystes. Ils se sont rencontrés à Cerisy pour approfondir les aspects de ce travail entre tous original, qui affronte par le biais de la grammaire d’une langue le problème toujours renouvelé des relations entre langage et inconscient.

20 octobre 2010

Situation universitaire, Grande-Bretagne

Message reçu d'un collègue de King's College London à la suite de l'annonce de la "Spending Review" du gouvernement britannique de ce jour. Il s'agit de la circulaire diffusée ce soir par le doyen de ce prestigieux "College" à tous les personnels enseignants :


> Dear Colleague
>
> As you may know, the results for higher education of the Government’s > spending review have now been announced. Although many important > matters of detail are unclear, and are likely to remain so for some > time, it is evident that very substantial reductions are to be made
> over the period 2011-15 in the money that HEFCE has available to > allocate to universities for teaching. It is also now clear that there > will be reductions over the same period in real terms (i.e. after > inflation is taken into account) in the money available overall to > Research Councils for disbursement to universities in the form of > grants.
> The massive reduction in the teaching grant represents a fundamental > change in the way that English universities are financed. We now await > news as to how far the Browne Review will lead to universities having > the power to charge higher fees in order to make up for these very > large reductions in income from the funding council. It will take > some time, perhaps months, for that situation to clarify. I plan to > speak at staff fora around the campuses in the next few weeks by which > time we may be in a better position to interpret the impact of the
> spending review and the Browne Review. >
> In the meantime my immediate colleagues and I, in discussion with a > wide range of staff and students around the College, and with the > College Council, will be starting to consider how King’s can best > react to these unprecedented changes. This is inevitably an anxious > time throughout English higher education. >
> I think that all of us at King’s should remain conscious of the > College’s many great strengths, as recognised recently in our > designation as the Sunday Times University of the Year 2010-11. The > College is also extremely fortunate to have the support of its staff, > students and alumni in these difficult times.
> > Although King’s will have many challenging questions to resolve in the > coming months, we should be clear that the College should be better > placed than the large majority of English universities in mapping out > future strategies. I have every confidence that the College will
> continue to build on its achievements. >
> Rick Trainor >
> Professor Richard Trainor KBE, > Principal & President, King's College London

A lire en écho avec le message posté par E. Guerre sur la liste Préparation de la coordination nationale :

http://www.timeshighereducation.co.uk/story.asp?sectioncode=26&storycode=413956&c=1

Moins £2.9 milliards pour le budget de l'enseignement superieur, qui passera de £7.1 milliards a £4.2 milliards en 2014-15.

Autre mesure notable: si la subvention de l'enseignement des sciences est gelee (elle n'augmentera cependant pas), il n'y aura plus rien pour l'enseignement des arts, humanites et sciences sociales.

Le budget de la recherche semble cependant gele.

L'augmentation des droits d'inscriptions semble inevitable. Ce qui est tres curieux est que le systeme de prets consenti par l'Etat aux etudiants est maintenu, ce qui va augmenter la dette publique d'autant, du moins sur un regime transitoire de 3/4 ans.

Les coupes ont ete tres violentes pour les plus defavorises: par exemple, ceux qui beneficiaient d'un loyer subventionne devront payer 80% du prix du marche (un deux pieces a Londres est souvent a £1.200 le mois).

Les britanniques commencent a regarder les greves en France avec attention...

13 octobre 2010

The Crisis of the Humanities - Stanley Fish

A lire, texte de Stanley Fish, sur

The Crisis of the Humanities Officially Arrives

The New York Times, "The Opinion Pages" ; October 11, 2010, 9:00 pm

Reproduit d'après : http://opinionator.blogs.nytimes.com/2010/10/11/the-crisis-of-the-humanities-officially-arrives.

In a response to last week's column on "Howl", the movie about Allen Ginsberg’s famous poem, Charlie from Binghamton asked, “What happened to public investment in the humanities and the belief that the humanities enhanced our culture, our society, our humanity?” And he speculated that it “will be a sad, sad day if and when we allow the humanities to collapse.”

What he didn’t know at the time is that it had already happened, on Oct. 1, when George M. Philip, president of SUNY Albany, announced that the French, Italian, classics, Russian and theater programs were getting the axe.

For someone of my vintage the elimination of French was the shocker. In the 1960s and ’70s, French departments were the location of much of the intellectual energy. Faculty and students in other disciplines looked to French philosophers and critics for inspiration; the latest thing from Paris was instantly devoured and made the subject of conferences. Spanish was then the outlier, a discipline considered stodgy and uninteresting.

Now Spanish is the only safe department to be in. Russian’s stock has gone down, one presumes, because in recent years the focus of our political (and to some extent cultural) attention has shifted from Russia to China, India, Pakistan, Iran, Iraq. Classics has been on the endangered species list for decades. As for theater, the first thing to go in a regime of bottom-line efficiency are the plays.

And indeed, if your criteria are productivity, efficiency and consumer satisfaction, it makes perfect sense to withdraw funds and material support from the humanities — which do not earn their keep and often draw the ire of a public suspicious of what humanities teachers do in the classroom — and leave standing programs that have a more obvious relationship to a state’s economic prosperity and produce results the man or woman in the street can recognize and appreciate. (What can you say to the tax-payer who asks, “What good does a program in Byzantine art do me?” Nothing.)

President Philip cites as one justification for his action the fact “that there are comparatively fewer students enrolled in these degree programs.” Of course, in a bygone time seats in those programs’ classes would have been filled by students who were meeting quite specific distribution requirements; you remember, two advanced language courses, one course in American lit and another in British lit, and so on.

Those requirements have largely gone away. SUNY Albany does have general education requirements, but so many courses fulfill them — any one of dozens will meet your humanities requirement — that they are hardly a constraint at all, something the Web site acknowledges and even underlines with pride. This has happened in part because progressive academics have argued that traditional disciplinary departments were relics from the past kept artificially alive by outmoded requirements.

But keeping something you value alive by artificial, and even coercive, means (and distribution requirements are a form of coercion) is better than allowing them to die, if only because you may now die (get fired) with them, a fate that some visionary faculty members may now be suffering. I have always had trouble believing in the high-minded case for a core curriculum — that it preserves and transmits the best that has been thought and said — but I believe fully in the core curriculum as a device of employment for me and my fellow humanists. But the point seems to be moot. It’s too late to turn back the clock.

What, then, can be done? Well, it won’t do to invoke the pieties informing Charlie from Binghamton’s question — the humanities enhance our culture; the humanities make our society better — because those pieties have a 19th century air about them and are not even believed in by some who rehearse them.

And it won’t do to argue that the humanities contribute to economic health of the state — by producing more well-rounded workers or attracting corporations or delivering some other attenuated benefit — because nobody really buys that argument, not even the university administrators who make it.

And it won’t do, in the age of entrepreneurial academics, zero-based budgeting and “every tub on its own bottom,” to ask computer science or biology or the medical school to fork over some of their funds so that the revenue-poor classics department can be sustained. That was the idea a while back, but today it won’t fly.

The only thing that might fly — and I’m hardly optimistic — is politics, by which I mean the political efforts of senior academic administrators to explain and defend the core enterprise to those constituencies — legislatures, boards of trustees, alumni, parents and others — that have either let bad educational things happen or have actively connived in them.

And when I say “explain,” I should add aggressively explain — taking the bull by the horns, rejecting the demand (always a loser) to economically justify the liberal arts, refusing to allow myths (about lazy, pampered faculty who work two hours a week and undermine religion and the American way) to go unchallenged, and if necessary flagging the pretensions and hypocrisy of men and women who want to exercise control over higher education in the absence of any real knowledge of the matters on which they so confidently pronounce.

On the basis of his performance in this instance, President Philip (who is without a doctoral degree and who has little if any experience teaching or researching) is not that kind of administrator, although he does exhibit some skills. With little notice, he called a town hall meeting for Friday afternoon, Oct. 1, when he could be sure that almost no academic personnel would be hanging around. In an e-mail sent the same day, he noted the “unfortunate timing,” but pleaded the “limited availability of appropriate large venue options.” In effect, I can’t call a meeting on a convenient day because we don’t have a room large enough to get you all in, so I’ll commandeer a large room on a day when I know that very few of you will show up. Brilliant!

The lengthy e-mail is also a legal justification in advance of any legal action. Philip knows that he can’t dismiss individual professors, but can only eliminate programs and departments. And he knows that, given tenure, contracts and all that pesky stuff he can only do that if he can make a case for financial exigency.

Accordingly, he explains in some detail a 30 percent decline of state support in the past three years and lists the steps his administration has already taken to deal with the problem. He is careful to say that the action he takes does not reflect any negative view of the scholars who will lose their positions or the value of the subjects they teach. He acknowledges that the burden seems to fall disproportionally on the humanities, but assures the departing soldiers that comparable cuts are on the way in the other colleges. (It’s almost a Bill Maher line: Don’t get me wrong. I love the humanities.)

Every sentence is written with passages like this one from AAUP v. Bloomfield College (1974) in mind. We consider, the court said, an administration’s “duty to honor solemnly undertaken tenure commitments, the objective data relating to the college’s financial circumstances, its financial history; the authenticity of the financial threat . . . the existence of real alternatives o the action taken.” Philip (or the university lawyer) is covering all the bases.

He also seems to be trying a political ploy. He makes much of the failure of the state legislature to pass a bill that would have allowed the university to set its own tuition rates. “Regrettably,” he reports, that didn’t happen. He is sending the legislators a message: you dropped the ball and see what you made me do. I guess they are supposed to recoil in horror and say, “No, no, we’ll do the right thing.” Fat chance! The truth is no one in public life cares for the humanities as an academic enterprise, although public officials most likely do care for books, movies, operas and TV, and like to think of themselves as crackerbarrel philosophers and historians.

That’s O.K. It’s not their job to value the humanities or even to understand them. But it is the job of presidents and chancellors to proclaim the value of liberal arts education loudly and often and at least try to make the powers that be understand what is being lost when traditions of culture and art that have been vital for hundreds and even thousands of years disappear from the academic scene. President Philip cries crocodile tears. Real tears are in order.




Hémisphère gauche - les nouvelles pensées critiques

Comme pendant à "La Pensée anti-68" de Serge Audier, l'ouvrage de Razmig Keucheyan, Hémisphère gauche. Une cartographie des nouvelles pensées critiques, Editions Zones, avril 2010, 324 p.

Présentation de l'éditeur :
On assiste depuis la seconde moitié des années 1990 au retour de la critique sociale et politique. La bataille des idées fait rage, développée dans des directions multiples et foisonnantes par des auteurs aussi divers que Toni Negri, Slavoj Zizek, Alain Badiou, Edward Said, Jacques Rancière, Homi Bhabha, Judith Butler, Giorgio Agamben, Frederic Jameson, Gayatri Spivak, Axel Honneth, Étienne Balibar, Miguel Benasayag, Daniel Bensaïd ou Paolo Virno, la pensée radicale est de retour.
Quelles sont ces théories qui accompagnent l’émergence des nouvelles luttes sociales ? En quoi se distinguent-elles de celles qui caractérisaient l’ancien mouvement ouvrier : le marxisme, l’anarchisme, le keynésianisme, le tiers-mondisme et le libéralisme de gauche, par exemple ? Quels sont leurs courants, leurs tendances, leurs innovations ? Hémisphère gauche rend compte avec pédagogie de la grande diversité de ces nouvelles théories critiques : marxisme et post-marxisme, théorie post-coloniale, cultural studies, théorie de la reconnaissance, théorie queer, post-structuralisme, théorie de l’anti-pouvoir, néo-spinozisme, etc. Il montre également l’unité qui sous-tend ces différents courants de pensée, qui résulte de ce qu’ils sont tous le produit des défaites subies par les mouvements de contestation des années 1960 et 1970. Cet ouvrage fournit une introduction synthétique et pédagogique aux nouvelles théories critiques contemporaines, dans une perspective internationale. Il se veut un « mode d’emploi » facilitant l’accès à ces théories aussi une invitation à la découverte et à la lecture.

10 octobre 2010

Manières zutistes

En écho à l'étude d'Arnaud Bernadet sur les "Manières zutistes. La signature au pluriel : Valade, Cros, Rimbaud et cie" :
Bien noté les groupisme et enculisme littéraires. De même, la proposition du zutisme.
Et la circonstance, intégrée en poétique, du lieu de l'Hôtel des Etrangers. Une question à ce propos : c'était le lieu de rdv des zutistes - même hôtel du début du Surréalisme, ou bien avec quoi est-ce que je confonds?

Mais, ici, une remarque sur Beckett, auteur dans le français, soit : venant se mailler en réseau poétique avec l'histoire des manières francophones. La poétique des Conneries des Zutistes me connecte assez directement avec les déclinaisons de la malfaçon dans Beckett. Les fizzles/foirades, pire, dramaticules, pochades, mirlitonnades. "Dramaticule" sonnant de manière nouvelle pour moi dans ce contexte/transtexte de lecture, je note.
Chez Beckett, les trans-connections et relais entre les rémanences poétiques des manières francophones et des anglophones : il faudrait regarder le sens possible des résonances avec les traditions anglophones du nonsense (dans le cadre du régime de répression sexuelle victorien, en miroir négatif du régime "bas" du zutisme : copro-, connerie, etc.), mais aussi de ce qu'en continue Joyce (qui infléchit vers du très copro- et conneriste, Ulysses passé en procès et interdit pour obscénité, 1922).
Autre écho avec Beckett : ses passages, séjours dans, expérimentations parodiques, des -ismes et manifestes et antimanifestes. Jeu énonciatif autour du Concentrisme. Proposition énonciative difficile à placer, beautifully perturbatrice, dans l'ordre discursif de l'époque (fonctionnement du canular, dans l'énonciation universitaire/critique/lettrée, malentendus), et qui continue à faire des dégâts (produire des malentendus) dans la critique beckettienne : sur la question de décider comment faire valoir ces propositions critiques. Mise en instabilité du sérieux critique.

05 octobre 2010

Séminaire Diversité des langues : programme 2010-2011

Séminaire Diversité des langues et poétique de l'histoire
Le Texte étranger (de l'EA 1569, Université Paris 8 - resp. C. Joubert)
UMI Transitions (CNRS/NYU - resp. E. Baneth-Nouailhetas)
et Polart - poétique et politique de l'art

Programme 2009-2011 : "Le 'postcolonial' comparé : anglophonie, francophonie"

- vendredi 22 octobre 2010, 9h30-12h30 - Université Paris 8, salle D 301.
9h30 - table ronde "Etat des travaux" au seuil de la deuxième année du programme : avec Yves Abrioux, Jaine Chemmachery, Dominique Combe (sous réserve), Alice Goheneix, Sarah Heft (sous réserve), Christine Lorre (sous réserve), Natalia Palamarchuk ; puis discussion générale.
11h15 - Emilienne Baneth-Nouailhetas : "Décentrer l'anglophone".
11h45 - Claire Joubert : "Modèle Inde, modèle Caraïbes".

- samedi 30 avril 2011, 10h-18h - Université Paris 8, salle D 143.
Journée d'étude "Les Caraïbes : lieu critique du 'postcolonial'".
Comparaison des héritages coloniaux anglophone, francophone, hispanophone, néeerlandophone. Programme précisé ultérieurement.

- septembre/octobre 2011 - Université Paris 8.
Journée d'étude "Perspectives transnationales : les empires et les
disciplines, suite".
Elargissement de la comparaison à d'autres systèmes coloniaux/impériaux, et à d'autres systèmes universitaires nationaux. Programme précisé ultérieurement.

L'ensemble des séances est ouvert à tous chercheurs et étudiants.
Contact : Claire Joubert.

Emilienne BANETH-NOUAILHETAS
Professor, English Literature
Senior Researcher, CNRS, France
Director, UMI 3199, CNRS-New York University
(Center for International Research in the Humanities and Social sciences)

Claire Joubert
Professeur de Littérature anglaise
Département d'Etudes Littéraires Anglaises
Université Paris 8
http://www.univ-paris8.fr/dela/

03 octobre 2010

Situation universitaire américaine - les langues

Transmis par un collègue américain, le 3 octobre 2010 :

Dear Friends and Colleagues,

Today the seven members of the French faculty at SUNY--Albany (all tenured) were informed that by presidential decision, ostensibly for budgetary reasons, te French program has been "deactivated" at all levels (BA, MA, PhD), as have BA programs in Russian and Italian. The only foreign language program unaffected is Spanish. The primary criterion used in making the decision was undergrad majors-to-faculty ratio.
We were told that tenured faculty in French, Russian, and Italian will be kept on long enough for our students to finish their degrees--meaning three years at the outside. Senoir faculty are being encouraged to take early retirement. The rest of us are being urged to "pursue our careers elsewhere," as our Provost put it.
Needless to say, the decision is personally devastating to those of us affected, but it is also symptomatic of the ongoing devaluation of foreign-language and other humanities program in universities across the United States. I'm writing to ask for your help in spreading the word about this decision as widely as possible and in generating as much negative media publicity as possible against SUNY--Albany and the SUNY system in its entirety.
There is much background to add about how this decision was reached and implemented, too much for me to explain fully here. Suffice it to say that the disappearance of French, Italian, and Russian has resulted from an almost complete lack of leadership at the Albany campus and in the SUNY system. Our president, a former state pension fund manager, holds an MBA as his highest degree, has never held a college or university teaching position, and has never engaged in any kind of sholarship.
More disturbing still, due process was not followed in the decision-making process. The affected programs were not consulted or given the opportunity to propose money-saving reforms. Our Dean and Provost simply hand-selected an advisory committee to rubber stamp the president's decision. The legalities of the situation remain to be discussed with our union, UUP, but in the meantime I welcome any advice you may have.
best,

Brett Bowles
Associate Professor of French Studies
French Graduate Program Director
State University of New York, Albany
bbowles@albany.edu

27 septembre 2010

Actualité politique

Un compte rendu circonstancié de la visite récente de V. Précresse à l'Université de Strasbourg, un texte de Pascal Maillard sur Mediapart : http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-mediapart/article/160910/madame-pecresse-nous-sommes-en-colere.

Un autre texte de Pascal Maillard : "Invention sécuritaire et violence pure..."? :
http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-mediapart/article/260810/invention-securitaire-et-violence-pure-appel-un

Souriez, j'aurai bientôt réparé Mai 68. Entretien de Valérie Pécresse aux "Echos"

On consultera avec délice le lien suivant, entretien de Valérie Pécresse aux Echos, en date du 27 septembre 2010 : « D'ici à 2012, j'aurai réparé les dégâts de Mai 1968 ».


La même date-antienne des passéistes et autres réactionnaires de service.


On notera enfin au passage ce petit segment de l'entretien sur le partage et la séparation des disciplines enfin réunies par la force de la loi.

http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/actu/020813692345.htm

24 septembre 2010

Luttes en cours

Transmis sur les listes Préparation de la Coordination Nationale et SLU :

Pour information et diffusion, je vous rappelle l'existence des pétitions suivantes (liste non exhaustive) :
- "Consultation des personnels du CNRS sur la PPRS" : http://www.petition-pprs-cnrs.fr/?petition=2
- "Pétition - Lettre pour Christine Proust" : http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article3243
- "APPEL INTERNATIONAL DE CHERCHEURS et d’acteurs de l’éducation CONTRE la dissolution de INRP, POUR que l’INRP ait les moyens de développer ses missions" : http://www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article3245
- "Pour une amélioration des salaires et des carrière, Contre la Prime dite d'excellence scientifique" : http://www.petition-pes.fr/?petition=2
-"100 000 voix pour la formation des enseignants , La formation des enseignants : un investissement pour l'avenir !" : http://www.100000voixpourlaformation.org/
- "Pétition MCF revalorisation des carrières" : http://www.petitionduweb.com/Revalorisation_des_Carrieres_Maitre_de_Conferences-3988.html
- "Pétition pour la défense des enseignants contractuels et vacataires de l’Université de Strasbourg" : http://appeldestrasbourg.unistra.fr/vacatairesNational.html
- "APPEL DU 14 JUILLET Pour une justice indépendante et impartiale : À propos des affaires Bettencourt " : http://www.mediapart.fr/club/blog/la-redaction-de-mediapart/140710/deja-plus-de-6000-signataires-de-lappel-pour-une-justice-
- "Support Italian Research and Education" : http://no-brain-no-gain.net/index.php

La fabrique de l'humain - entretien radiophonique avec Yves Citton

En lien avec la publication de son ouvrage, L'Avenir des humanités, disponible par podcast, l'entretien d'Yves Citton sur France Culture : http://www.franceculture.com/podcast/1237621

L'Avenir des humanités - Yves Citton

Dans le cadre problématique des politiques de la recherche, du capitalisme cognitif et du sort des humanités, après Lire, interpréter, actualiser. Pourquoi les études littéraires ? (Editions Amsterdam, 2007), le dernier ouvrage d'Yves Citton doit retenir notre attention : L'Avenir des humanités, Paris, La Découverte, 2010, 204 p.

Présentation de l'auteur
(voir le site des Éditions La Découverte, http://www.editionsladecouverte.fr) :

En parlant de « communication », de « société de l'information » ou d'« économie de la connaissance », on laisse souvent penser que le savoir se réduit à une masse de données segmentées, isolées, brevetables et commercialisables comme n'importe quelle marchandise.
Devant cette vision appauvrie et sclérosée, Yves Citton renverse la perspective et révise notre imaginaire du savoir. Il montre que les Humanités, souvent considérées comme poussiéreuses voire inutiles, cultivent une compétence incontournable, celle de l'interprétation. Très loin de la simple « lecture » automatisée d'informations computables, revêche à toute réduction économiste, l'interprétation est une activité qui demande à être cultivée par un soin très particulier. La dynamique propre à ce geste diffus dans toutes nos pratiques est faite de tâtonnements, d'errances et d'erreurs, de suspens, de sauts, de bifurcations, de rencontres - où l'intuition (esthétique) joue un rôle aussi important que la systématicité (scientifique).
Devant l'emballement de la course au profit, l'exacerbation des inégalités sociales et le mur écologique qui nous font face, affirme Yves Citton, une reconsidération des Humanités est indispensable pour quiconque se préoccupe de l'avenir de l'humanité.

Sommaire:

Introduction. Économie de la connaissance ou cultures de l'interprétation ?
Qu'entend-on dire de « l'économie de la connaissance » ?
Quelles voies critiques ont déjà été frayées ?
L'intellectualité diffuse et l'avenir des Humanités


1. Comment penser et présenter nos savoirs ?
Toute connaissance est une interprétation
Volatilisation, aspirations et marges d'interprétation
Régimes de discours et degrés d'adhésion
La connaissance comme court-circuit de l'interprétation


2. Comment dansons-nous la valse de l'interprétation ?
Lecture vs. interprétation
Recognition vs. Interprétation
« Un cerveau, c'est du vide »
Les trois temps de l'interprétation


3. Comment contracter le futur ?
Le temps du pressentiment
L'art de la précipitation
Fragilité de l'interprétation et force du collectif
La vaticination constituante


4. Quelles conditions réunir pour interpréter ?
L'aménagement de vacuoles protectrices
L'impératif d'inaction
L'importance comme questionnement et sentiment
La protection d'une énonciation indirecte
Libre circulation et libre accès au bien commun
Le filtre paradoxal


5. Comment former des interprètes ?
De la captation privative à l'inter-prêt participatif
Du capital humain à la singularité collective
La décapitation des icebergs
Les sous-cultures comme émergences de formes de vie
L'enseignement de l'interprétation inventrice
Humanités appliquées, critiques, postcritiques

6. Comment humaniser l'avenir ?
« La vie et la vraie vertu de l'esprit »
Chacun est un artiste
Interprétation, humanisation et fétichisme


Conclusion. Politiques de l'interprétation, politiques des Humanités
L'hypothèse du capitalisme cognitif
Le capitalisme est-il soluble dans l'interprétation ?
Cheveux, décodages et déluges
Cultures de l'interprétation, cultures de gauche
Cultiver l'avenir des Humanités

Indications bibliographiques
Index des noms
Index des notions