Le premier numéro, septembre-octobre, est disponible. C'est un outil d'un type nouveau en France, modelé sur la New York Review of Books, la London Review of Books, le Times Literary Supplement (mais alors en plus moderne, et en plus marxien).
Quelques notes supplémentaires sur le blog Notes de l'étranger.
A noter également !, la participation d'un membre Polart aux travaux de la revue : Etienne Dobenesque y traduit Emilie Bickerton sur les "Adieux aux Cahiers [du Cinéma]", mais surtout apparaît comme traducteur de l'important Quand lire c'est faire. L'autorité des communautés interprétatives, de Stanley Fish, qui doit sortir en octobre.
C'est dans le cadre éditorial d'une nouvelle collection des Prairies ordinaires, intitulée "Penser/Croiser", et dirigée par François Cusset - pour mémoire : auteur de French Theory. Foucault, Derrida, Deleuze & Cie et les mutations de la vie intellectuelle aux Etats-Unis (La Découverte, 2003).
30 septembre 2007
Parution : n° 1 de la Revue internationale des livres et des idées
Publié par
CJ
à
19:40
0
commentaires
Libellés : Cusset, Dobenesque, Fish, traduction
28 septembre 2007
Les droites au pouvoir : politique et culture
Je voudrais signaler la parution du n° d'octobre-novembre de Manière de voir, le bimestriel thématique du Monde diplomatique, numéo intitulé : Les droites au pouvoir.
L'intérêt particulier est dans la conception éditoriale : un pan d'analyse politique pour commencer (nation, démocratie, capitalisme, égalité, (néo-)conservatisme, etc.), puis un pan sur les techniques de la "réforme" (j'apprécie ce coup d'éclairage, ce choix d'un point de vue, qui me paraît particulièrement pertinent dans l'actualité française, et depuis l'expérience quotidienne à l'université à cette rentrée), mais surtout enfin une section intitulée "La culture à la rescousse" - médias, télé, recherche et expertise, patrimoine. Je n'ai pas encore lu les textes, mais l'approche m'intéresse : oui, les droites, et leurs politiques de la culture. La culture - une conception de la culture -, comme outil de droitisation. (voir aussi, pour illustration, l'ensemble du n° du Débat de mai-août 2007, sur la culture générale, l'école, et la "nouvelle jeunesse" - dont un texte de Compagnon, sur la "perméabilité des disciplines").
L'ensemble du numéro est accompagné par des photographies de Martin Parr - là aussi c'est la signature du Diplo, une politique éditoriale de l'oeuvre d'art, qui pose des questions. Et fait poser des questions à l'oeuvre de Martin Parr, et aux lectures auxquelles on la plie. C'est à regarder de près.
Publié par
CJ
à
08:17
0
commentaires
26 septembre 2007
Séminaire Actualité critique - 28-29 septembre
Deuxième édition du séminaire Actualité critique de Polart cette semaine, qui se tiendra à Paris 8 (rendez-vous salle B 333)
Programme vendredi 28 septembre, 18h
. Emilienne Baneth-Nouailhetas (directrice adjointe du département Sciences humaines et sociales du CNRS, section Philosophie, histoire de la pensée, sciences des textes, théorie et histoire des littératures et des arts) : sur l'actualité et l'avenir proche de la recherche en sciences humaines
Programme samedi 29 septembre, 14h
. Arnaud Bernadet (Université Franche-Comté, membre du jury du CAPES de Lettres modernes) : sur les questions disciplinaires soulevées au cours de l'histoire récente du CAPES
. Mireille Bousquet (Université Paris 8, doctorat sur Beckett) : sur l'année du centenaire Beckett (2006)
. tour de table - actualité critique
. réouverture du chantier Polart "Débat et démocratie" : présentation de l'état des travaux
Publié par
CJ
à
20:59
0
commentaires
Libellés : séminaire Actualité critique
14 septembre 2007
à paraître
A paraître (octobre et novembre), deux nouveaux ouvrages d'H. Meschonnic,
Ethique et politique du traduire (Verdier)
Heidegger, Ou le National-Essentialisme (Laurence Teper)
aussi à noter, chez Verdier encore, en octobre, les Ecrits pour le cinéma de Benjamin Fondane.
Publié par
Chloé Laplantine
à
15:00
2
commentaires
07 septembre 2007
Publication
Je vous signale la parution aux éditions La Découverte du dernier livre de Pierre Tevanian, La République du mépris, les métamorphoses du racisme dans la France des années Sarkozy.
Publié par
IB
à
21:54
0
commentaires
Nouveaux réacs (suite)
Toujours dans l'actualité des "Nouveaux réac", je signale la parution du dernier livre de Michéa L'EMPIRE DU MOINDRE MAL. ESSAI SUR LA CIVILISATION LIBÉRALE. Le recours (et le retour) à la critique platonicienne de la démocratie est éloquente.Voir l'article du Monde de ce jour.
Jean-Claude Michéa : les dilemmes du libéralisme
LE MONDE DES LIVRES | 06.09.07 | 12h32 • Mis à jour le 06.09.07 | 12h32
Même s'il peut paraître aller dans le sens de l'opinion dominante en France, assez largement antilibérale, le livre de Jean-Claude Michéa représente un point de vue tout à fait original, qui a toutes les chances d'agacer, à gauche comme à droite.
Michéa se veut "socialiste" mais il doit fort peu à Marx et il n'a aucune nostalgie de la vieille politique progressiste ; en fait, il ne se veut même pas "de gauche", car il tient le clivage entre gauche et droite pour une dualité interne à la pensée libérale. Il se réclame de la tradition anarchiste, mais il est très éloigné des courants libertaires contemporains, qui sont pour lui le supplément d'âme de la modernité libérale ; il se veut comme Orwell "anarchiste tory", ce qui est une manière de revendiquer une identité "conservatrice" dans un pays où le conservatisme est l'ennemi privilégié de la droite comme de la gauche. Pis encore, il confesse sans état d'âme son "populisme", au risque de décourager les meilleures volontés libérales et-ou progressistes.
La thèse de Michéa peut être résumée de la manière suivante : le libéralisme n'est pas un courant particulier de la politique moderne, qui pourrait lui-même être subdivisé en courants divers, dont le libéralisme économique ne serait qu'une composante particulière : il y a au contraire une unité fondamentale du libéralisme, qui est au coeur de la modernité, et qui trouve finalement son "centre de gravité" dans l'expansion universelle de l'économie de marché et dans la croissance indéfinie de la production matérielle ; dans ce cadre, les revendications libertaires, qu'elles soient dirigées contre la morale traditionnelle ou contre les restes de l'Etat-nation, sont la pointe avancée de la modernisation et de la mondialisation : le libéralisme culturel est le supplément d'âme ou le complément naturel du libéralisme économique.
Le charme du livre vient d'abord de la grande élégance de la démonstration, qui s'appuie sur une vraie familiarité avec les grands penseurs libéraux. Après d'autres, Michéa montre que la logique libérale naît en fait avec la politique moderne elle-même, et singulièrement avec les guerres de religion, qui discréditent durablement l'idée que la politique aurait pour fonction d'instaurer le règne du Bien : l'Etat moderne devra s'émanciper de la religion pour se faire le protecteur des droits des individus, et le marché apparaîtra progressivement comme le cadre le mieux adapté à la pacification des relations entre les hommes.
De là, d'abord, la solidarité profonde liant le droit moderne - qui organise la coexistence des libertés sans prétendre créer les conditions de la vie bonne - à une anthropologie soi-disant réaliste mais en fait assez irréelle. Une telle anthropologie prétend dévoiler les ressorts cachés et inavouables de toute action plutôt que de se fier aux dispositions généreuses, ou altruistes, de l'humanité.
"HOMME NOUVEAU"
De là, ensuite, la force, dans la pensée moderne, de ce qu'on pourrait appeler un scepticisme dogmatique, qui au nom de la liberté et de l'égalité, refuse toute hiérarchie entre les fins que poursuivent les hommes. Or, cet égalitarisme sceptique, que Hobbes plaçait au fondement de l'Etat absolutiste, trouvera par la suite deux traductions, sociale et politique, sans doute plus adaptées à ses fins.
La première de ces traductions est l'économie de marché : on verra volontiers celle-ci comme le lieu d'un équilibre "mécanique" entre les volontés individuelles. Cet équilibre suppose aussi la dynamique indéfinie de la croissance pour tenter de satisfaire la soif d'acquisition que met en mouvement la généralisation de l'échange marchand.
La deuxième traduction de cette conception sceptique de la liberté et de l'égalité est sans doute la démocratie elle-même, contre laquelle Michéa ne craint pas de reprendre certaines des critiques de Platon. Selon l'auteur, le Grec aurait déjà reconnu, dans l'Athènes démocratique, impérialiste et commerçante, "certaines conséquences humaines du désir illimité d'accumuler des richesses et de la poursuite de l'intérêt égoïste" : on peut discuter cette critique, mais on doit reconnaître la justesse de l'idée qui fait du scepticisme le fondement de la démocratie - c'était la thèse, par exemple, du grand juriste positiviste Kelsen.
La période que nous vivons serait en quelque sorte l'aboutissement ultime de la logique libérale avec, d'un côté, l'extension de la sphère marchande et, de l'autre, la multiplication des conflits nés du relativisme moral moderne. Ces luttes se traduisent finalement par de nouvelles contraintes, visant à la création d'un "homme nouveau" toujours plus vigilant contre les conformismes passés et toujours plus conforme aux normes de la société nouvelle.
Le tableau que donne Michéa de cet Empire du moindre mal qui finit par ressembler au meilleur des mondes est souvent juste et parfois saisissant, parce qu'il est servi par un style alerte, qui tempère l'indignation par une ironie pleine de charme. On peut cependant lui adresser deux objections. Il est possible, en premier lieu, qu'il y ait une part d'illusion rétrospective dans l'idée d'une nécessité de l'évolution du libéralisme politique vers le pur et simple règne du marché ; on aurait pu tout aussi bien, il y a quelques dizaines d'années, prophétiser l'autodestruction de l'économie de marché en montrant que celle-ci avait fait naître une demande illimitée de protection des droits qui se traduisait par le progrès régulier de l'Etat-providence.
On peut aussi estimer que les thèses fondamentales du libéralisme (les droits, la limitation du pouvoir, la distinction de la société et de l'Etat) peuvent être articulées de différentes manières, dont certaines pourraient faire droit aux préoccupations d'un conservateur socialiste comme Michéa. Le philosophe polonais Lezsek Kolakowski a tenté jadis de montrer comment on pouvait être "socialiste-conservateur-libéral" : c'est peut-être là un oxymore, mais sans doute pas plus qu'"anarchiste tory".
L'EMPIRE DU MOINDRE MAL. ESSAI SUR LA CIVILISATION LIBÉRALE de Jean-Claude Michéa. Climats, 224 p., 19 €.
En librairie le 10 septembre.
Philippe Raynaud
Article paru dans l'édition du 07.09.07
Publié par
PMA
à
15:08
0
commentaires
Libellés : Débat et démocratie, Nouveaux réactionnaires
06 septembre 2007
Rénovation du site - suite
Ceci pour vous annoncer que Marc notre technicien vient de débloquer une série de problèmes qui restaient dans le fonctionnement du site. Les pages de liens sont de nouveau actives en particulier, et IB a fait toute la réactualisation, selon la liste qu'elle avait élaborée et fait approuver récemment. J'ai également fait un tour de l'ensemble des pages pour corrections et ajouts des auteurs et mots clés. Si vous remarquez des choses qui nous ont échappées, merci de nous contacter au CS.
C'est un bon moment, donc, pour soumettre des textes, notes de lecture, propositions de chantiers, etc.
Publié par
CJ
à
18:36
0
commentaires
28 août 2007
Proposition Polart / Débat et démocratie
Après vérification, j'ai sous les yeux le volume de P.-A. Taguieff dont parlait l'article du Monde du 25 - volume paru en mars 2007, intitulé donc Les Contre-réactionnaires. Le progressisme entre illusion et imposture (Denoël).
Le livre est organisé en 3 parties, la table des matières déjà bien parlante : 1. Fabrication d'une légende : les "nouveaux réactionnaires", 2. Au nom du progrès : du progressisme à l'antifascisme, et 3. Du terrorisme intellectuel au conformisme généralisé.
Dans le contexte de politique française, et de politique française du savoir, notre chantier Débat et démocratie est plus que jamais pertinent. Ouvert en octobre 2002, il est catapulté dans une urgence/pertinence renouvelée, et le support textuel du livre de Taguieff pourrait être une base de travail bien polarisée, et toute prête à polart-isation.
Je vous propose donc un chantier de lecture, avec une table ronde pour discussion dans le cadre du séminaire Actualité critique - sans doute pas possible pour la séance possible de la fin septembre, mais plus tard dans l'hiver. Décembre ?
Qu'en dites-vous ?
Publié par
CJ
à
12:40
2
commentaires
Libellés : Débat et démocratie, Nouveaux réactionnaires, Proposition Chantier
27 août 2007
Les Nouveaux réacs de nouveau à l'actu
Cet article, tout récemment, dans Le Monde - reçu, j'en profite pour signaler son existence, par la liste de diffusion de l'Association Multitudes, qui fait un travail sur Internet (Multitudes Web) et publie la revue papier Multitudes (le numéro de cet été, n° 29, publie un dossier "Narrations postcoloniales", et un dossier "Traduire Deleuze", par exemple - qui convaincra peut-être, encore une fois, des ressources critiques de l'étranger pour dénouer le piège intestin du parigo-français).
Rétrocontroverse : 2002, les intellectuels réactionnaires sont de retour
LE MONDE 25.08.07 13h21.
Mis à jour le 27.08.07 14h01
A l'automne 2002, quelques mois après le séisme du 21 avril et l'élimination de Lionel Jospin au premier tour de l'élection présidentielle, la gauche"plurielle" est en ruine. Au même moment, une petite bombe éditoriale va faire imploser une partie de la gauche "intellectuelle".
A l'origine de la déflagration, un mince volume intitulé Le Rappel à l'ordre: enquête sur les nouveaux réactionnaires (Seuil). L'historien Daniel Lindenberg y dénonce le triomphe d'une "libido réactionnaire" chez certains intellectuels longtemps étiquetés "de gauche". Sous prétexte de provoquer une "levée générale des tabous", ceux-là en seraient venus à exprimer une répugnance de plus en plus ouverte à l'égard des droits de l'homme, de l'antiracisme, de Mai 68 ou encore de la culture de masse, au point de vomir la démocratie en tant que telle.
Egrenant les noms des écrivains Michel Houellebecq et Maurice Dantec, comme ceux des philosophes Alain Finkielkraut, Pierre Manent, Marcel Gauchet ou Pierre-André Taguieff, Lindenberg ne prétend pas décrire un parti organisé. Il parle plutôt d'une "nébuleuse" disparate, rassemblant des hommes venus d'horizons divers, mais qui seraient passés "de Trotski à Carl Schmitt, des "années rock" au culte académique de la langue française et du latin d'école, du gauchisme chevelu à la croisade contre les fadeurs vénéneuses dela modernité"... Bien sûr, ce Rappel à l'ordre est à la fois hasardeux dans sa méthode et hâtif dans ses conclusions.
Et ceux qu'il met en colère ont beau jeu d'en moquer les faiblesses : "De la bouillie pour les chats, du mauvais travail intellectuel, où la nomination dénonciatrice compte davantage que l'analyse des idées", tranche l'historien Pierre Nora, fondateur de la revue Le Débat, dans un entretien accordé au Monde. "Il se porte tellement mal, l'espace public intellectuel, que ce livre nul en est le témoignage frappant", ajoute alors l'écrivain Philippe Muray (1945-2006) dans Le Figaro.
Reste que l'offensive Lindenberg fait mouche : durant de longues semaines, l'affaire des "nouveaux réactionnaires" occupe le devant de la scène, faisant l'objet d'émissions à la radio comme à la télévision, envahissant surtout les rubriques débats des journaux, à commencer par celles du Figaro et de Marianne. Le Monde, de son côté, va jusqu'à lui consacrer sa"manchette" - fait rarissime pour l'actualité des idées.
En effet, c'est l'occasion d'explorer les mutations du paysage intellectuel français, et en premier lieu l'implosion de cette galaxie qu'on nommait la"famille antitotalitaire". Partageant une même réflexion sur le phénomène totalitaire, cette famille s'est formée dans le soutien aux dissidents des régimes staliniens et dans la redécouverte de la pensée politique libérale du XIXe siècle (en particulier Alexis de Tocqueville et Benjamin Constant). On la trouve rassemblée autour de quelques revues, notamment Le Débat, Commentaire ou Esprit, et de quelques espaces académiques, dont le Centre Raymond-Aron, un laboratoire de l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).
La querelle apparaît donc comme une affaire de famille : lorsque paraît le livre de Daniel Lindenberg, ce dernier est conseiller à la direction de la revue Esprit, où bon nombre des auteurs ciblés par lui ont leurs habitudes. De même, l'historien Pierre Rosanvallon, professeur au Collège de France et président de La République des idées, association qui édite Le Rappel à l'ordre, se trouve être également le directeur du Centre Raymond-Aron. Il y côtoie, entre autres, Pierre Manent et Marcel Gauchet, que l'ouvrage de Lindenberg dépeint comme de dangereux contempteurs de la société démocratique : "Ce qui fait l'originalité de la controverse en cours, c'est qu'elle oppose pour partie, des deux côtés de la barricade, des hommes qui se réclament des mêmes valeurs. (...) La vérité est que le libéralisme qui les a unis tend aujourd'hui à les diviser et que la question des droits de l'homme est en train de devenir signe de contradiction dans la société française", constate l'historien Jacques Julliard dans Le Monde.
Le danger totalitaire est derrière nous, la ligne de front passe désormais au sein même du champ démocratique : un peu plus de dix ans après la chute du mur de Berlin, telle est donc la posture d'une gauche qui se veut réformiste et moderne, et qui n'envisage pas sa refondation sans une nette redéfinition de ses frontières. "Ce livre rend visible un phénomène qui n'avait pas encore été décrit : l'apparition d'une nouvelle forme d'illibéralisme. La dénonciation de la société ouverte s'opère en effet maintenant au travers d'une sensibilité que l'on peut appeler "critique réactionnaire"", persiste Pierre Rosanvallon, toujours dans nos colonnes.
Saine entreprise de clarification pour les uns, cette polémique a surtout mis en lumière, pour d'autres, l'état de confusion et de panique où se trouve la gauche progressiste depuis 2002. Comment expliquer, sinon, que tant d'observateurs aient pu diagnostiquer un "ralliement" massif des intellectuels à Nicolas Sarkozy, quand les allégeances effectives se comptent sur les doigts d'une main ?
Tout se passe comme si la gauche avait besoin de se faire peur, comme si elle compensait son impuissance doctrinaire et sa crise identitaire par une chasse hystérique aux "renégats" et aux "traîtres" : "Une gauche sans projet a besoin d'ennemis haïssables, si fantasmatiques soient-ils. L'acte de les dénoncer lui permet de se donner une contenance, à défaut d'une consistance. Telle est la principale fonction de l'étiquette illégitimante ("néoréacs"), dans un contexte où les identités politiques sont floues : fixer une ligne imaginaire entre la gauche et la droite. De quoi intimider les intellectuels en leur lançant le message : "Attention, ne pas franchir la ligne jaune !"", commente Pierre-André Taguieff dans un récent essai intitulé Les Contre-réactionnaires : le progressisme entre illusion et imposture (Denoël,620 p., 28 euros).
Jean Birnbaum
Publié par
CJ
à
17:25
0
commentaires
Libellés : Nouveaux réactionnaires, Taguieff
21 août 2007
Nouvelle candidature Polart
Nous avons reçu, au mois de mai, une nouvelle candidature au réseau. Je reproduis ci-dessous le texte du message, retrouvé dans les dossiers de notre adresse sur Free (et auquel je viens de faire une réponse rappelant les modes pratiques) :
Comment vous faire parvenir une copie des textes ( artciles extraits d'ouvrages) demandés pour poser une candidature s'il vous plait? Avez-vous une adresse postale? Merci d'avance pour votre réponse
Hélène Lenz MCF HDR directrice département d'études roumaines Strasbourg II
Publié par
CJ
à
11:10
0
commentaires
Libellés : fonctionnement Polart
Artaud et Char : l'historicité
Je transmets ici un message envoyé à Polart depuis le site à l'adresse Free :
Selon Roger BURTON <roger.burton@chello.be>:
Bonjour, bravo pour votre site. Juste une question .... quand je lis: «L'art, c'est l'aujourd'hui encore aujourd'hui demain" est-ce une référence voulue à Char (le désir réalisé du désir demeuré désir - citation de mémoire) ? Merci Bon travail RB
Publié par
CJ
à
10:38
0
commentaires
Libellés : Char, historicité
Compte mail Polart sur Free
Chers tous,
je viens d'aller faire un tour sur notre compte mail sur Free : il y a un sacré ménage à faire... (spams) Je regarde l'ensemble, nettoie, et vous propose de reprendre la question de ce moyen de communication lorsque nous aurons l'occasion de plancher à nouveau sur les modes de travail de Polart.
Publié par
CJ
à
10:36
0
commentaires
Libellés : fonctionnement Polart
20 août 2007
Séminaire Actualité critique - publication
Les textes issus de la première séance du séminaire Actualité critique (janvier 2007) sont maintenant en ligne. Ils sont téléchargeables à partir de la page Chantiers sur le site Polart.
Je prévois de vous proposer une seconde séance à la rentrée, peut-être en articulation avec la réunion générale Polart qui devrait sans doute avoir lieu à ce moment-là également ? - je vous recontacte dans les jours qui viennent pour voir avec vous les possibilités.
Publié par
CJ
à
10:33
0
commentaires
Libellés : séminaire Actualité critique
08 août 2007
Propriété intellectuelle, plagiat, université
Toujours pour le dossier "Propriété intellectuelle" : un lecteur du blog, resté anonyme, nous indique ce matin :
Bonjour, Il existe également une solution française pour contrer cet épineux problème : Compilatio.net.
Publié par
CJ
à
12:27
0
commentaires
Libellés : propriété intellectuelle
06 août 2007
Publication : volume Chomsky aux Cahiers de l'Herne
Jean Bricmont (celui du canular Sokal et Bricmont de 1997) et Julie Franck dirigent le volume intitulé Chomsky paru récemment aux Cahiers de l'Herne (2007, 356 p.). Le Monde diplomatique d'août prend cette occasion pour publier un entretien avec Chomsky, autour de la question du "lavage de cerveaux en liberté" - idée pivot de l'activisme de Chomsky, depuis au moins Manufacturing Consent (écrit avec Edward Herman, NY, Pantheon, 2002).
La situation est intéressante pour la question de l'intellectuel, qui agite les débats - sur les rapports entre pensée critique et politique, théorie et praxis - au même rythme que celle de l'érosion du marxisme, depuis 1989 disons. Eléments en présence : la figure du scientifique universitaire d'importance majeure, la question de la linguistique spécifiquement, la figure de l'intellectuel militant - et, à mon oreille, très nettement, la formule de Sartre : l'intellectuel comme celui qui se mêle de ce qui ne le regarde pas. Le savant, le langage, la société - et la critique, comme processus social.
Il faut ajouter à cela la présence éditoriale de Bricmont, qui oriente aussi cette configuration, en la chargeant d'une valence anti-théorie et (disons pour aller vite) scientiste par mémoire du canular sur les Impostures intellectuelles. Ici on peut mettre en regard un commentaire du Diplo sur la voix des directeurs du volume : "Dès l'introduction, les deux maîtres d'oeuvre du 'Cahier', Jean Bricmont et Julie Franck, établissent un ton - sérieux, ordonné, cartésien - parfaitement en accord avec cette logique à la fois implacable et jubilatoire qui caractérise la réflexion et les écrits de l'auteur étudié".
M'intéresse donc : le mode critique particulier qui est proposé ici, et l'analyse des raisons de ma réticence immédiate, gut reaction, moue. J'essaie :
. IR (soit, je devine, Ignacio Ramonet, éditorialiste du Diplo) commente et situe : "Ignoré le plus souvent par les médias dominants français, NC a été élu, en 2005, par les lecteurs du magazine britannique Prospect comme 'le plus grand intellectuel vivant' ". Comparé à Sartre et à Voltaire. Il faut entendre tout de même le fait qu'il est considéré aux Etats-Unis, par la gauche critique, comme une voix marginale, avec une écoute plus large à l'étranger que at home. Cette question reste donc largement ouverte. Ce qui me paraît certainement intéressant est ce rapport difficile et à la France - comme point d'origine de la notion d'intellectuel même, et indissociable d'un stéréotype américain quant à l'arrogance intellectuelle/"exception culturelle" - et aux mouvements critiques nationaux. Le Diplo, avec sa transnationalité particulière, est un espace de sa défense depuis plusieurs années. Il y a certainement une dimension géopolitique au problème de l'intellectuel. Une problématique très particulière de l'étranger - on pourra remonter directement à l'Affaire Dreyfus avec cette question. La critique et la nation.
. un coeur de la question Chomsky, si on veut analyser ce cas, c'est aussi : se mêle-t-il "de ce qui ne le regarde pas"? Soit : quel est le statut du rapport entre la puissance de son oeuvre de linguiste (IR rappelle en ces termes : "une véritable révolution dans les études du langage et de la grammaire, au point que cela a bouleversé les neurosciences cognitives" - nous voilà propres), et sa légitimité à prendre la parole sous le titre d' "intellectuel" (qui le déclare tel?) , sur "les mécanismes idéologiques qui, comme une camisole de force invisible, maintiennent la population volontairement soumise à la domination d'une minorité de puissants", inaugurant "ainsi une nouvelle lignée d'études des médias qui va faire école, et qui va aussi lui valoir des attaques d'une exceptionnelle férocité." Je ne sais pas lire les sous-entendus pointés ici - my ignorance. Mais je reprends : comment la théorie du langage de Chomsky, et en particulier la ligne de fuite vers la grammaire universelle (la question de l'étranger dresse l'oreille de nouveau, comme problème du langage, ici), détermine ce programme et cette activité critiques ? Je n'ai jamais encore rencontré cette question soulevée, dans les débats autour lui que j'ai pu suivre. C'est là pourtant qu'est le noeud, surely ? Sinon le point de vue est indifférent. Ce n'est pas comme ça qu'il est écouté, en tout cas.
Réponse automatique : il faut simplement aller voir, d'accord. Mais pour l'instant voilà les questions avec lesquelles je pourrais ouvrir cette lecture. Grammaire universelle, idéologie de la communication, mondialisation, donc : coordonnées d'un problème Chomsky. Théorie du langage et action critique.
. une autre direction ou la même - question des façons de penser le rapport social, où intervient ce qu'on fait du discours : IR cite en encadré un fragment de la discussion entre Chomsky et Foucault, publiée dans le volume de L'Herne, et initialement tenue en 1971 : "Justice contre pouvoir". Où deux visions du politique se frottent, en éclairant par leur contraste l'une (au moins) des pierres de touche de la critique, où se fait le départ entre l'absolu et l'historicité.
Titres de Chomsky intellectuel, rappelés par le Diplo, dans leur traduction en français : 1998 Responsabilité des intellectuels (Agone - commentaire : "Chomsky fustige la sélectivité des 'engagements' des intellectuels occidentaux"), 2003 La Fabrique de l'opinion publique : la politique économique des médias américains (Le Serpent à plume, 2003), 2006 Comprendre le pouvoir (Bruxelles - "la plupart des préjugés médiatiques ont pour cause la présélection d'un personnel bien-pensant qui intériorise des idées préconçues et s'adapte aux contraintes exercées par les propriétaires, le marché et le pouvoir politique", 2007 L'An 501, la conquête continue (L'Herne - "Les stratégies de domination mises en oeuvre depuis la conquête du Nouveau Monde").
Publié par
Anonyme
à
14:33
1 commentaires
Libellés : Chomsky, communication, étranger, intellectuel
04 août 2007
Réouverture du blog
Les derniers essais exploratoires viennent le confirmer : le blog fonctionne sans problème.
Contrairement au diagnostic de panne publié à la fin du mois de mai, la question des mots de passe est facilement réglée, et réouvre toutes les fonctionnalités : lorsque le programme vous demande de vous identifier pour connexion, il suffit d'indiquer pour votre "Nom d'utilisateur" non pas... votre nom d'utilisateur, mais l'adresse mail que vous utilisez comme support de votre compte sur Blogger.
On vous demande également votre mot de passe, et vous propose la possibilité de vous le renvoyer par mail si vous l'avez oublié.
Si vous rencontrez d'autres problèmes, veuillez me contacter.
Publié par
Anonyme
à
08:13
0
commentaires
Libellés : emploi du blog
Problème en ce qui concerne le site
J'ai essayé d'entrer des liens sur le site pour voir si cela fonctionnait. La manip. semble être la bonne: on me signale que le lien est enregistré. Mais je ne vois rien à l'écran. Et vous, voyez-vous quelque chose ( en dehors de la première rubrique)?
I.B.
Publié par
IB
à
00:47
2
commentaires
18 juin 2007
liens du site
Je compte envoyer vendredi mes propositions de liens au comité scientifique. Si certains d'entre vous ont des propositions ( les sous-rubriques apparaissent sur le site), merci de me les envoyer avant cette date par l'intermédiaire du site ( "contacter un membre").
IB
Publié par
IB
à
02:01
0
commentaires
27 mai 2007
Information texte Polart
Publication d'un article d'Isabelle Babin, "Le "languisme" de Valère Novarina. La langue-utopie d'une humanité nouvelle" dans la revue en ligne Silène, du Centre de Recherches en Littérature et Poétique Comparées de Paris X-Nanterre. (http://www.revue-silene.com/f/index.php?sp=liv&livre_id=87), section "Observatoire des écritures contemporaines". Date: 23-05-2007
Publié par
GD
à
18:10
0
commentaires
Publications sur le site
Deux textes d'AB consacrés à la manière - "L'alibi de la manière", "La manière et le style" - viennent d'être publiés sur le site (page Textes), ainsi que la présentation du chantier "Maurice Regnaut" par OK (page Chantiers).
Ce serait bien que AB et OK m'envoient quelques lignes de présentation des textes et du dossier qui remplaceront les lignes que j'ai mises pour que le logiciel prenne en compte l'enregistrement des textes eux-mêmes, qui sont à télécharger et donc n'apparaissent pas sur la page. Sinon, la page Chantier a toujours des problèmes (auteur, mots clés), mais Mark y travaille.
Publié par
GD
à
08:02
0
commentaires