18 février 2009

DAMOURETTE ET PICHON - COLLOQUE CERISY-LA-SALLE

Information communiquée par Michel Arrivé :
Plan du Site du Centre Culturel International de Cerisy-La-Salle : cliquez ici" Page mise à jour le 16 février 2009 "
DU SAMEDI 1er AOÛT (19 H) AU MARDI 11 AOÛT (14 H) 2009
DE LA GRAMMAIRE À L'INCONSCIENT : DANS LES TRACES DE DAMOURETTE ET PICHON
DIRECTION : Michel ARRIVÉ, Valelia MUNI TOKE, Claudine NORMAND
ARGUMENT :"Le système grammatical d’une langue baigne en grande partie dans l’inconscient". C’est là l’un des postulats sur lesquels se construit le monumental Essai de grammaire de la langue française, de Jacques Damourette (1873-1943) et Edouard Pichon (1890-1940).Les deux auteurs sont pittoresques et insolites. Jacques Damourette, de santé fragile, n’a jamais exercé son métier d’architecte, mais s’est passionné pour la langue française, dans tous ses états. Il a communiqué sa passion à son neveu Edouard Pichon, qui, en dépit de la maladie qui le fera mourir à 49 ans, mène une brillante carrière de médecin. Devenu psychanalyste, il est, en 1939, Président de la Société psychanalytique de Paris: il y reçoit un jeune et brillant psychiatre nommé Jacques Lacan.L’œuvre de Damourette et Pichon continue, près d’un siècle après le début (1911) de son élaboration, à intriguer, souvent à passionner à la fois les linguistes et les analystes. Ils se rencontreront à Cerisy pour approfondir tous les aspects de ce travail entre tous original, qui affronte, par le biais de la grammaire d’une langue, le français, le problème toujours renouvelé des relations entre langage et inconscient.
COMMUNICATIONS :Linguistique et psychanalyse: vers une grammaire de l'inconscient?* Michel ARRIVÉ: Du métalangage chez Damourette et Pichon?* Pierre BONNY & François SAUVAGNAT: La question du genre chez Edouard Pichon. Quelques implications des notions de sexuisemblance et de sexuiférence, spécialement pour les sciences humaines* Anne COSYN & Bernard HARMEGNIES: Le silence dans la parole du Sujet en souffrance psychique: élément constitutif d'une grammaire de l'inconscient?* Chloé LAPLANTINE: L’inconscient dans le langage: Boas, Sapir et Benveniste* Josette LARUE-TONDEUR: Le "ne" discordantiel, dit "explétif"* Cécile MATHIEU: L'origine du langage et la motivation du signe chez Damourette et Pichon* Marie-Anne PAVEAU: Quelle est la langue de l'analyse? L'homme parlant et le mauvais outil* François SAUVAGNAT: Edouard Pichon et Jacques Lacan, divergences et convergences: un bilan provisoireNationalisme et linguistique dans l'entre-deux guerres* Sungdo KIM: La race, la nation, la langue: une archéologie et une politique de la grammaire nationale de Damourette et Pichon* Sébastien MORET: Un fort vésicatoire au cas où...: Antoine Meillet, l’Allemagne et l’unité slave* Annick OHAYON: Edouard Pichon, psychanalyste "français"* Maribel PEÑALVER VICEA: Métaphore et "idiome": ou comment l'"inconscient national" construit notre identité?* Dan SAVATOVSKY: Grammaire nationale et barbarie: la terminologie de Damourette et PichonLe locuteur et sa langue* Michel GROLLIER: De l’inconscient sensu-actoriel à l’inconscient lingui-spéculatif?* Janeta MASPÉRO: Du moi "étoffé" au soi social* Ann-Gaël MOULINIER: Enonciation et expérience mystique dans les autobiographies de Mary Barnes et de Vaslav Nijinski* Valelia MUNI TOKE: Pichon et le regard du "je" sur le "soi": de l'épistémologique au politique* André ROUSSEAU: L’énonciation chez Damourette et Pichon et chez Bühler* Andrée TABOURET-KELLER: Damourette et Pichon: pour un inconscient national et contre le bilinguisme* Maria Dolores VIVERO GARCIA: "Je", "tu", "il" ... tous des délocutifs?* Suzanne YANG: Les fous criminels: une forme extrême d'énonciationActualité grammaticale de Damourette et Pichon* Cécile BARBET & Yves LE BOZEC: De l'auxiliarité et des verbes modaux* Bérengère BOUARD: Les théories syntaxiques de Damourette et Pichon et la tradition grammaticale* Patricia BUNTE & Vincent MARISCAL: Gustave Guillaume lecteur de Damourette et Pichon* Michel FAVRIAUD: La ponctuation de Jacques Damourette: une théorie inachevée de la voix* Jean-Marie FOURNIER: La réflexion sur le temps dans l’Essai de grammaire de la langue française de Damourette et Pichon* Rose-Marie GERBE: Le présent de l’indicatif: un "tiroir-canon" non marqué* Elizaveta KHACHATURYAN: Les mots du discours d’origine verbale* Bernard LAKS: La phonologie de Damourette et Pichon: essai de réévaluation (avec une attention particulière à la phonologie de la liaison)* Adeline PATARD: La notion très actuelle d'actualité. Quelle pertinence pour l'analyse du temps verbal?* Henri PORTINE: Damourette et Pichon étaient-ils cognitivistes avant l’heure?* Louis de SAUSSURE: Les tiroirs verbaux chez Damourette et Pichon comme opérations cognitives* Christian SURCOUF: Noncal, toncal, Imparfait et négation* Marc TSIRLIN: Cette grammaire reste actuelle* André VALLI: A propos de la notion de "locution verbale coalescente" dans l’ E.G.L.F. de Damourette et Pichon* Jesús VAZQUEZ MOLINA: Les traces de Damourette et Pichon dans l'analyse de la négation dite explétive.
Pour les résumés des interventions et les références bibliographiques, veuillez vous reporter à la page http://www.ccic-cerisy.asso.fr/damourettepichon09.html.

17 février 2009

La crise universitaire, transnationale

. Situation en Irlande : "Third-level revolution sees conformity replace creativity" (Irish Times, 17 février 2009) :
Excellence in research and teaching is being replaced in universities by the employment demands of the labour market. Academic freedom is under threat, writes ANDREAS HESS.

15 février 2009

je transfère :
"Chers enseignants-chercheurs, enseignants, chercheurs, personnels, étudiants et citoyens indignés par les attaques de notre gouvernement contre le Service Publique en général et envers l'Université en particulier,Un peu plus d'une semaine après en avoir évoqué l'idée sur ce forum, je vous annonce la disponibilité d'une nouvelle forme de contestation contre les projets de réformes de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche. Il s'agit d'une grande action nationale qui permettra à tous d'exprimer tout le bien que nous en pensons en "interpelant" notre ministre Valérie Pécresse et notre président de la république Nicolas Sarkozy.Bien au delà des bienfaits défoulatoires que vous procurera ce jeu, les points que vous marquerez s'ajouteront au score de l'université que vous défendrez. Les scores de toutes les universités françaises seront agrégés en un classement global que nous avons nommé le "Classement de Sandales" en écho au "Classement de Shangaï" tant invoqué pour justifier les réformes en cours. L'esprit de mise en concurrence des universités instillé par les réformes sera ici mis à profit pour stimuler notre combattivité !Exprimez-vous de façon ludique autant que nécessaire sur le site :
http://www.classement-de-sandales.net/Compte tenu de l'aspect national de ce jeu et par soucis d'équité envers toutes les universités françaises, un compte à rebours a été enclenché et prendra fin ce lundi 16 février à 11h00. À partir de cette heure précise le jeu sera accessible à tous, nationalement ! Ce délais est prévu pour vous laisser diffuser cette annonce dans vos réseaux afin qu'un maximum de collègues, amis et contacts soit prêt partout en France à partir de 11h00 lundi pour défendre leurs universités.À vous de jouer !Bruno Jobard."

pour lutter en s'amusant

http://www.classement-de-sandales.net/

slb

11 février 2009

Bonjour à tous,

Je vous propose deux articles, deux points de vue sur les questions qui nous préoccupent :
http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/02/10/formation-des-professeurs-parents-d-eleves-si-vous-saviez_1153316_3232.html

http://christophe.benavent.free.fr/article.php3?id_article=295

Amicalement,
slb

07 février 2009

Les Universités françaises en grève par The Guardian.

To see this story with its related links on the guardian.co.uk site, go to http://www.guardian.co.uk/education/2009/feb/05/internationaleducationnews-france
French university strikes intensify Twenty cities across Frances see marches of lecturers and students over job cuts and status changes Gwladys Fouch? Thursday February 5 2009 guardian.co.uk
Thousands of French university lecturers took to the streets today amid violent clashes as part of a growing "unlimited" strike movement against government higher education reform plans. Lecturers and students marched in around twenty cities across the country, including Paris, Marseille and Bordeaux. In Strasbourg, police used tear gas against demonstrators (1600 according to police, 2500 according to unions), some of who threw projectiles at officers. Police occupied the steps of the university's main building. The clash occurred during a visit by the French higher education and research minister, Valérie Pécresse. "The whole university is on strike today, there are no classes," a local professor, Hubert Whitechurch, told the daily Libération newspaper. Teaching has stopped at several other institutions, including the three universities of Toulouse, one university in Lyon (Lyon II), and most university departments in Marseille. The unlimited strike action began on Monday but staff at one Paris university, Paris XIII, have been on strike for three weeks. In other departments, lecturers are not returning marked papers to students. In total, an estimated 45% of classes are affected across the country, with unions claiming that more than one in two lecturers are not working. Strikers are protesting against 200 job cuts planned for this year, a change to their professional status that would grant more powers to university presidents over their staff's careers, and a reform to the way lectures, across all sectors, are trained. Traditionally, career advancement in French universities is half decided by a national higher education council that is independent from individual heads of universities, and half by universities themselves. The reforms say that all promotions should be decided by university presidents. In addition, the amount of time a lecturer shares between research and teaching is also decided at the national level. But under the proposals, it is decided by individual heads of universities. "We are profoundly angry with what's going on," says St?phane Tassel from the National Union of Higher Education (Snesup), the main union representing higher education professionals. "It's like coping with a disease. We went through denial and despair, now we're angry." Concerning the job cuts, Tassel said this was the first time in at least 15 years that job cuts are taking place. "It's unprecedented," he said. Speaking about the reforms concerning university teachers' status, Tassel said too much power was granted to university presidents. "They can dictate how many hours we teach or do research, and who gets promoted. This goes against the principle of collegiality we have been following." Another contested reform concerns the way school teachers are trained. Under the new plans, they will need to complete a masters at university, instead of attending a specialised training institute. "Universities are supposed to take charge of teacher training this month, but nobody knows how it is supposed to be working," said Tassel, adding that the movement is spreading fast. "We can't keep up with the number of local decisions reaching us at the moment. And colleagues who don't usually go on strike do." But the government appears to be steadfast. "The reforms are necessary to improve the way French universities work," Pécresse told French radio this morning. She has previously argued that reforms are necessary to improve the competitiveness of French universities, which are lagging behind internationally. "I deplore the fact that students are not getting their grades back. They should not be the victims of this strike," she said, adding that she would work closely with university presidents to explain how the change to lecturers' status would work in practice. Today's industrial action is the latest in a long-running campaign of demonstrations among French education professionals. Just last week, thousands of primary and secondary school teachers took to the streets during a national strike to protest against job cuts and wide-ranging school reforms. Industrial action is expected to continue in higher education, with unlimited strikes carrying on and a national demonstration scheduled in Paris next Tuesday.
This article was amended on Friday 6 February 2009. We referred to the training of lecturers in a paragraph above; we meant to refer to the training of school teachers. This has been corrected. Copyright Guardian Newspapers Limited 2009

LE BLOG DE L'UNIVERSITE DE FRANCHE-COMTE EN LUTTE

http://sites.google.com/site/ufcenlutte/Home

05 février 2009

Université en lutte : documents

A voir : cette version abrégée et commentée du discours du Président de la République sur la recherche : http://www.youtube.com/watch?v=iyBXfmrVhrk

A revoir : le film "Universités, le Grand soir" : http://www.labandepassante.org/universite-grand-soir.php

Université, SHS : soutien des éditeurs

extrait du site Mediapart

Dix éditeurs en défense des sciences humaines et sociales 04 fév 2009

«Nous partageons la conviction que la vivacité de notre démocratie repose sur la compréhension de notre temps pour laquelle les sciences humaines et sociales jouent un rôle éminent.» Dix éditeurs (Fayard, Erès, MSH, La Découverte, Actes Sud, Ed. Thierry Magnier, Les Prairies ordinaires, L'Atelier) cosignent un texte de soutien aux chercheurs, universitaires et enseignants actuellement mobilisés pour défendre l'autonomie de leurs activités.

Nous, éditeurs de sciences humaines, forts de nos orientations et sensibilités distinctes, assumons avec conviction un effort commun et quotidien pour assurer une large diffusion à des travaux, recherches et documents qui nous semblent indispensables à la réflexion politique. Nous partageons la conviction que la vivacité de notre démocratie repose sur la compréhension de notre temps pour laquelle les sciences humaines et sociales jouent un rôle éminent. Cet effort de compréhension, pour être réel et efficace, repose sur trois piliers solidaires : une recherche stimulée et encouragée, sûre de ses moyens, un enseignement de qualité et ambitieux, une édition et une diffusion soutenues et vivantes. Or, ces trois piliers connaissent aujourd'hui des difficultés importantes largement aggravées par des orientations politiques inacceptables et inquiétantes.Les décisions gouvernementales concernant l'organisation du système universitaire et des centres de recherches provoquent légitimement critiques et mobilisations. Elles continuent d'inquiéter parce qu'elles menacent les moyens humains et financiers et surtout l'autonomie d'une recherche qui est souvent caricaturée et dont la légitimité est trop régulièrement remise en cause. Qu'il s'agisse du financement de la recherche ou qu'il s'agisse de l'enseignement des sciences sociales à l'université ou au lycée, on constate une commune volonté : celle de valoriser les formes de pensée les plus convenues et les plus immédiatement utiles au monde économique. Comment ne pas faire un lien, en effet, entre le rappel de la nécessaire utilité des recherches en sciences sociales et la prétention de mieux enseigner les "fondamentaux de l'économie et de la sociologie" ou encore de "mieux faire connaître", c'est-à-dire plus positivement, le monde de l'entreprise, proposé comme modèle de toutes les institutions. Dans tous les cas, des pressions s'exercent pour réduire et réorienter la recherche et l'enseignement vers des objectifs purement utilitaristes.

La remise en cause du prix unique du livre (régulièrement réclamée par quelques parlementaires et lobbies) ne serait pas seulement un mauvais coup contre la librairie et le pluralisme de l'édition. Elle achèverait de mettre en péril les trois piliers qui assurent la vivacité des sciences humaines et sociales, et par la même une partie essentielle de ce qui participe éminemment à notre conscience démocratique : une recherche dynamique et indépendante, un enseignement sérieux et pluraliste, une édition et une librairie raisonnablement protégées et soutenues.
Notre profession connaît bien les difficultés que rencontre toute opération de diffusion et de partage des connaissances en sciences sociales. Mais si nous en connaissons le prix, nous en connaissons aussi l'indispensable valeur.
Plus largement, nous entendons ici manifester notre solidarité avec toutes celles et tous ceux qui, parce que chercheurs, universitaires ou professeurs du secondaire, ou simplement citoyens lecteurs, manifestent leur attachement à une réalité précieuse : celle de pouvoir penser notre société désorientée, ses tensions comme ses consensus, ses inégalités comme ses progrès, en un mot sa réalité, mais aussi et surtout de pouvoir penser les changements indispensables à un système qui apparaît de moins en moins capable de faire face aux défis fondamentaux du XXIe siècle.

Claude Durand, PDG des éditions Fayard
Marie-Françoise Dubois-Sacrispeyre, Directrice éditoriale des Editions Erès
Guy Dreux, Directeur de la collection Troisième Culture
François Gèze, PDG des éditions La Découverte
Jean-Michel Henny, Editions de la Maison des Sciences de l'Homme
Hugues Jallon, Directeur éditorial des éditions La Découverte
Thierry Magnier, Directeur des éditions Thierry Magnier et des éditions Actes Sud Junior
Françoise Nyssen, Présidente du directoire des éditions Actes Sud
Rémy Toulouse, Directeur des éditions Les Prairies Ordinaires

Bernard Stephan, Directeur général des éditions de l'Atelier

03 février 2009

Pécresse s'affermit, l'opposition universitaire se durcit

Le mouvement de contestation des enseignants-chercheurs, des chercheurs, des personnels administratifs et techniques des universités et des étudiants est entré dans une deuxième phase, qui passe notamment par sa médiatisation et, par conséquent, par une "guerre de communication", substitut du débat et de la démocratie. Valérie Pécresse cherche évidemment à diviser enseignants et étudiants, comme elle l'avait fait l'an passé au moment de la LRU entre les étudiants. L'entêtement et l'aveuglement du pouvoir risquent de lui coûter cher.
Observons que la traduction médiatique de la Coordination Nationale des Universités est plus détaillée et argumentée, mieux informée dans la presse et à la radio qu'à la télévision, qui ne veut percevoir et ne donner à voir qu'une représentation simplifiée et "corporatiste" de l'opposition des universitaires autour du décret relatif aux statuts notamment.
Ci-joint le récit des événements du 03 février 2009 à l'Université de Franche-Comté par le réseau local de France 3 (édition régionale de 19 h). Le reportage est suivi d'une discussion sur le plateau avec Claude Condé, le président de l'UFC qui a alors tout temps (de parole) et tout loisir de noyer le poisson, évoluant comme à son habitude dans l'ambivalence et pratiquant le double langage, préconisant de concert avec Pécresse elle-même un peu de pédagogie et d'éclaircissements quant au décret modifié du texte de 1984. Il est vrai que les enseignants-chercheurs dont c'est le métier ne savent ni lire ni comprendre, c'est bien connu...

28 janvier 2009

DU LOCAL AU NATIONAL : LA POSITION DE LA 9e SECTION A L'UNIVERSITE DE FRANCHE-COMTE

Au-delà de la critique et de son statut, un peu d'action :


APPEL DE LA SECTION DE LANGUE ET LITTÉRATURE FRANÇAISES

La section de langue et littérature françaises (9e section CNU) de l’Université de Franche-Comté, réunie ce mardi 27 janvier 2009, proteste contre les « réformes » envisagées par le ministère :

• la réforme des concours de recrutement et de la formation des enseignants du premier et du second degré (ou « mastérisation »),
• le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs.

En conséquence, elle appelle :

• à la manifestation interprofessionnelle du 29 janvier,
• à la grève reconductible à partir du lundi 2 février, à moins que le ministère n’accepte de revenir sans préalable sur ses deux projets.

Présents : Caroline Cazanave, Marie-Pierre Gaviano, Margareta Kastberg, Béryl Lecourt, Anne Mantero, France Marchal-Ninosque, Arnaud Bernadet, Jean-Michel Caluwé, Bruno Curatolo, Bertrand Degott, Christian Mouchel, Jean-Marie Viprey.

Savoir et marchandisation

"Vint enfin un temps où tout ce que les hommes avaient regardé comme inaliénable devint objet d'échange, de trafic et pouvait s'aliéner. C'est le temps où les choses mêmes qui jusqu'alors étaient communiquées mais jamais échangées ; données mais jamais vendues ; acquises mais jamais achetées - vertu, amour, opinion, science, conscience, etc. - où tout enfin passa dans le commerce. C'est le temps de la corruption générale, de la vénalité universelle, ou, pour parler en termes d'économie politique, le temps où toute chose, morale, ou physique, devenue valeur vénale, est portée au marché".
Karl Marx, Misère de la philosophie (1847)

27 janvier 2009

Alain Badiou

Chat avec Alain Badiou, sur Libération, 26/09/09.
Kangourou. Il est de plus en plus clair que ce sont toujours les citoyens qui sont perdants, la crise l'a démontré amplement. Pourquoi la société donne-t-elle l'impression d'être neutralisée, incapable de réagir et d'exiger un autre modèle? Alain Badiou. La difficulté actuelle est qu'il est très difficile de résister et de réagir dans les cadres politique et institutionnel existants. Il faudrait inventer à la fois les moyens de réagir et le contenu de cette réaction. Cela prendra du temps, mais je reste convaincu que c'est possible. Senso69. Pensez-vous, comme l'a affirmé Jean-Luc Mélenchon hier soir chez Serge Moati, que l'ambiance se "pourrit" au plan des libertés publiques en France ces derniers mois sous l'action du gouvernement et du président? Sans aucun doute. Toute une partie de la politique de Sarkozy produit une diminution des libertés publiques. Il y a multiplication des contrôles, aggravation de peines, et attaques ouvertes contre les institutions chargées de défendre ces libertés. Il ne fait maintenant aucun doute que la conception que se fait Sarkozy de l'action de l'Etat est de façon principale une conception autoritaire et répressive. Hugues. Le PS appelle jeudi à une mobilisation "sociale et politique". Le temps est-il enfin venu de la mobilisation contre la politique de Sarkozy?Je ne crois pas que le PS ait démontré, dans la dernière période, une vocation particulière à être le moteur d'une mobilisation. Il semble plutôt courir après les initiatives prises en ce sens. Le temps est donc venu de cette mobilisation depuis longtemps. Toute la question est de savoir si elle va enfin s'unifier et se renforcer.Equalbeings.net. Pendant le premier tiers de son quinquennat, y a-t-il eu des choses auxquelles vous ne vous attendiez pas dans la politique qu'a menée Sarkozy avec ses ministres et capitalo-parlementaires complices ? Avez-vous été surpris ou bien au contraire a-t-il été à la hauteur de vos "espérances"?Une partie de l'action répressive de Sarkozy a été au-delà de ce que je pouvais imaginer. Je citerai notamment la rétention administrative concernant les malades mentaux, et les tentatives répétées de durcissement sans limite de la répression des mineurs. D'un autre côté, on peut évidemment être surpris de l'intervention systématique de l'Etat pour renflouer les banques, alors que la doctrine libérale voulait comprimer, presque sans mesure, les dépenses publiques.Prataine. Nous sommes sans doute nombreux à attendre que des "intellectuels" s'il en existe encore, sortent du silence, que des grandes voix s'élèvent, ensemble, et de manière forte, pour ne pas laisser nos braves instits seuls à "résister" et à "désobéir". Que quelques universitaires, qui ne courent aucun risque, élèvent le ton et passent à l'action...Il me semble injuste de dire qu'aucun intellectuel ne prend aujourd'hui la parole contre l'état des choses. Il est vrai que nous sortons péniblement d'une période où bon nombre d'intellectuels paraissaient s'accomoder de l'ordre établi. Je crois et plus encore, je souhaite, que cette situation change. En tout cas en ce qui me concerne, le fait nouveau n'est pas tant que je prenne la parole, que le fait qu'elle soit plus entendue qu'autrefois.Soussou. Que pensez-vous du traitement de l'information en France concernant l'agression israélienne sur Gaza?Je voudrais intervenir sur un point d'apparence secondaire mais à mes yeux, très important: il aurait été essentiel de produire plus d'informations et de témoignages sur les manifestations opposées à la guerre, en Israël même. Ce courant était, certes, minoritaire, mais il existait, il était courageux et déterminé, et si l'avenir doit être celui de la paix, c'est ce courant qui incarne l'avenir.Simone. Tu es athée. Dirais-tu que les religions ne sont jamais autre chose que des formes archaïques ou totémiques de la politique? Politique comme destitution de la transcendance comme norme du destin collectif?Ma position sur ce point, renforcée par un récent voyage en Palestine, est qu'il est aujourd'hui tout à fait décisif de séparer la politique de la religion.Tout comme il faut la séparer, par exemple, des questions raciales ou identitaires. Des religions peuvent et doivent coexister dans un même pays, mais elles ne le peuvent que si la politique et l'Etat en sont séparés.Spartacus2. Pensez-vous que les Francais se réveilleront avant la fin de ce quinquennat? Car quand on pense qui a été élu en 2007, cela en dit long sur l'etat de délabrement du cerveau de nos nombreux concitoyens...L'élection de Sarkozy est le résultat de deux processus. Premièrement, la captation des voix du Front national par la droite classique, et deuxièmement, le caractère illisible de la politique de la gauche. Ce n'est que dans cet élément que les cerveaux ont pu se ramollir.Xalatparis. Pourquoi le non au référendum européen n'a-t-il pas provoqué un éclatement du Parti socialiste et par là même une reconstruction cohérente à gauche?L'avenir a montré que dans une large mesure le ralliement de certains dirigeants du PS au non du référendum correspondait plus à un choix tactique, interne au parti, qu'à une volonté sincère de créer une nouvelle gauche. Ce vote a été en réalité instrumenté, bien plus qu'il n'a trouvé son expression politique.Dodcoquelicot. La philosophie s'invitant auprès de la politique, c'est nouveau? Croyez-vous que Nicolas Sarkozy en vaille la peine et n'est-ce pas lui faire trop honneur?L'engagement politique de la philosophie est une tradition française depuis le XVIIIème, je n'ai donc rien inventé. Quant à Sarkozy, il fonctionnait pour moi comme un symptôme de la situation de la politique actuelle, et c'est pourquoi je parlais de ce dont "il est le nom", et non pas de sa personne.Albanulle. Les intellectuels ont un petit porte-voix alors que les gouvernements et les institutions ont accès à un très gros micro et à des millions de téléviseurs. Pensez-vous comme Chomsky que les mass media font leurs affaires de la manufacture du consentement en tournant l'économie politique à leur avantage? N'est-ce pas un détournement de la démocratie?L'Etat et les puissants ont toujours disposé de beaucoup plus de moyens et de propagande et d'information que les pauvres et les révoltés. Considérons par exemple l'appareil de propagande de l'Eglise au Moyen-Age, avec une église dans chaque village, il n'y a là rien de nouveau. Le succès du mouvement populaire ou des révolutions a toujours dû triompher des opinions dominantes. Et nous savons que c'est possible, y compris en utilisant certains des nouveaux moyens disponibles, comme l'imprimerie, la radio, la télévision et finalement Internet.Gogol. Vous ne pensez pas qu'il y a une juste mesure entre le capitalisme débridé d'un Sarkozy et votre ligne radicale archaïque ?Commençant son aventure il y a quatre siècles, le capitalisme, même débridé, est beaucoup plus ancien et archaîque que toutes les lignes radicales qu'on lui oppose. Cessons de considérer que le libéralisme, à la mode dans les années 1840, incarne la modernité et les réformes. C'est le communisme qui est une idée neuve en Europe.Simone. Quelles sont les limites politiques des émeutes de la jeunesse en France?Le problème est un problème d'unité de la jeunesse, et ensuite de l'unité de la jeunesse et de la masse des travailleurs ordinaires. Sur le premier point, la limite c'est qu'il n'y a, pour l'instant, pas de convergence réelle, entre les émeutes de la jeunesse populaire et la protestation des lycéens et des étudiants. Sur le deuxième point, la limite est qu'il manque un mot d'ordre unificateur qui pourrait être commun à la frustration de la jeunesse et aux graves difficultés de la vie des adultes.

26 janvier 2009

Brève réponse à Serge Martin

J'ai bien lu le commentaire et les objections. Concernant l'ambiguïté qui entourerait le mot "intelligence" dont je ne vois ici ni la portée psychologique ni la dimension sociologique (élitisme), il faudrait quand même se reporter au contexte d'emploi du mot en lien direct avec le discours présidentiel, plutôt que de plaquer des critiques a priori, et de s'en remettre à un discours prédigéré, "essentialisations réalistes", etc. Quant au mépris, il est en face justement, et c'est bien là l'un des problèmes : il procède d'une idéologie anti-intellectualiste typique des droites révolutionnaires de la fin du XIXe siècle dont le sarkozysme nous offre aujourd'hui de beaux relents. Surtout, je persiste à penser qu'il s'agit d'autre chose simplement que d'une haine de la critique (évaluation bien faible de la situation politique actuelle) mais d'une confrontation entre savoir et pouvoir où le statut de la critique a évidemment toute sa place. Enfin, que le mouvement actuel se replie sur le minimum syndical constitue là encore un diagnostic erroné. Dire "et celui-là je n'en veux plus" est un geste plein d'humeur mais aussi de hauteur, et la phrase a déjà été entendue ailleurs... Sauf qu'elle ne dit pas où elle place le combat et ne suggère aucun horizon pratique dans l'immédiat. A ce titre, il conviendrait aussi de suivre les conflits qui traversent l'Université et le CNRS autrement qu'à travers le récit médiatique ou para-médiatique : les réflexions conduites par ARESER, SLR ou POLART depuis plusieurs années, notamment les questions concernant l'Europe de la connaissance vs "l'économie de la connaissance", et les dossiers conduits dans ce domaine par C. Joubert et E. Baneth, problématiques également abordées dans le travail collectif sur "Débat et démocratie". Autant d'analyses qui débordent largement les oppositions, les prises de positions ou les défenses caractéristiques du "minimum syndical". Il se passe bien plus de choses qu'on ne voudrait le dire. Encore faut-il aller voir de plus près et s'informer correctement.

22 janvier 2009

En haine des savoirs

Pendant que 46 universités étaient représentées dans le cadre de la Coordination nationale aujourd'hui, posant très clairement un ultimatum à Valérie Pécresse quant aux retraits sur le décret de la mastérisation et celui des statuts des enseignants-chercheurs, le Président de la République pérorait sur la politique scientifique dont devrait se doter la France. Le discours est visible et audible à l'adresse suivante : http://www.elysee.fr/accueil/. Comme le relève un journaliste de Libération, le propos est d'une rare violence, et marque un pas vers un durcissement encore plus autoritaire à l'égard des mouvements de révoltes, hélas bien fédérés, des universités, et masque avec peine une forme d'insulte et de mépris. En haine de l'intelligence, tel est le sens de la politique scientifique de l'Etat français, s'il est vrai que la menace a été réitérée de ne pas verser finances aux universités qui ne mettraient pas en oeuvre les réformes de Napoléon V le minuscule. En haine des savoirs, s'il est vrai qu'il s'agit de les mettre au pas. Il ne manquait plus que le bruit des bottes et le cliquetis des fusils. Subtil et nuancé, fin connaisseur de l'histoire du pays dont il a la charge, Sarkozy a rappelé pour lui les 3 moments clefs de l'université et de la recherche : 1945 et l'après-guerre, l'effort des années 60 notamment avec le déploiement des structures CNRS, et le figement des années 80. Oubliant au passage la crise de mai 68... Il est à craindre pourtant qu'il ne soit pas si aisé de soumettre à sa volonté le champ du savoir et ses acteurs. 2009 sera l'année de l'action, affirme le Président de la République. Oui. L'Université française sera l'échec majeur de Nicolas Sarkozy.

20 janvier 2009

Compte rendu et résolutions AG Strasbourg

A l’initiative du collectif de l’Appel de Strasbourg (http://appeldestrasbourg.unistra.fr/) une Assemblée Générale des personnels s’est tenue à Strasbourg le mardi 20 janvier de 10h à 12h30. Elle a réuni, selon les moments, entre 150 et 180 membres des personnels de l’UdS : chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs, techniciens et administratifs des universités, du CNRS et de l’INSERM, ainsi que quelques étudiants… Au terme de cette Assemblée Générale les résolutions suivantes ont été adoptées (la quasi totalité à l’unanimité) :

Recherche :
- Affirmation de l’importance de la recherche fondamentale comme valeur forte de notre société et de son potentiel de créativité.
- Pour le maintien et le développement de l’indépendance de la Recherche par rapport au pouvoir politique.
- Pour le maintien d’un CNRS opérateur de recherche national couvrant tout le champ des disciplines.
- Pour la restitution de l’ensemble de leurs compétences aux instances représentatives des scientifiques dans les organismes.
- Pour un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires dans les universités et les organismes de recherche, et pour un financement récurrent des laboratoires, seuls à même d’assurer un avenir aux jeunes chercheurs et de garantir l’indépendance de la Recherche publique.

BIATOS et ITA
- Pour des créations de postes de titulaire et contre les suppressions de catégories C envisagées.
- Pour une revalorisation des grilles salariales tendant à revaloriser les métiers, en particulier pour les bas salaires.
- Contre la mise en place de primes au mérite.
- Pour la mise en place d'une convention collective au profit des nombreux contractuels de l'UdS, convention qui doit être négociée avec les organisations syndicales.

Réforme de la formation des enseignants :
- Pour le retrait de la réforme en cours et l’ouverture d’un débat approfondi avec tous les intéressés et pas seulement la CPU et les directeurs des IUFM.
- Pour le maintien d’une année de stage rémunérée.
- Contre la remontée des maquettes de master au ministère.
- Pour le respect du caractère national des concours de recrutement des enseignants.



Statut des enseignants-chercheurs :
- Pour un retrait du projet de décret modifiant le statut des EC et l’élaboration d’un nouveau texte issus d’une réelle concertation avec les enseignants-chercheurs.
- Contre l’augmentation des services d’enseignement.
- Pour le maintien d’une gestion nationale des carrières et d’une évaluation par les pairs.

Résolutions à l’attention du Président de l’UdS et des trois Conseils :
- L’AG demande à la présidence et aux trois conseils de se prononcer contre le projet de décret modifiant le statut des EC.
- L’AG demande à la présidence et aux trois conseils de se prononcer contre la réforme actuelle de la formation des enseignants et contre la réforme des concours.
- L’AG demande à la présidence et aux trois conseils de refuser la remontée des maquettes de master.

Résolutions d’actions :

- L’AG décide de mandater deux membres du collectif de l’Appel de Strasbourg pour représenter l’UdS à l’AG du 22 janvier se tenant à Paris 1 en vue de constituer une coordination nationale des universités.
- L’AG appelle tous les personnels à participer à la manifestation du 29 Janvier et à constituer un cortège unitaire des personnels et des étudiants.
- L’AG invite toutes les composantes, UFR et laboratoires à tenir des réunions et des assemblées afin de débattre et d’engager toutes les actions possibles, dont la rétention des notes d’examen et la grève reconductible des enseignements.


L’Assemblée Générale s’est achevée par un appel à étendre le collectif à 16 nouveaux membres qui s’ajouteront aux 22 membres actuels. Soit deux membres des provenances suivantes : ex-ULP, ex-URS, ex-UMB, organismes de Recherche, IUFM, IUT, BIATOS-ITA, étudiants. Il est prévu d’élire un bureau du collectif de l’Appel de Strasbourg.
Enfin une délégation de cinquante personnes a été envoyée au Congrès de l’UdS qui rassemblait les trois conseils et où elle a provoqué une interruption de séance afin de lire l’ensemble des résolutions de l’Assemblée Générale. Ce qui lui a été accordé par Alain Beretz, nouveau Président de l’UdS.

19 janvier 2009

Beckett et le théâtre de l'étranger (II) - Coulisses n° 38

Le deuxième volet de Samuel Beckett et le théâtre de l'étranger : art, langues, façons (coord. A. Bernadet et C. Joubert) vient de paraître dans la revue Coulisses n° 38, PUFC, 2009, p. 43-100.

Du témoignage à la relation avec le poème



Témoignages de l’après-Auschwitz dans la littérature juive-française d’aujourd’hui.
Enfants de survivants et survivants-enfants.
SCHULTE NORDHOLT, Annelise (éd.)
Amsterdam/New York, NY, 2008, 269 pp.

Pb: 978-90-420-2512-7
€ 54 / US$ 76

Raczymow, Wajsbrot, Lecadet, Wajcman, Orner, Aaron, Cormann, Modiano… Oler, Cohen, Perec, Federman, Kofman, Burko-Falcman, Meschonnic, Vargaftig, Goscinny… Qu’ont en commun ces deux ensembles d’auteurs juifs-français, qui diffèrent tant par le genre et le style de leurs œuvres ? Les premiers, nés après la Libération, enfants ou petits-enfants des survivants de la Shoah, n’étaient pas là, c’est pourquoi ils ne peuvent témoigner de ce qui pourtant a déterminé tout leur être. Les seconds, nés peu avant ou pendant l’Occupation, appartiennent à la minorité d’enfants qui survécurent miraculeusement aux persécutions, cachés dans des institutions ou chez des familles. Etaient-ils là, eux qui étaient généralement trop jeunes pour vivre consciemment ce qui leur arrivait ? Enfants de survivants ou survivants-enfants, leur expérience commune serait alors d’appartenir à l’après, de témoigner de l’après-Auschwitz, de la difficile transmission et élaboration de la Shoah, dans l’univers d’aujourd’hui. « Témoins absents » ou par procuration, ces auteurs sont à la fois le témoin de leurs aînés et, de plus en plus, témoins d’eux-mêmes, de leur propre expérience de l’après. Par des textes inédits des auteurs en question, des essais théoriques et des études critiques, le présent recueil espère mieux faire connaître la vaste et riche panoplie de leurs œuvres.

Table des matières
Introduction
I. Textes d’auteur
Henri RACZYMOW : Histoire : Petit h et grande hache
Cécile WAJSBROT : Après coup
Clara LECADET : Le gardien
Alexandre OLER : Pépé n’a rien dit
II. Les « enfants cachés » (essais) 
Yoram MOUCHENIK : Passeurs de mémoire. Elaboration et transmission, soixante ans plus tard, chez les enfants juifs, traqués et cachés en France pendant l’Occupation
Steven JARON : Le témoignage discret de Marcel Cohen
Susan SULEIMAN : Expérimentation littéraire et traumatisme d’enfance: Perec et Federman
Sara HOROWITZ : Sarah Kofman et l’ambiguïté des mères
Eléonore HAMAIDE : Les enfants cachés, de Georges Perec à Berthe Burko-Falcman : un monde à reconstruire, une mémoire à inventer
Serge MARTIN : Henri Meschonnic et Bernard Vargaftig : le poème relation de vie après l’extermination des Juifs d’Europe
Nicolas ROUVIÈRE : Astérix et les pirates, ou l’obsession que le pire rate : la conjuration d’un naufrage de l’histoire
III. Deuxième et troisième générations (essais) 
Fransiska LOUWAGIE : « Métastases » d’Auschwitz. Modalités et limites d’une tradition testimoniale
Catherine OJALVO : Une mémoire lacunaire mais exaucée
Timo OBERGÖKER : Shoah et récit fictionnel, un champ de force délicat : Le Non de Clara de Soazig Aaron
Jean-Paul PILORGET : Un théâtre pavé d’horreur et de folie : Toujours l’orage de Enzo Cormann
Katja SCHUBERT : Les temps qui tremblent ou un passé possible de ce présent ? A propos de l’œuvre de Cécile Wajsbrot
Annelise SCHULTE NORDHOLT : Perec, Modiano, Raczymow et les lieux comme ancrages de la postmémoire
Bibliographie

Un nouveau livre: vers une anthropologie poétique avec la littérature pour la jeunesse


S'appuyant sur une histoire longue, la littérature de jeunesse est un secteur important de l’édition. D’emblée internationale et profondément renouvelée depuis les années 1970, elle conteste les frontières des genres en mêlant traditions et innovations. 
Cet ouvrage observe ce que devient la littérature avec la littérature de jeunesse, aujourd’hui plus qu’hier. Se référant aux oeuvres incontournables, il montre la force de l’oralité, en écriture et en lecture, en texte et en image. 
Des rêveries aux aventures, des comptines aux contes, des témoignages aux fictions, une  anthropologie poétique se dessine : quelle littérature… de jeunesse ? Celle qui toujours commence !

Dans les librairies à partir du 20 janvier. Plus d'infos à cette adresse:
http://www.klincksieck.com/livre/?GCOI=22520100141680&fa=details