28 janvier 2009

Savoir et marchandisation

"Vint enfin un temps où tout ce que les hommes avaient regardé comme inaliénable devint objet d'échange, de trafic et pouvait s'aliéner. C'est le temps où les choses mêmes qui jusqu'alors étaient communiquées mais jamais échangées ; données mais jamais vendues ; acquises mais jamais achetées - vertu, amour, opinion, science, conscience, etc. - où tout enfin passa dans le commerce. C'est le temps de la corruption générale, de la vénalité universelle, ou, pour parler en termes d'économie politique, le temps où toute chose, morale, ou physique, devenue valeur vénale, est portée au marché".
Karl Marx, Misère de la philosophie (1847)

1 commentaire:

Serge Martin a dit…

Tu ne crois pas, Arnaud, qu'il y a un ton, pour ne pas dire plus (rythme?), apocalyptique: celui qu'on lit souvent chez Benjamin et chez d'autres philosophes (fin de siècle?) : on n'en manque pas aujourd'hui! Mais ce "vint un temps" ne permet pas vraiment l'analyse. Ce n'est pas le meilleur Marx même si l'apocalypsisme (désolé!) a ses beautés comme ici avec le "passa enfin dans le commerce" qui tombe comme une fatalité destinale - mais n'y a-t-il pas enfin deux fois! Mais je délire avec un texte "allemand"!